ANTI-INFLAMMATOIRES : Il n’est pas opportun de remettre en cause l’intérêt de ces traitements pour les patients souffrant de rhumatismes

Societe Française de Rhumatologie le 13/01/2005

Les malades ainsi que la communauté médicale s’interrogent sur la tolérance cardio-vasculaire des anti-inflammatoires non stéroidiens (AINS) suite à l'annonce de l'arrêt prématuré de 3 essais thérapeutiques indépendants pour augmentation des accidents cardiovasculaires sous rofécoxib (Vioxx*), célécoxib (Celebrex*) et naproxène (Apranax*, Naprosyne*).

PUB

La Société Française de Rhumatologie (SFR ), qui a pour mission de promouvoir les actions visant à une prise en charge optimale des rhumatisants, souhaite que les praticiens comme les malades puissent se faire une opinion en connaissance de cause. C’est pourquoi elle tient à préciser les points suivants :

  1. Parmi les divers moyens utilisés pour lutter contre les douleurs rhumatismales, les AINS ont prouvé leur efficacité .
  2. La toxicité digestive des anti inflammatoires non stéroïdiens est la plus connue, la plus fréquente et peut être grave. Chez les patients à risque digestif, elle peut être diminuée par l'utilisation concomitante de protecteurs gastriques ou l'utilisation préférentielle d’un coxib.
  3. En ce qui concerne le risque cardiovasculaire, apparemment faible mais réel, récemment mis en évidence lors de traitements continus et de longue durée, la SFR considère que les patients sous AINS  conventionnel ou sous coxib peuvent poursuivre leur traitement  en respectant les consignes suivantes :

 

  • Limiter la durée de traitement à la poussée douloureuse selon les indications de l'AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) et à la posologie recommandée
  • Evaluer les facteurs de risque cardiovasculaire avec le médecin traitant, si cette évaluation n'a pas encore été réalisée (en particulier hypertension artérielle, antécédent d'infarctus du myocarde ou d'accident vasculaire cérébral).
  • Chez les sujets de plus de 65 ans et/ou à risque cardiovasculaire, administrer la plus faible dose possible, en surveillant le poids et la tension artérielle, surtout dans les premiers jours de traitement ( dans ce délai, arrêt du traitement en cas d'hypertension artérielle et/ou si prise de poids de 1 kilo ou plus)
  • Poursuivre les traitements anti-agrégeants plaquettaires (aspirine à faible dose, etc.) si ceux-ci étaient indiqués avant la mise en route de l'AINS

4 - Enfin, la SFR souhaite rappeler que tout médicament efficace peut être responsable d'effets indésirables. C'est donc au médecin-traitant, en accord avec le patient, d'évaluer si le rapport bénéfice-risque penche en faveur de la poursuite de l’AINS conventionnel, du coxib, ou de l'arrêt du traitement.

 

Signataires : BARDIN Thomas

BERENBAUM Francis

COMBE Bernard

DOUGADOS Maxime

 


 
img
 
PUB