Une nouvelle maladie génétique responsable de fragilité vasculaire mise au jour
Inserm, le 26/12/2007
La découverte de mutations dans un gène du collagène par Emmanuelle Plaisier, au sein de
l’équipe coordonnée par Pierre Ronco, directeur de l’unité Inserm/Université Pierre et Marie
Curie-702 « Remodelage et réparation du tissu rénal », permet de comprendre le mécanisme de
certaines maladies rares jusqu’à présent mal identifiées.
Le détail des travaux de l’équipe de Pierre Ronco, auxquels ont contribué plusieurs laboratoires
français, autrichien et britannique, est publié dans l’édition datée du 27 décembre 2007 du New
England Journal of Medicine
Les cellules de l'organisme reposent sur des membranes basales qui sont constituées principalement de
collagène IV, une protéine de soutien. Ces membranes jouent un rôle très important dans le
fonctionnement des cellules et des tissus. Les seules maladies rénales connues à ce jour, causées par
une mutation dans un gène du collagène IV sont le syndrome d’Alport (souvent responsable
d’insuffisance rénale nécessitant le recours à la dialyse et à la transplantation), et l’hématurie familiale
bénigne.
Des mutations d’un des gènes de collagène IV appelé COL4A1, que l’on trouve dans la plupart des
membranes basales de l'organisme, ont été récemment identifiées dans des familles présentant une
porencéphalie (maladie rare responsable d'hémorragies et de lacunes cérébrales) et une maladie des
petits vaisseaux restreinte au cerveau et à la rétine.
L’équipe du Professeur Ronco a décrit dans trois familles non apparentées, une nouvelle maladie
appelée AHNAC pour Angiopathie Héréditaire avec Néphropathie, Anévrysmes et Crampes, due à des
nouvelles mutations de ce même gène de collagène, mais localisées dans une région différente.
Dans cette maladie, l’atteinte vasculaire est généralisée. Elle touche à la fois les vaisseaux de petit
calibre (tortuosités artériolaires rétiniennes, leucoencéphalopathie) et de gros calibre (anévrysmes
intracrâniens), et est associée à une hématurie (saignements dans les urines) ou à des kystes rénaux
volumineux, ainsi qu’à des crampes musculaires.
L’étude au microscope électronique du rein et de la peau authentifie la présence d’anomalies des
membranes basales, indiquant que les mutations identifiées qui fragilisent les vaisseaux sont
responsables d’une maladie diffuse des membranes basales.
Cette découverte conduit à rechercher des mutations du gène COL4A1 dans certaines maladies
rénales, oculaires, neurologiques (anévrysmes) et musculaires (crampes), et permet d’éclairer leurs
mécanismes.
Le diagnostic de la maladie AHNAC a des conséquences pratiques pour les patients qui en sont
atteints : en raison de la fragilité vasculaire, ils doivent éviter les chocs, les activités sportives violentes
et, dans la mesure du possible, les traitements anticoagulants. Des traitements spécifiques visant à
favoriser l’insertion de la protéine malade dans les membranes basales sont à l’étude.
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