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L’Assurance Maladie
agit pour la prévention de l’asthme du boulanger
Assurance Maladie
5 Février 2004
La farine est la première cause d’asthme professionnel en France.
Constamment exposé aux poussières de farine*, les boulangers sont,
par nature, les plus touchés. Les allergies respiratoires (asthme
et rhinite), sont en effet particulièrement fréquentes dans la
profession : 1 professionnel sur 4 atteint d’affections respiratoires
est un boulanger.
Cette maladie professionnelle constitue un grave problème de santé
publique car de nombreux professionnels, craignant le licenciement
ou le reclassement, ne déclarent pas leur asthme.
Pour protéger de cette maladie près de 100 000 boulangers directement
exposés (30 000 artisans et près de 70 000 salariés), la Caisse
Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés et
la profession ont décidé de travailler ensemble avec un double
objectif : préconiser des solutions afin de diminuer les expositions
aux poussières de farine dans les fournils et organiser une large
information.
Des mesures de prévention simples et efficaces élaborées avec
la profession
Constitué en septembre 1999, un groupe de travail** réunissant
l’Assurance Maladie, la profession et l’Institut National de Recherche
et de Sécurité a élaboré et testé pendant près de 2 ans différents
dispositifs techniques pour réduire l’exposition aux poussières
de farine.
Après une analyse des données disponibles sur le sujet, ce groupe
de travail a mené une étude d’évaluation des tâches les plus néfastes
lors de la fabrication du pain. Cette étude a permis de déclencher
une série d’essais sur trois niveaux : matériel, produits et processus
de travail. Objectif : comparer l’exposition aux poussières de
farine que peut respirer le boulanger, dans diverses situations
de travail.
Sur la base de ces essais validés en septembre 2001, des solutions
pour diminuer les émissions de poussière dans les fournils ont
été préconisées et expérimentées avec succès par les boulangers
sur site.
Certaines de ces solutions sont aisées à mettre en œuvre. Apprendre
à vider son sac de farine sans le secouer, étaler la farine à
la main sans la projeter ou utiliser la raclette aidant à couper
la pâte pour nettoyer le plan de travail au lieu de la soufflette
ne demande aucun réaménagement des postes de travail, ni d’investissement
financier mais simplement de nouvelles méthodes de travail à mettre
en place.
En revanche, d’autres solutions proposées nécessitent des investissements
comme par exemple procéder à la ventilation du local, acheter
une diviseuse anti-projection ou un aspirateur à filtre retenant
les micro-particules.
Un enjeu majeur : informer et sensibiliser des professionnels
Le résultat des tests effectués et les mesures de prévention préconisées
ont été publiés sous la forme d’un document technique destiné
aux professionnel s de la boulangerie intitulé " Les réactions
allergiques aux poussières de farine ".
Cette publication a été diffusée à 27 000 exemplaires, en tant
que supplément, dans la revue professionnelle " Les nouvelles
de la Boulangerie Pâtisserie " en décembre 2001.
Plus récemment, la CNAMTS avec l’INRS, la CRAMIF et la CANAM***
ont participé au 6 ème salon de la boulangerie qui s’est tenu
du 1 er au 4 février 2004 à Paris (porte de Versailles). L’objectif
était de faire connaître aux professionnels de ce secteur les
moyens simples et efficaces qui existent pour réduire les poussières
de farine au fournil.
Sur son stand, la CNAMTS proposait 3 espaces ouverts aux boulangers
et pâtissiers : un espace de documentation, un espace de discussion
avec un médecin du travail spécialisé en boulangerie, et un espace
d’exposition de matériel.
Aujourd’hui, c’est à la profession d'introduire progressivement
ces nouvelles pratiques pour que les salariés les adoptent complètement.
* La journée d’un boulanger est rythmée par des tâches telles
que le transport de la farine, sa pesée, le vidage des sacs dans
le pétrin, le fleurage (acte de saupoudrer la farine) provoquant
sans cesse de forts dégagements de poussières, juste sous son
nez.
** Orchestré la Direction des risques professionnels de la CNAMTS,
ce comité de pilotage est composé de l’INBP (Institut National
de la Boulangerie-Pâtisserie), LEMPA (Laboratoire d’Essais des
Matériels et Produits Alimentaires), CANAM (Caisse Nationale d’Assurance
Maladie des professions indépendantes), CNBF (Confédération Nationale
de la Boulangerie-Pâtisserie française), l’INRS (Institut National
de Recherche et de Sécurité), Les CRAM (Caisse Régionale d’Assurance
Maladie) de Normandie et d’Ile-de-France.
*** INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), CRAMIF
(Caisse régionale d’Assurance Maladie d’Ile de France), CANAM
(Caisse nationale d’Assurance Maladie des professions indépendantes)
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