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Animaux
dans la ville et santé publique
Académie Nationale
de Médecine
André-Laurent PARODI et Charles PILET
Paris, 18 Mars 2002
Rapport adopté le 26 février 2002 au nom d'un
groupe de travail
(le texte intégral du rapport est disponible sur simple
demande).
A la demande du Conseil
de la Ville de Paris, l'Académie nationale de médecine
a conduit une réflexion sur les effets en matière de santé
publique, de la présence d'animaux dans les villes, s'agissant
des animaux d'espèces dites de compagnie (chiens, chats, etc.)
ou commensales (pigeons, étourneaux… et plus récemment renards,
fouines etc.).
La France est le pays qui
héberge - proportionnellement à sa population humaine - le
plus grand nombre d'animaux de compagnie (52,3 millions
en 1999, dont 8,1 millions de chiens et 8,7 millions de chats,
lesquels, pour plus d'un tiers, vivent en milieu urbain).
Au nombre des aspects bénéfiques,
le rôle très favorable d'une présence animale de proximité,
notamment aux âges extrêmes de la vie, est souligné. Facteur
d'équilibre et d'éveil pour l'enfant auquel elle permet de
percevoir directement les grandes étapes de la vie et les
faits essentiels du monde vivant, cette présence est le seul
lien social et affectif que conservent des personnes âgées
ou esseulées. Ce rôle bénéfique apparaît dans l'assistance
que dispensent les chiens aux mal voyants, handicapés moteurs…
Enfin, la présence animale peut être un adjuvant de certaines
thérapeutiques. On ne saurait passer sous silence l'intérêt
économique des activités commerciales et de soins générées
par les animaux de compagnie.
A l'inverse, la présence
d'animaux n'est pas sans créer des risques et provoquer des
nuisances. Le risque sanitaire est lié à la transmission
possible d'agents infectieux et parasitaires, ainsi qu'à des
intolérances par allergie aux sécrétas, excrétas et productions
cutanées des animaux. Il appartient aux vétérinaires et aux
médecins, en étroite collaboration, d'informer les possesseurs
d'animaux. S'agissant des espèces animales traditionnelles,
le risque zoonotique, infectieux et parasitaire, est bien
maîtrisé ; en revanche s'agissant des nouveaux animaux de
compagnie (certaines espèces de primates, reptiles, oiseaux
exotiques, insectes…) le risque est moins contrôlable. A côté
du risque zoonotique, la nuisance le plus souvent dénoncée
résulte des déjections animales, déposées sur la voie et dans
les lieux publics. En raison de la surpopulation animale mais
aussi de l'incivisme de nombreux possesseurs d'animaux, elle
constitue un sujet d'insatisfaction voire de rejet pour de
nombreux citadins et engendre une lourde tâche pour les municipalités
qui doivent y consacrer un budget considérable avec des résultats
imparfaits. Les risques par morsures, griffures, bousculades
sont réels, notamment depuis l'utilisation délictueuse de
chiens dressés à l'attaque.
Après rappel du dispositif
législatif et réglementaire impliquant l'Etat et les collectivités
locales, municipales notamment, dans le maintien de la sécurité,
de la tranquillité et de la santé publiques, un certain
nombre de propositions sont faites. Celles-ci prennent
en compte la préservation du bien-être des animaux et la protection
de l'environnement. La gestion du risque animal procède d'abord
de la régulation des populations.
· La loi du 6 janvier 1999
a prévu un encadrement étroit de l'élevage canin. Un contrôle
sévère doit s'exercer sur les importations frauduleuses, s'agissant
aussi bien d'espèces de compagnie que d'espèces sauvages.
· Les mesures visant à limiter les populations de chats semi
sauvages doivent être encouragées.
· Le rôle des Associations de protection animale mérite d'être
reconnu.
· Une bonne gestion passe par l'aménagement de la ville en
vue de permettre un meilleur contrôle des souillures. Engagées
depuis une dizaine d'années par plusieurs villes, ces actions
passent par l'installation de mobilier urbain et par l'aménagement
d'espaces réservés aux animaux. Plus encore, elles nécessitent
de la mise en place de structures dotées d'un personnel formé
à cet effet dont le rôle est d'informer et d'éduquer les propriétaires
d'animaux. Aux côtés des responsables des collectivités, des
représentants des administrations concernées (Direction départementale
des affaires sanitaires et sociales (DDASS), Direction départementale
des services vétérinaires (DSV) et des associations de protection
animale oeuvrent au sein des Commissions des affaires animales
mises en place par certaines municipalités.
· La profession vétérinaire s'investit aussi. Une action tournée
vers les enfants se révèle efficace.
· Enfin, le dépositaire de proximité de l'autorité en la matière,
il lui appartient de faire appliquer la loi en infligeant
des sanctions aux propriétaires dont le comportement porte
atteinte à la salubrité et à l'ordre public.
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