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Le commerce
illicite du tabac renforce la charge mondiale de morbidité
OMS
New York le 30 juillet 2002
Le commerce illicite des
produits du tabac augmente la mortalité et la charge mondiale
de morbidité imputables à la consommation du tabac, a déclaré
l'Organisation mondiale de la Santé lors de la conférence
internationale organisée sur ce thème aux Nations Unies à
New York.
Le thème du commerce illicite
des produits du tabac, qui fait l’objet de la conférence internationale
organisée par la US Agency for Alcohol, Tobacco and Firearms
(ATF) est également l’un des nombreux sujets couverts par
les négociations en cours menées par les 191 Etats Membres
de l'Organisation mondiale de la Santé pour le traité international
appelé Convention-cadre pour la lutte antitabac (FCTC).
L’OMS estime que le commerce
illicite contribue à l’augmentation mondiale de la consommation
des produits du tabac en rendant les cigarettes moins chères
et plus accessibles. Elles deviennent d’autant plus attirantes
pour ceux qui n’ont pas beaucoup d’argent et très peu de moyens
pour se faire soigner, les jeunes et les pauvres en particulier.
Il permet également de vendre les cigarettes au détail, et
non en paquets, ou par l’intermédiaire de points de vente
non réglementés, ce qui les rend plus accessibles aux jeunes.
Les données montrent qu’un
fumeur sur deux mourra d’une maladie liée au tabagisme. Celui-ci
tue chaque année plus de 4 millions de personnes et ce chiffre
devrait atteindre, selon les estimations, 8,4 millions d’ici
2020. Plus de 70 % de ces décès surviendront dans les pays
en développement. La consommation du tabac fait partie des
principales causes évitables de mortalité aujourd'hui. L’OMS
a déclaré que la baisse de cette consommation était une priorité
de santé publique.
« L’OMS est très préoccupée
des effets pernicieux de la contrebande du tabac sur la santé
publique et les programmes de lutte nationaux et internationaux,
a déclaré le docteur Derek Yach, Directeur exécutif à l’OMS
de Maladies non transmissibles, à l’ouverture de la conférence.
La contrebande porte atteinte aux politiques nationales des
prix, privent les gouvernements de revenus pour combattre
le tabagisme, permet aux sociétés productrices de corrompre
et de fragiliser la coopération internationale pour la lutte
antitabac et, surtout, elle compromet les restrictions juridiques
et les réglementations sanitaires, telles que celles portant
sur les mises en garde ou la vente aux mineurs. »
Le commerce illicite est un
problème à l’échelle planétaire qui amène les gouvernements
à se joindre aux organismes de santé publique pour demander
des mesures plus fermes de lutte contre ces pratiques. Les
cigarettes de contrebande représentent 6 à 8,5 % de la consommation
mondiale, selon la Banque mondiale. Près d’un cinquième de
la production totale de cigarettes va à l’exportation. Sur
cette quantité, près d’un tiers (30 %), soit environ 355 milliards
de cigarettes par an, se retrouve dans les circuits de la
contrebande.
Alarmés par les taux croissants
de mortalité et de morbidité en relation avec le tabagisme,
les 191 Etats Membres de l'Organisation mondiale de la Santé
ont entrepris des négociations pour une convention-cadre pour
la lutte antitabac. Quatre sessions ont déjà eu lieu depuis
octobre 2000. C’est la première fois que l’Organisation applique
la clause de sa Constitution prévoyant la possibilité d’élaborer
un traité pour résoudre un problème de santé publique. Cette
convention couvre de nombreux sujets et, en particulier, la
publicité pour les produits du tabac et leur promotion, l’interdiction
de fumer dans les lieux publics, les taxes, l’étiquetage de
ces produits, l’éducation, la recherche et le commerce illicite.
La conférence internationale
sur le commerce illicite des produits du tabac élaborera de
nouvelles approches et recommandera des mesures efficaces
ou des pratiques pour lutter contre ce problème. Ces recommandations
orienteront la prochaine session de négociation de la FCTC,
organisée à Genève en octobre 2002.
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