|
Analyse globale
des contaminants chimiques dans le saumon d'élevage: l'AFSSA maintient
ses recommandations
AFSSA
9 janvier 2004
La Revue Science a publié le vendredi 9 janvier une étude sur
« l’analyse globale des contaminants chimiques dans le saumon
d’élevage ». Cette étude porte sur plus de 700 saumons d’élevage
et sauvages achetés dans plusieurs villes d’Europe et d’Amérique
du Nord (dont 3 achetés à Paris).
Compte tenu des résultats obtenus sur les contaminations de ces
saumons en dioxine, PCB et pesticides, l’étude recommande en conclusion
de ne pas consommer plus d’une fois par mois du saumon d’élevage
(soit 200 grammes par mois).
Cette étude qui inclut un grand nombre de résultats au niveau
mondial, n’apporte pas d’éléments spécifiques nouveaux sur la
présence de dioxines, PCB et pesticides dans le saumon, poisson
gras dont on sait par de nombreuses études et données recueillies
qu’il fixe ce type de contaminants.
Les résultats de l’étude Science sont cohérents avec les résultats
des plans de surveillance menés par le Ministère de l’Agriculture,
de l’alimentation, de la pêche et des affaires rurales (qui portent
sur 21 saumons d’élevage européens prélevés en 2003) pour ce qui
est des dioxines (dioxine et PCB-dioxine like) avec 2,8 picogrammes
par gramme de poids frais (France) contre 2 picogrammes par gramme
de poids frais (étude Science) sachant que la teneur maximale
européenne (qui, elle, ne comprend pas les PCB – dioxine like)
se situe à 4 picogrammes par gramme de poids frais.
Pour ce qui est des PCB, les résultats font apparaître des différences
avec 17 nanogrammes par gramme de poids frais (plans de surveillance
France) contre près de 40 nanogrammes par gramme de poids frais
(étude Science). Cependant, ces résultats sont difficilement comparables
dans la mesure où la liste des molécules analysées dans l’étude
américaine n’est pas précisée. Le plan de surveillance français
prend en compte 7 molécules spécifiques. Il n’existe pas de norme
européenne dans ce domaine. En ce qui concerne la dieldrine, cette
molécule (de la famille des organochlorés) est interdite en France
depuis 1972 et en Europe depuis 1993 compte tenu de sa persistance
dans l’environnement. Elle est néanmoins analysée dans le cadre
de plans de surveillance et aucune non conformité n’est apparue
par rapport à la limite maximale de résidus. Le toxaphène, insecticide
retiré du marché au niveau mondial, n’est pas analysé au niveau
français.
La méthode d’évaluation des consommations à ne pas dépasser sur
laquelle s’appuie l’étude de Science dans ses conclusions et recommandations
repose sur une approche récente mathématique de l’Agence américaine
de Protection de l’Environnement (EPA). Il s’agit d’une approche
différente de celle qui est reconnue par les organismes chargés
de la santé publique et de la protection du consommateur et utilisée
par l’OMS et les agences nationales de sécurité sanitaire des
aliments en Europe.
Il semble nécessaire à l’Afssa de discuter au niveau européen
et international de la validité et la pertinence des modèles mathématiques
utilisés dans le domaine de la protection du consommateur.
L’Agence continue d’étudier les résultats des plans de surveillance
sur les poissons qui lui ont été transmis fin 2003 afin de faire
un point actualisé sur l’ensemble des données en France et de
proposer une teneur maximale en PCB dans les poissons dans le
prolongement de sa proposition récente de dose journalière tolérable.
Si l’ensemble de ces données souligne l’importance de la surveillance
des contaminants et des efforts pour les réduire dans la filière
poisson, il paraît non fondé à l’Agence, à ce stade, de revenir
sur ses évaluations et recommandations antérieures, au seul vu
de cette étude.
L’Afssa rappelle en conséquence sa recommandation de consommer,
dans le cadre d’une alimentation équilibrée, du poisson au moins
deux fois par semaine en alternant les espèces (grasses, non grasses)
afin de bénéficier des effets protecteurs des acides gras Omega
3 présents dans les poissons gras, dont le saumon.
|