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CNAM , le 2/09/2004
Elaborés par les caisses d'Assurance Maladie et les médecins généralistes libéraux, trois contrats 1 de bonne pratique prennent en compte les spécificités auxquelles sont confrontés certains médecins dans leur pratique quotidienne en raison d'une implantation géographique particulière. Objectif : améliorer les conditions d'exercice des professionnels, garantir à la population un accès aux soins continu et une prise en charge globale.
Contrat de bonne pratique pour les médecins généralistes en zones franchesurbaines
Ce contrat concerne les généralistes installés dans des zones franches urbaines2, pluscommunément appelés quartiers difficiles. En raison de la composante sociale et culturelle de ces quartiers et la précarisation de leurs habitants, ces praticiens sont appelés à avoir un rôle social aux côtés de leur fonction médicale. De plus ces quartiers sont souvent peu médicalisés. A titre d'exemple si la moyenne nationale est de 103 médecins pour 100 000 habitants, la densité la plus basse est observée en Seine-Saint-Denis 3 avec 78 médecins en moyenne sur le département. Les praticiens installés dans ces quartiers sont donc soumis à un rythme de travail élevé et ils ont beaucoup de difficultés à trouver un remplaçant lorsqu'ils veulent s'absenter. Les médecins exerçant dans ces quartiers pourront signer un contrat avec l'Assurance Maladie dans lequel ils s'engageront à avoir une amplitude horaire d'ouverture convenant aux besoins de la population, à assurer des missions de prévention et d'éducation pour la santé et à participer à des actions de coordination médico-sociale. Ces deux activités seront financées par l'Assurance Maladie à raison de 240 € la demi-journée. De plus l'Assurance Maladie s'engage à verser au praticien une indemnité de 300 € par jour (le maximum étant 18 jours) afin de faciliter le recrutement d'un remplaçant. Voir annexe 1
Contrat de bonne pratique pour les médecins généralistes exerçant en zone rurale
Toutes les analyses sur la démographie médicale confirment les disparités qui existent en matière d'offre de soins, elles soulignent notamment la moindre présence de médecins dans les zones rurales et surtout le fait que cette présence tend à diminuer progressivement. 1 Ces contrats ont été signés le 29 juillet 2004, ils concernent les généralistes de secteur 1 et 2 2 44 zones franches urbaines France métropolitaine et départements d'outre mer, 1300 médecins sont potentiellement concernés par ce contrat. 3 En Seine-Saint-Denis, les grands ensembles dans le haut et le bas de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil sont inscrits en zone franche urbaine. Le contrat, élaboré par les caisses d'Assurance Maladie et les syndicats de médecins généralistes, apporte une première réponse à la difficulté que rencontrent les médecins ruraux à se faire remplacer même provisoirement. Il s'agit des les aider à trouver un remplaçant et ainsi dégager du temps pour se reposer, mais aussi pour se former et échanger avec leurs confrères, en leur versant un complément de rémunération de 300 € par jour (avec un maximum de 10 jours par an). Voir annexe 2
Contrat de bonne pratique pour les médecins de montagne
Ce contrat a pour objectif de favoriser la qualité de l'offre de soins de première intention dans les stations de haute montagne. Il s'agit ainsi de répondre aux besoins de la population (habitants, personnel saisonnier, vacanciers) résidant dans ces stations. En signant le contrat, le médecin s'engage à ce que son équipement (radiographie, stérilisation, d'urgence) soit conforme aux normes actuelles et régulièrement contrôlé, à organiser la continuité des soins du patient après la première intervention (grâce à un document de liaison récapitulant les soins et le diagnostic) et à suivre des formations sur l'urgence et la traumatologie. En échange, l'Assurance Maladie lui verse une indemnité de 2 000 € par an destiné à faciliter ces investissements. Voir annexe 3
Annexe 1 :Contrat de bonne pratique des médecins exerçant en zone franche urbaine
Ce contrat régit les droits et obligations respectifs des caisses et des médecins généralistes libéraux conventionnés qui sont installés ou s'installent en "zone franche urbaine" dans un délai de deux mois à compter de leur adhésion au contrat.
Les médecins qui s'engagent à s'installer en zones franches urbaines doivent, dans un délai de trois mois à compter de la date d'adhésion individuelle au contrat, transmettre à la Caisse Primaire les justificatifs nécessaires pour la prise en compte définitive de leur adhésion.
Les "zones franches urbaines" (ZFU) sont définies par la loi du Pacte de Relance de la Ville (loi n° 96-987 du 14 novembre 1996). Il s'agit, parmi les "zones urbaines sensibles" (quartiers dans lesquels existe un déséquilibre important entre l'habitat et l'emploi, liste fixée par le Décret n° 961156 du 26 décembre 1996), de quartiers de plus de 10.000 habitants particulièrement défavorisés au regard des critères suivant : taux de chômage, proportion de jeunes de moins de 25 ans, proportion de personnes sorties du système scolaire sans diplôme et potentiel fiscal des communes.
Les engagements du médecin
Par l'adhésion à ce contrat le médecin s'engage à :
- assurer une continuité des soins par une amplitude horaire d'ouverture du cabinet adaptée aux besoins de la population.
- assurer, autant que possible, une prise en charge globale de la population de ces zones, notamment :
- en faisant des interventions, au minimum une par an, en matière de prévention et d'éducation à la santé qui lui seront indiquées par l'Assurance Maladie,
- en participant à des actions de coordination médico-sociale aux niveaux individuel (autour d'un cas particulier) et/ou collectif (dans le cadre de structures de coordination associatives ou autres). Le contenu de ces actions devra être défini dans le cadre de la Commission Conventionnelle Paritaire régionale et validé par la Commission conventionnelle paritaire nationale.
- suivre au moins une action de formation professionnelle conventionnelle de deux jours par an, en rapport avec les spécificités de l’exercice en zone franche urbaine, notamment dans le champ de la prévention.
- ne pas cesser son activité ni changer le lieu d’implantation de son cabinet pendant une durée de trois ans à compter de la date d'adhésion au contrat, sauf en cas de force majeure.
Les engagements de l’Assurance Maladie
L'Assurance Maladie s'engage à :
- mettre en œuvre, par le biais des organismes locaux, un accompagnement des médecins adhérant au contrat, en leur proposant un correspondant médico-social chargé de lui apporter une aide technique de l'Assurance Maladie dans les domaines administratif, médical et social.
- verser au praticien adhérent une indemnité de remplacement afin de favoriser le recrutement d'un remplaçant et de dégager des plages horaires pour le médecin adhérant au contrat. Le montant de cette rémunération est de 300 € par jour dans la limite de 18 jours par an.
- prendre en charge des vacations, de demi-journée, qui peuvent être :
- de prévention et d'éducation à la santé
- de coordination médico-sociale à raison de 240 € la demi-journée (4 heures) dans la limite de 12 par an.
- favoriser la mise en œuvre de formations professionnelles conventionnelles des médecins.
- mettre à la disposition du médecin contractant des supports d'information en matière de santé et de prévention.
Le suivi annuel de l’accord
Un groupe de travail émanant de la Commission Conventionnelle Paritaire Nationale suivra l'application de ce contrat. Il pourra revoir, le cas échéant, les clauses de ce contrat à l'issue d'une année d'application, notamment en ce qui concerne sa rémunération et la définition des zones.
Les indicateurs de suivi de l'accord sont notamment :
- la participation du médecin à une action de formation professionnelle conventionnelle;
- le respect des jours et des heures d'ouverture du cabinet ;
- la date d'installation du professionnel ou la date d'ouverture du cabinet ;
- le nombre de vacations réalisées par chaque professionnel ;
- de plus, afin d'estimer l'impact d'un tel contrat au niveau collectif, il sera envisagé de suivre l'agrégat suivant : le nombre de médecins installés dans les zones franches urbaines et l'évolution de ce nombre.
Annexe 2 : Contrat de bonne pratique pour les médecins exerçant en milieu rural
Cet accord régit les obligations respectives des caisses et des médecins généralistes conventionnés qui sont amenés à prendre en charge des populations habitant en zone rurale. Dans le cadre de ce contrat, est considéré comme « médecin rural » le médecin généraliste qui réunit les deux conditions suivantes :
- exercer dans un cabinet éloigné de plus de 20 minutes d’un service d’urgence,
- exercer dans un canton dont la densité de médecins généralistes par habitant est inférieure à 3 pour 5 000.
Dans un souci de cohérence, la délimitation des zones susmentionnées est confiée à l’expertise des URCAM. Dans un premier temps, et compte tenu de l’enveloppe allouée, le nombre de médecins pouvant bénéficier de cette aide est limité à 36 par région ; ce chiffre pourra être revu au regard des conclusions dégagées à l’occasion du suivi annuel de l’accord. Par ailleurs, après une période d’observation d’un an, l’ensemble des critères sont susceptibles d’évoluer sur proposition des URCAM en fonction des problématiques locales et avec l’accord des parties signataires.
Les engagements du médecin
Par la signature d’un contrat de bonne pratique le professionnel s’engage à :
- adresser à la CPAM une liste récapitulative des jours de remplacements, dont il aura fait la demande conformément aux règles en vigueur, et qui justifient le complément de rémunération.
- suivre au moins une action de formation professionnelle de deux jours, de préférence en rapport avec les spécificités de l’exercice en milieu rural et/ou l’amélioration des pratiques professionnelles en participant à des groupes de pairs. A l’issue de sa formation, le professionnel adresse à la caisse une copie de l’attestation de sa participation effective, délivrée par l’organisme de formation ou une attestation sur l’honneur lorsqu’il participe à un groupe de pairs.
- ne pas cesser son activité ou changer le lieu d’implantation de son cabinet pendant une durée de trois ans sauf cas de force majeure.
L'engagement de l’assurance maladie
L’Assurance Maladie s’engage à verser chaque année au médecin ayant été effectivement remplacé, un complément de rémunération égal à 300 € par jour dans la limite de 10 jours par an. Des bilans réguliers de l’application de l’accord seront conduits et notamment au bout de la première année.
Annexe 3 : Contrat de bonne pratique pour les médecins de montagne
Ce contrat est proposé au médecin généraliste conventionné qui :
- exerce dans un cabinet professionnel situé dans une station ou dans un centre de sports d’hiver faisant partie d'un des départements identifiés (voir page suivante) et dans laquelle il n'existe pas de structure d'accueil de soins adaptée à la pratique de la traumatologie (hôpital, clinique,…),
- dispose d'un équipement radiologique accompagné d'un plateau technique
- pratique régulièrement la traumatologie et les actes utilisant les radiations ionisantes,
- pratique les tarifs opposables pour plus des deux tiers de ses actes,
- participe, lorsqu’il existe, à un réseau formalisé de prise en charge des urgences,
Les engagements du médecin
Les médecins qui adhèrent au présent contrat, s’engagent à :
- poursuivre en zone de montagne leur activité professionnelle pendant une durée de 3 ans sauf cas de force majeure,
- respecter un cahier des charges d’équipement de leur cabinet avec un plateau technique permettant la prise en charge des urgences et de la pathologie traumatique, à savoir :
- a) un appareil de radiographie conforme aux normes actuelles, faisant l'objet d'un contrôle périodique par un organisme agréé et capable de réaliser des clichés osseux sans préparation,
- b) Un dispositif de stérilisation conforme à la réglementation en vigueur.
- c) Une surface disponible suffisante et accessible pour la pratique de l’urgence et la traumatologie :
- d) Le matériel nécessaire à la prise en charge des actes d’urgence : Oxygène, matériel ventilation et intubation, oxymètre de pouls, appareil d’ECG, matériel de perfusion.
- organiser la continuité des soins par la rédaction d'un document médical de liaison, dont un double est tenu à la disposition du service médical du lieu d'implantation du cabinet professionnel du médecin qui en fait la demande comprenant :
- l'identification du patient et du médecin
- la date et l'heure de prise en charge
- la nature des examens pratiqués et leur résultat
- le diagnostic posé et le traitement mis en œuvre
- la proposition de suivi thérapeutique
- remettre au patient des fiches-conseils adaptées au traumatisme, à sa prévention et au traitement mis en œuvre ;
- suivre une formation professionnelle conventionnelle sur les thématiques : urgences / traumatologie à raison d’un minimum d’un séminaire de 2 jours par an. Le médecin tient à la disposition de la caisse l'attestation de participation à la FPC délivrée par l'organisme de formation ;
- remettre à la caisse le dernier certificat d'agrément de l'appareil de radiographie datant de moins de 3 ans.
Les engagements de l'Assurance Maladie
Le médecin généraliste bénéficie d'une majoration forfaitaire annuelle d'un montant de 2 000 € versée à l'issue d'une année d'application de son contrat et sous réserve du respect de ses engagements prévus dans le présent contrat.
Le montant de cette rémunération pourra faire l’objet d’une révision à l’issue d'une année d’application du présent contrat au vu du nombre de médecins entrés effectivement dans le dispositif.
Un groupe de travail est chargé du suivi de l'application du contrat, le cas échéant il peut proposer aux parties signataires de revoir ses clauses à l'issue de la première année.
Départements comprenant des centres ou des stations de sports d'hiver :
- Alpes de Haute-Provence (04)
- Alpes-Maritimes (06)
- Hautes-Alpes (05)
- Foix (09) -Rodez (12)
- Cantal (15)
- Haute-Garonne (31)
- Hérault (34)
- Isère (38)
- Jura (39)
- Le Puy (43)
- Pyrénées-Atlantiques (64)
- Hautes-Pyrénées (65)
- Pyrénées-Orientales (66)
- Savoie (73)
- Haute-Savoie (74)
- Puy-de-Dome (63)
- Vosges (88)
Annexe 4 : Qu'est ce qu'un contrat de bonne pratique ?
Le contrat de bonne pratique a pour objectif de faire évoluer les pratiques médicales individuelles vers le bon usage du soin en accompagnant le professionnel dans une démarche qualité. En échange d’une rémunération forfaitaire annuelle, le professionnel adhérent s’engage à suivre un cahier des charges défini par les parties signataires. Selon les thèmes abordés, le contrat peut comporter des engagements portant notamment sur :
- le niveau d’activité du professionnel, dans la mesure où ce niveau agit directement sur la qualité des soins
- la participation du professionnel à un programme de formation ou à un « groupe de pairs ».
- l’évaluation de la pratique professionnelle
- la participation des professionnels à une campagne d’information mise en place par l’Assurance Maladie.
A ce jour, les 12 contrats de bonne pratique et de pratique professionnelle existants ont été signés avec plus de 11 500 professionels de santé.
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