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Un malade
attaque l'Etat pour non-dépistage du cancer du côlon
28 mars 2002
Un patient atteint d'un
cancer du côlon a décidé d'engager une action contre le ministre
de la Santé pour son inaction fautive dans la mise en place
d'un dépistage organisé du cancer colorectal en France.
Dentiste à Pau, marié et père de trois enfants, Jean-Rémy
DELYFER a appris qu'il avait un cancer du côlon en avril 2001.
Faute d'avoir été dépisté à un stade précoce de sa maladie,
il a dû subir des traitements lourds (chimiothérapie, radiothérapie),
des opérations (pose d'un anus artificiel, ablation d'une
partie de l'intestin, etc.), des hospitalisations répétées
ainsi qu'un arrêt de travail de plusieurs mois.
L'action de Jean-Rémy DELYFER
est largement soutenue par l'Association nationale pour le
dépistage du cancer colorectal. Créée en 1999 pour "assurer
la défense des personnes victimes d'un défaut de dépistage
du cancer colorectal sur le territoire français", l'ANDECACO
se bat pour la généralisation d'un dépistage précoce. Elle
entend bien financer les frais d'un éventuel procès en cas
de refus du ministre de répondre favorablement au recours
préalable de Jean-Rémy DELYFER.
Le cancer du cancer du côlon
et du rectum touche 33.000 Français par an et en tue près
de 16.000. Il représente aujourd'hui la deuxième cause
de mortalité par cancer chez l'homme, après le cancer du poumon,
et chez la femme, après le cancer du sein. Près de la moitié
des patients souffrant de cette pathologie décède dans les
5 ans qui suivent le diagnostic. Or cette mortalité pourrait
être considérablement revue à la baisse grâce à un diagnostic
précoce.
Depuis 1994, un rapport
demandé par le gouvernement au professeur Dubois recommandait
l'utilisation d'un test simple de dépistage commercialisé
sous le nom d'Hemoccult®II, qui permet de rechercher les saignements
occultes dans les selles. Ce test réduirait ainsi de 30
à 44 % la mortalité par cancer colorectal. Il permettrait
également de traiter la moitié des cancers colorectaux sans
anus artificiel, avec 95 % de survie à 5 ans.
Alors que la plupart des
pays occidentaux ont adopté le dépistage de masse du cancer
colorectal depuis de nombreuses années, la France n'a décidé
qu'en 2001 son expérimentation, dans douze des cent départements
français. A l'heure actuelle, cette expérimentation n'est
toujours pas effective, faute de décret d'application. Un
retard dramatique pour des milliers de personnes que dénonce
l'ANDECACO.
En intentant une action
contre l'Etat, Jean-Rémy DELYFER espère non seulement obtenir
la réparation de son préjudice et de celui de sa famille,
évalué à 420.000 euros, mais aussi accélérer la généralisation
d'un dépistage national de masse. Et d'éviter à des milliers
de Français et de Françaises de souffrir autant que lui.
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