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Vaccination
Rougeole Oreillons Rubéole, des inégalités
persistantes..
Campagne de presse CNAM / CFES septembre 2001
Rédacteur
: Dr Françoise Girard
Alors
qu'avec 82% de sujets vaccinés, la France s'annonce,
en la matière, dans des normes inférieures à
celles des recommandations de l'OMS, le sud de la France
affiche des taux de couverture très faibles (dans 15
des 25 départements des régions provence Alpes
Cote d'Azur, Midi Pyréneées, Aquitaine et Languedoc
Roussillon, il est inférieur à 75 %).
La France apparaît marginalisée par rapport aux
pays septentrionaux qui ont su, pour la plupart, éradiquer
ces maladies grâce à l'introduction systématique
de la seconde dose.
Les
conséquences d'une mauvaise couverture vaccinale
sont à prendre en compte, elles entrainent la survenue
d'épidémies à un âge plus avancé,
auquel les complications sont retenues comme plus graves.
Les rougeoles se compliquent plus volontiers d'otites,
de pneumomies, voire d'encéphalites aigues (1/1000)
ou de panencéphalites sclérosantes subaigues(
1 / 100 000). Les oreillons peuvent engendrer des méningites,
des encéphalites, des surdités transitoires
et des atteintes testiculaires graves (6% d'atrophies testiculaires
après 15 ans ), alors que la rubéole,
plus sournoise, contaminera à bas bruit, le foetus
de la femme enceinte non immune, entraînant des malformations
oculaires, cardiaques, auditives ou neurologiques.
L'autre conséquence de ces lacunes vaccinatoires est
que l'on
peut raisonnablement s'attendre à une recrudescence
de la rubéole congénitale et de la rougeole
dans les années à venir.
L'insuffisance
de la couverture vaccinale ROR repose sur une double responsabilité,
celle des parents qui se déclarent officiellement favorables,
mais ne font pas vacciner leurs enfants le plus souvent par
crainte de complications liées à l'injection,
mais aussi celle des médecins. La crainte des complications
liées à l'injection est souvent retenue, et
la progression de l'homéopathie semble un facteur favorisant
de non vaccination chez les mères de bon niveau socio-culturel.
Aussi la vaccination, dans sa généralité,
stagne, voire s'effrite.
Du coté des médecins, on distingue les pro vaccinateurs
(41%) des favorables qui s'adaptent aux souhaits de leurs
clientèles (56%) et qui de fait peuvent faire évoluer
leur pratique, mais on doit isoler les "anti vaccins"
(3%) qui relèvent le plus souvent du MEP. Les pharmaciens,
quant à eux, avouent ne pas s'investir dans le conseil
pour ce type de prévention, peut être parce que
les clients ne sont pas eux-mêmes intéréssés.
Un
dispositif de santé publique et un programme de communication
vont être très rapidement mis en place :
-
la seconde dose de vaccin, préconisée
depuis 97, à la fois pour "rattraper les
oublis" et renforcer l'immunité des autres
va bénéficier d'une promotion chez tous
les enfants entre 3 et 6 ans ayant déjà
reçu une première injection à
12 mois, ou avant en cas de vie collective. Un rattrapage
chez les jeunes filles ou femmes en âge de procréer
se verra systématiquement proposé par
les médecins généralistes ou
les gynécologues. Enfin, la gratuité
de ces vaccinations est confirmée, leur prise
en charge à 100% relevant des caisses d'Assurance
Maladie qui assure un dispositif d'incitation par
courrier personalisé aux dates clés.
-
le programme de communication a pour objectif d'augmenter
la couverture vaccinale auprès des parents
d'enfants de 12 à 24 mois, de 6 à 13
ans et des femmes en âge de procréer.
L'homogénéisation de la couverture vaccinale
sur le territoire français est un objectif
d'ores et déjà ciblé. Les pouvoirs
publics comptent sur une campagne nationale par voie
de presse, de TV, sur la distribution de brochures
et de guides de vaccination.
Pour asseoir une campagne avec des objectifs locaux
ciblés, la mise en place d'un dispositif "Action
Vaccination" sera dédiée aux départements
défavorisés, reposant sur les radios
locales et les acteurs de terrain.
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