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Les bases cérébrales
de l’expérience consciente du mouvement
CNRS
Paris, le 1er décembre 2003
Certaines régions du cerveau sont importantes pour accomplir un
mouvement et pour son apprentissage. Cela pose aux chercheurs
la question de savoir comment nous devenons conscients de nos
propres mouvements. C’est le but de l’expérience menée par l’équipe
de neuropsychologie d’Angela Sirigu à l’Institut des sciences
cognitives (CNRS – université de Lyon 1) en collaboration avec
un médecin de l’hôpital neurologique de Lyon et des chercheurs
italiens et anglais. Les auteurs concluent dans la revue Nature
Neuroscience de janvier 2004 qu’une région spécifique, le cortex
pariétal, est impliquée dans l’accès à la conscience de nos propres
mouvements.
Leur étude montre que les sujets ont conscience qu’ils se préparent
à bouger seulement après que les premiers signaux de leur intention
aient été enregistrés dans leurs cerveaux (« potentiel de préparation
» ou « Readiness Potential »). Après l’apparition de ce signal
cortical, le sujet commence à prendre conscience de vouloir bouger
(environ 350 millisecondes avant que le mouvement réel ait lieu).
Cette phase préparatoire ne se développe pas du tout chez les
patients dont la partie postérieure du cerveau appelée cortex
pariétal est endommagée.
Dans cette étude, il était demandé aux sujets de pousser un bouton
au moment de leur choix, en focalisant leur attention soit sur
le déclenchement du mouvement de leur doigt, soit sur leur intention
de le faire, en rapportant la position d’une horloge à aiguille.
Les sujets normaux peuvent juger précisément quand ils poussent
le bouton. Ils rapportent leur intention de le faire environ 350
ms avant. Les sujets au cortex pariétal lésé peuvent également
estimer correctement le moment où ils poussent le bouton, mais
ils ne sont pas conscients de bouger jusqu’à ce que le mouvement
soit complet. Par opposition, les patients qui ont une lésion
sur une autre partie du cerveau, le cervelet, se comportent comme
des sujets normaux.
Pour les auteurs, le cortex pariétal pourrait être responsable
de la conduite de nos propres actions et pour évaluer si elles
atteignent nos propres buts. Le cerveau crée en quelque sorte
un modèle, ou copie, des intentions du mouvement qu’on veut faire,
au niveau du cortex pariétal, avant la commande d’exécution qui
passe par le cortex moteur. Quand ce cortex pariétal est lésé,
le mouvement est toujours possible, mais maladroit; le sujet peut
difficilement ajuster le mouvement, le corriger ou en apprendre
un nouveau. Le cortex pariétal jouerait donc un rôle essentiel
dans l’anticipation et dans le contrôle en ligne de nos mouvements.
Altered awareness of voluntary action following damage to the
parietal corte, Nature Neuroscience
Angela Sirigu1, Elena Daprati1,2, Sophie Ciancia1, Pascal Giraux1,
Norbert Nighoghossian3, Andres Posada1, Patrick Haggard4
1Institut des Sciences Cognitives CNRS, 67 Blv Pinel, 69675 Bron,
France.
2Human Physiology Section, IRCCS Fondazione Santa Lucia, Via Ardeatina
354, 00179 Roma, Italy.
3Cerebrovascular Unit, Hopital Neurologique 59,bd Pinel 69394
Lyon, France.
4Institute for Cognitive Neuroscience UCL, 17 Queen Square, London,
UK.
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