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La dernière évaluation du programme Apheis dans 26 villes indique que la pollution atmosphérique menace toujours la santé publique en Europe.
INVS , le 6/09/2004 Ce double objectif - fournir simultanément les données scientifiques les plus récentes et les orientations stratégiques pour les communiquer - a pour but de répondre à la mission d’Apheis de satisfaire aux besoins en information des individus et des organismes concernés par l’impact sur la santé de la pollution atmosphérique, et en particulier ceux qui influencent et décident des politiques dans ce domaine aux niveaux européen, national, régional et local. Créé en 1999, le programme Apheis (www.apheis.net) est co-financé par la Direction Générale Santé et Protection des Consommateurs de la Commission Européenne et par les institutions participantes au programme dans chaque ville. La coordination est assurée par l’Institut de veille sanitaire (InVS, France) et par l’Agencia de Salut Pùblica de Barcelona (ASPB, Espagne). Afin d’élargir et d’approfondir les conclusions de la phase 2 du programme, le dernier volet d’évaluation d’impact sanitaire a intégré de nouvelles sources de données à ses analyses. Notamment Apheis-3 a inclus des données sur les PM2.5 (particules d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres) qui sont venues s’ajouter aux mesures de l’indice des fumées noires et des PM10 (particules d’un diamètre inférieur à 10 micromètres). Apheis a également étudié les causes spécifiques de mortalité (cardio-pulmonaire et par cancer du poumon) et les données de mortalité totale. Et, en plus d’estimer les décès imputables à la pollution atmosphérique à un moment donné, Apheis-3 s’est attaché également à calculer les gains en espérance de vie dans le but de fournir une image dynamique des effets de la pollution sur la santé au cours de la vie. Les résultats d’Apheis-3 indiquent qu’une réduction des niveaux de PM2.5 1 à 15 µg/m3 induit un bénéfice en termes de mortalité (totale et spécifique) de 30% supérieur à une réduction des niveaux de PM2.5 à 20 µg/m3. Plus précisément, Apheis-3 a estimé à 11 375 le nombre décès prématurés (dont 8 053 d’origine cardio-pulmonaire et 1 296 par cancer du poumon) qui pourraient être prévenus chaque année si, toutes choses étant égales par ailleurs, l’exposition à long terme aux PM2.5 était ramenée à 20 µg/m3 dans chaque ville. La réduction à 15 µg/m3 de ces mêmes particules entraînerait la prévention de quelque 16 926 décès prématurés (dont 11 612 d’origine cardio-pulmonaire et 1 901 par cancer du poumon). En termes d’espérance de vie, toutes choses étant égales par ailleurs, une moyenne annuelle de PM2.5 qui n’excéderait pas 15 µg/m3 se traduirait par un gain moyen de 2 à 13 mois d’espérance de vie pour une personne de 30 ans. Ces conclusions sur les bénéfices d’une réduction des PM2.5 à 20 et à 15 µg/m3 sont particulièrement déterminantes à l’heure où dans la cadre du programme CAFE de la Commission européenne se déroulent les discussions visant à déterminer les valeurs limites de PM2.5. En particulier, pour des raisons de santé publique, Apheis recommande que la valeur limite de PM2.5 soit fixée à 15 µg/m3. Toutefois, les bénéfices sanitaires que l’on peut espérer d’un tel abaissement seraient encore plus flagrants si la valeur limite était fixée en dessous de ce seuil. Concernant les bénéfices escomptés d’une réduction de l’exposition aux PM10 à très court, court2 et long termes, dans les 23 villes du programme Apheis qui les mesurent et totalisent près de 36 millions d’habitants, toutes choses étant égales par ailleurs, l’EIS indique que si l’exposition aux PM10 était réduite à 20 µg/m3 : Pour ce qui est de la capacité des villes Apheis à respecter les futures valeurs limites de la Commission européenne pour PM10 en 2005 et 2010, Apheis-3 a montré que si la plupart des villes respectent déjà la valeur limite 2005 de 40 µg/m3, 21 villes continuent de dépasser la valeur limite de 20 µg/m3 prévue pour 2010. Pour l’indice des fumées noires (généralement considéré comme un bon indicateur de la pollution liée au trafic automobile), dans les 16 villes du programme qui le mesure (24 millions d’habitants), on estime que sa réduction à une valeur journalière de 20 µg/m3 préviendrait 1 296 décès prématurés chaque année (dont 405 d’origine cardio-vasculaire et 109 d’origine respiratoire). A titre de rappel, le programme Apheis cherche à répondre aux besoins en information des individus et des organismes concernés par l’impact sur la santé de la pollution atmosphérique en Europe, en particulier ceux qui influencent et décident des politiques dans ce domaine aux niveaux européen, national, régional et local. Toutefois, à l’instar d’autres organismes pourvoyeurs d’information scientifique, Apheis a également dressé le constat suivant : les rapports scientifiques seuls ne suffisent pas à répondre aux besoins en information de ce public clé. Parce que Apheis a voulu aller au-delà de sa mission visant à garantir l’exactitude de ses résultats scientifiques et leur mise à jour régulière, Apheis-3 a souhaité développer une stratégie applicable et efficace de communication auprès de ce public clé en recueillant directement auprès d’eux leurs besoins en information. Les recherches en communication que nous avons menées ont permis d’identifier chacune des catégories d’acteurs clé qui interviennent dans la longue et complexe chaîne de décision reliant les scientifiques aux décideurs. Ces recherches ont révélé que, contrairement aux scientifiques qui reçoivent nos rapports et les utilisent, les décideurs ne les reçoivent qu’indirectement et les utilisent peu sinon jamais, alors que ce sont leurs actions qui ont le plus grand impact en santé publique. En particulier, nos recherches ont montré que : Suite à ces observations, nous avons conclu qu’Apheis doit agir de manière proactive afin : Ces démarches amélioreront nettement la manière dont Apheis communique avec les publics clé qui déterminent la politique sur la pollution de l’air, et permettront notamment à Apheis de mieux contribuer à améliorer l’état de la santé publique en Europe. Pour atteindre ses objectifs, Apheis a constitué un réseau de professionnels de la santé et de l’environnement dans 26 villes européennes, et a créé un système de surveillance épidémiologique qui génère des informations de façon continue et publie des rapports à intervalles réguliers. Depuis sa création, le programme Apheis encourage les échanges interdisciplinaires et régionaux dans le but de : constituer des équipes performantes au niveau local et régional ; enrichir le savoir-faire et la qualité des résultats ; et explorer d’importantes questions méthodologiques relatives aux évaluations d’impact sanitaire. Cette combinaison unique permet de fournir aux décideurs locaux des données, analyses et connaissances locales pour la prise de décision au niveau local ; et de proposer aux décideurs européens des résultats analysés de façon standardisée, leur fournissant une vision globale pour la prise de décision au niveau européen. Apheis mettra en œuvre sa stratégie de communication selon la disponibilité des fonds nécessaires au développement des outils de communication recommandés pour chacun des publics visés. Parallèlement à la poursuite de l’évaluation d’impact sanitaire dans le domaine de la pollution atmosphérique, Apheis rejoint le projet ENHIS (Environment and Health Information System) du Centre Européen pour la Santé Environnementale de l’OMS (ECEH) co-financé par la Commission européenne et les partenaires du programme ENHIS. Dans ce nouveau programme, Apheis sera chargé de la coordination de l’évaluation d’impact sanitaire, et testera et adaptera à de nouvelles villes, et pour de nouveaux facteurs de risque environnementaux, la méthodologie déjà développée dans les précédentes phases du programme. Cette nouvelle phase aura comme objectif final de fournir un tableau général du risque environnemental qui pèse sur la santé publique en Europe. |
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