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La
Cour de cassation et amiante
Ministère de l'Emploi et de la Solidarité
1er mars 2002
La Cour de Cassation vient
de confirmer les arrêts rendus par de nombreuses Cours d’Appel,
reconnaissant la faute inexcusable des employeurs ayant
exposé leurs salariés aux risques liés à l’utilisation de
l’amiante.
Ces décisions, qui permettent
aux victimes de ce risque de se voir assurer une réparation
à la mesure des préjudices qu’ils ont subis, accentuent la
responsabilité des entreprises qui seront tenues à une obligation
générale de résultat en matière de protection de la santé
et de la sécurité de leurs salariés.
Elles confortent la politique
du gouvernement tant vis à vis du risque de l’amiante que,
plus largement, sur la prévention des autres risques professionnels.
S’agissant du risque lié à
l’utilisation de l’amiante et de sa réparation, le gouvernement
a pris les mesures de précaution et de protection qu’imposaient
les exigences de protection de la santé publique : l’utilisation
de l’amiante, sous toutes ses formes, a été interdite ; un
fonds d’indemnisation des victimes (le FIVA) a été créé et
sera installé dans les tous prochains jours ; un régime de
cessation anticipée d’activité des salariés antérieurement
exposés a été mis en place.
Au delà de ces mesures particulières,
Elisabeth GUIGOU, ministre de l’Emploi et de la Solidarité,
a annoncé à l’automne dernier lors de la discussion du projet
de loi de financement de la sécurité sociale pour 2002, qu’elle
engageait la réforme de notre système de réparation des
accidents du travail et des maladies professionnelles,
afin que l’ensemble des victimes puissent bénéficier, dans
le cadre de la sécurité sociale, de la réparation intégrale
de leurs préjudices, conformément aux orientations du rapport
que lui a remis le professeur MASSE.
Cette réforme bouleverse complètement
les principes sur lesquels repose le système d’indemnisation
depuis 1898. Afin d’étudier les modalités selon lesquelles
elle pourra être mise en œuvre, elle a confié à l’Inspecteur
général des affaires sociales Michel YAHIEL l’animation d’un
groupe de travail destiné à préparer cette réforme, en concertation
avec les partenaires sociaux et tous les acteurs sociaux concernés.
Le groupe lui remettra ses propositions d’actions à la fin
mars.
Enfin, la Ministre a également
annoncé, lors de la réunion annuelle du Conseil Supérieur
de prévention des risques professionnels qui s’est tenue le
14 février dernier, un ensemble de mesures destinées dès
2002 à mieux lutter contre les risques du travail et notamment
les maladies professionnelles :
- en instaurant l’obligation
d’évaluation des risques professionnels dans toutes les entreprises
;
- en instaurant des valeurs limites d’exposition aux produits
chimiques dangereux ;
- en renforçant les études de veille sanitaire autour de l’INVS
;
- en engageant la réforme de la médecine du travail (renforcement
des effectifs, temps médical, indépendance, gestion et contrôle
des services de santé au travail) ;
- en lançant un nouveau programme d’action prioritaire de
l’inspection du travail ;
- en mettant à l’étude la réforme des institutions de prévention
dans l’entreprise (CHSCT…).
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