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Mise en
place d'un dépistage systématique des stupéfiants pour les
conducteurs impliqués dans un accident mortel
Conférence de presse à propos du dernier décret d'application
de la loi du 18 juin 2001 relative à la sécurité routière
Ministère des transports - Paris
Mardi 28 août 2001
Le nombre des accidents mortels
en France reste aujourd'hui stable avec 7643 décès en 2000.
Dans un tiers des cas, on retrouve des alcoolémies supérieures
à la normale. La prise de stupéfiants, quant à elle, peut
être mise en cause entre 7 et 17 % des cas, sans que l'on
puisse préciser son ancienneté. On sait, par ailleurs, que
11 % de la population consomme régulièrement des psychoactifs.
La fréquence croissante de la consommation de drogues chez
les plus jeunes, voire sa banalisation, dans une tranche d'âge
très concernée par les accidents de la circulation, a justifié
la mise en place de ce dépistage systématique.
Le bilan de ce dépistage systématique
devrait améliorer les connaissances en la matière, alors que
la loi initiale n'avait pas prévu la mise en place d'un dispositif
répressif chez les conducteurs consommateurs de drogues. La
directive européenne de juillet 91 précisait néanmoins qu'un
permis de conduire ne saurait être délivré ou renouvelé chez
les sujets " en état de dépendance vis-à-vis de substances
à action psychotrope ou qui, sans être dépendant, en abuse
régulièrement, quelle que soit la catégorie de permis sollicitée
".
L'objectif de ce décret est
de mettre en évidence le risque lié à la consommation de stupéfiants
en intégrant les résultats dans une étude épidémiologique
de 2 ans, sous contrôle de l'Observatoire des Drogues et Toxicomanies.
Le dépistage de stupéfiants est
plus complexe que celui de l'alcool. En effet, les substances
sont diverses, leur prise en association, les concentrations
sériques et organiques sont faibles, la sensibilité des tests
est variable, la vitesse d'élimination des stupéfiants également
et enfin, les effets varient d'un sujet à l'autre. Ces éléments
ont justifié une grand précaution dans les modalités de la
mise en œuvre de la loi.
Dans un premier temps, seuls
les accidents mortels justifieront de ce dépistage : un test
urinaire par kit de tests immunométriques déterminera la consommation
d'opiacés, de cannabis, d'amphétamines ou de cocaïne. En cas
de positivité, une analyse sanguine précisera l'ancienneté
de la consommation, sa positivité entraînera la recherche
de médicaments psychoactifs, au grand regret de Bernard Kouchner
qui l'aurait volontiers intégrée dans le bilan initial. Ces
examens seront fait ou en milieu hospitalier d'urgence type
UPATOU, ou chez le généraliste le plus proche. Le kit urinaire
coûte 180 francs, le sanguin 1400 et la recherche de médicaments
psychoactifs 1600, auxquels il convient de rajouter les honoraires
médicaux. La dépense globale sur les deux ans prévus est de
20 millions de francs, pris en charge, pour la plus grand
partie, par la CNAM.
Monsieur Kouchner espère que
cette première démarche, et surtout les résultats de l'enquête
épidémiologique auront un rôle dissuasif sur les plus jeunes
face au plus grand problème de santé publique de ces dernières
années que représentent les accidents de la voie publique.
La mise en place d'une pédagogie du risque est une urgence.
Il est par ailleurs, vraisemblable que des sanctions judiciaires
codifiées soient ensuite mises en place, comme elles le sont
pour l'alcoolémie actuellement.
Docteur Françoise GIRARD
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