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Hépatite
C : Transmission nosocomiale, état de santé et devenir des
personnes atteintes
INSERM
Paris, le 26 juin 2003
En France, environ un pour cent de la population adulte –
500 000 à 650 000 personnes – porte des anticorps dirigés
contre le virus de l'hépatite C (VHC). La majorité des personnes
qui possèdent ces anticorps sont porteuses du VHC et sont
ou seront, affectées d'une hépatite chronique, compliquée
d'une cirrhose dans 0,5 à 30 % des cas. La cirrhose constitue
elle-même un facteur de risque de cancer hépatocellulaire
(5 à 15 % des cirrhoses à 5 ans).
Jusqu'en 1991, la transfusion
sanguine était le principal mode de contamination. Sa sécurisation
a considérablement réduit le risque résiduel, mais ses effets
ne sont pas encore visibles en terme de prévalence. En outre,
de nombreuses personnes contaminées voici plus d'une décennie
sont encore dans la phase silencieuse de la maladie et ignorent
leur statut sérologique. Les travaux de modélisation de l'épidémie
tendent à montrer que la mortalité par cancer hépatocellulaire
va s'accroître dans les années à venir. Par ailleurs, de nouvelles
contaminations surviennent, principalement chez les usagers
de drogue injecteurs, et la transmission résiduelle en milieu
de soins mobilise également l'attention. Le nombre de nouveaux
cas est sans doute en diminution du fait d'un renforcement
des mesures de d'hygiène, mais il reste impossible à chiffrer.
Ce risque doit néanmoins être évalué afin d'améliorer la prévention.
La Direction générale de la
santé (DGS), dans le cadre du plan national de lutte contre
l'hépatite C, a souhaité interroger l'Inserm à travers la
procédure d'expertise collective pour recueillir des données
et recommandations sur deux aspects cruciaux :
• l'évaluation des risques
de contamination nosocomiale afin de prévenir ces contaminations
et d'aider à la recherche d'imputabilité d'une infection à
des produits sanguins ou à un acte médical.
• l'évolution de l'épidémie,
l'état de santé, la qualité de vie et le devenir des personnes
atteintes.
L'Inserm a coordonné le travail
d'un groupe pluridisciplinaire d'experts rassemblant médecins
et chercheurs en hépatologie, virologie, épidémiologie et
biostatistique, économie et santé publique, pour répondre
à cette demande. Les experts recommandent :
- Afin de connaître et réduire
le risque nosocomial : le renforcement du dispositif de recueil
des données sur les infections nosocomiales ; des enquêtes
de pratiques dans certains secteurs à risque (anesthésie)
mais également en dentisterie, piercing, tatouage… ;
la formation des personnels soignants dans tous les domaines
à risque de transmission et en particulier dans les centres
d'hémodialyse.
- Pour rechercher une imputabilité
: des enquêtes de traçabilité ; des études épidémiologiques
sur les risques ; une formation des acteurs des secteurs social,
sanitaire et juridique.
- Pour une meilleure prise
en charge de chacune des personnes infectées : une évaluation
du stade de sa maladie ; une recherche des facteurs de progression
vers la cirrhose ; des conseils de vie ; une prise en compte
des manifestations extra-hépatiques et de la qualité de vie.
- Pour améliorer les connaissances
sur les facteurs prédictifs d'évolution : des études de cohortes
de patients atteints de lésions hépatiques à différents stades
; le développement de tests simples non invasifs d'évaluation
de la fibrose (transformation fibreuse du tissu hépatique).
- Afin d'éclairer la décision
en santé publique : la mise au point de modèles prévisionnels
de l'épidémie intégrant les données au fur et à mesure de
leur disponibilité ; des études médico-économiques des nouvelles
modalités de prises en charge des patients en tenant compte
des coûts indirects, de la qualité de vie et des dispositions
à payer.
-
Maîtriser le risque de
transmission nosocomiale
La transfusion de sang ou de
produits dérivés du sang a joué un rôle majeur dans la diffusion
du virus de l'hépatite C jusqu'en 1990. Les mesures prises
entre 1985 et 2001 pour sécuriser le don du sang ont permis
aujourd'hui de quasiment rayer la transfusion de la liste
des causes d'hépatite C. Pour 2002, le risque transfusionnel
est estimé à une hépatite pour 6 650 000 dons.
La transmission nosocomiale
non transfusionnelle a également joué un rôle important dans
le développement de l'infection en raison de l'utilisation
de seringues en verre et d'aiguilles non jetables jusqu'en
1970 voire plus tard, d'une désinfection parfois insuffisante
du matériel médicochirurgical et de la réutilisation de matériel
jetable avant les recommandations de la DGS
Calendrier des mesures concernant
le matériel médical
|
Années
|
Mesures
prises
|
|
1994
|
Utilisation de dispositifs médicaux à usage unique |
|
1996
|
Recommandations pour la désinfection des endoscopes |
|
1997
|
Recommandations pour la stérilisation des dispositifs
médicaux dans les établissements de santé |
|
1999
|
Circulaire relative à la prévention de la transmission
des agents infectieux véhiculés par le sang ou d'autres
liquides biologiques lors de soins |
En 2001, une étude des séroconversions
chez des donneurs de sang a suggéré une association entre
l'infection par le VHC et des antécédents d'hospitalisation
et d'actes médicochirurgicaux. Cette étude, bien que peu représentative,
a relevé une exposition nosocomiale chez 33 % des sujets (18
% par actes invasifs et 15 % par chirurgie).
Infections par le VHC : facteurs
de risque mesurés chez 112 donneurs de sang testés VHC (+)
entre 1994 et 2000 (d'après Pillonel et Laperche, 2001)
|
Facteur
de risque potentiel
|
Pourcentage
des séroconversions
|
Usage de drogue intraveineux |
20
|
Actes invasifs |
18
|
Chirurgie |
15
|
Exposition professionnelle |
5
|
Partenaire VHC (+) |
10
|
Tatouage |
1
|
Inconnu |
30
|
Chez les patients pris en charge
dans les structures hospitalières (ayant développé une maladie
après une contamination 10 ou 20 ans auparavant), l'exposition
nosocomiale, hors transfusion, est un facteur de contamination
pour 15 % d'entre eux.
Malgré le renforcement des
mesures de sécurité pour les procédures de stérilisation et
de désinfection des dispositifs médicaux, des poches de contamination
persistent.
Les patients hémodialysés constituent
une population à haut risque. L'incidence annuelle (nombre
de nouveaux cas) de l'infection est estimée actuellement à
0,5 % dans les pays industrialisés. La contamination est favorisée,
à travers les actes de soins, par la proximité physique entre
les patients infectés et les patients non infectés. Le risque
semble persister malgré le respect des règles d'hygiène universelles.
C'est pourquoi les experts préconisent une surveillance biologique
afin d'identifier rapidement les nouveaux cas et de prendre
des mesures correctives. Ils demandent également que soit
évalué l'intérêt de l'organisation de séances d'hémodialyse
effectuées séparément selon que les patients sont porteurs
ou non du virus.
Les interventions chirurgicales
et les actes d'endoscopie sont potentiellement à risque de
transmission, souvent du fait d'un déficit d'application des
règles d'hygiène universelles.
Quatre études cas-témoins,
dont trois françaises, ont évalué le risque lié à l'endoscopie.
Un facteur de risque variant de 1,23 à 8,5 selon les études
et le type d'acte (avec ou sans biopsie) a été mis en évidence.
Le risque potentiellement lié à l'endoscopie peut également
être associé à la pratique de l'anesthésie, par réutilisation
du même matériel d'un malade à l'autre.
Des antécédents chirurgicaux
sont en outre identifiés comme facteurs indépendants de risque
d'infection (variant de 1,36 à 12,1 selon le type de chirurgie)
dans ces mêmes études cas-témoins. La chirurgie uro-génitale
et gynécologique présente les risques les plus élevés. D'autres
travaux signalent également des risques associés à des soins
plus habituels (soins de pédicure, d'ulcères cutanés, acupuncture…).
Quant à la transmission entre
soignants et patients, elle reste un événement rare, dont
la fréquence ne peut être estimée que par des modélisations.
En considérant qu'un chirurgien effectue 500 actes par an,
on situe la probabilité annuelle qu'il transmette le VHC à
un patient entre 0,04 % et 0,37 %. Dans le sens inverse, deux
études françaises évaluent la probabilité de contamination
d'un chirurgien par un patient entre 0,01 à 1,9 % par an.
Former à la recherche et
à l'évaluation d'imputabilité
Les données d'évaluation du
risque fournies par l'approche épidémiologique sont précieuses
pour évaluer l'imputabilité à un acte médical de l'infection
par le VHC constatée chez un patient. Le calcul est néanmoins
complexe et doit tenir compte des caractéristiques du patient
(âge, maladie sous-jacente…), de la nature de l'acte
de soins, de sa fréquence, du lieu de l'acte, de l'évaluation
du risque en fonction de la date présumée de la contamination.
Il nécessite de faire appel à des personnes formées à ce type
de démarche.
Le problème est beaucoup plus
simple lorsque l'infection est observée après un acte de soins
unique, chez un patient ayant une sérologie virale négative
avant l'acte, et que l'on retrouve l'origine de la contamination
après enquête. Cette situation est cependant très rare.
Mieux connaître l'évolution
de l'épidémie
Compte tenu de l'ensemble des
mesures prises pour contrôler les transmissions transfusionnelles
(dosage d'enzymes hépatiques, détection d'anticorps anti-VHC
et du génome viral dans les dons de sang…) et nosocomiales
(matériel à usage unique, recommandations de désinfection
et de respect des règles universelles d'hygiène), on peut
estimer que l'incidence a diminué dans les pays industrialisés
depuis le début des années 1990. Ainsi, les hépatites post-transfusionnelles
ont quasiment disparu en 10 ans, passant d'une incidence de
2,4 % en 1990 à 0,2 % en 1995. Aujourd'hui, l'incidence est
de moins d'une hépatite par an.
Globalement, la diminution
de l'incidence de l'infection virale Ca été estimée à 80 %
aux Etats-Unis et à 40 % en France. Cependant, l'influence
de la diminution de l'incidence sur la prévalence de l'infection
n'est pas connue à ce jour. La prévalence de l'infection (recherche
des anticorps anti-VHC) a été estimée à 1,15 % d'après une
enquête réalisée en 1994 chez les assurés sociaux volontaires
pour un examen de santé dans quatre régions françaises. Une
nouvelle enquête menée dans les mêmes conditions et dont les
résultats seront prochainement publiés devrait permettre de
connaître la tendance évolutive de la prévalence sur une période
de 10 ans.
Par modélisation, la confrontation
des données d'incidence et de prévalence permet de suggérer
une diminution globale de la prévalence à partir de 1995.
Mais le nombre de patients infectés depuis plus de 20 ans
continuera d'augmenter jusqu'en 2010-2020. De même, le nombre
de malades atteints de cirrhose semble augmenter d'année en
année, constituant une lourde charge pour les établissements
de soins.
Une augmentation du nombre
de cancers hépatocellulaires, ainsi que du nombre de décès
liés au VHC, est attendue jusqu'en 2030 d'après le modèle
français. L'impact des thérapeutiques sera cependant déterminant.
Les pratiques actuelles de traitement sont insuffisantes pour
avoir un impact sur la morbidité et la mortalité dans les
vingt prochaines années. En effet, actuellement le traitement
ne concerne qu'une minorité de patients (tous ne sont pas
candidats au traitement et tous ne sont pas dépistés). D'autre
part, le traitement n'est efficace aujourd'hui que chez un
patient sur deux. Les simulations montrent qu'un traitement
efficace couvrant 50 % de la population au stade d'hépatite
chronique et un traitement efficace couvrant tous les nouveaux
patients atteints de cirrhose auraient chacun un impact sur
la morbidité et la mortalité attendues dans ces populations.
L'efficacité des traitements et une prise en charge plus large
seraient susceptibles d'atténuer cette tendance à l'augmentation.
Morbidité et mortalité liées
au VHC prédites pour 2002 et pour 2022 (d'après Deuffic-Burban,
2003)
| |
Année
2002
|
Année
2022
|
Nombre de personnes
infectées
|
478 000
(467 000-540 000)
|
282 000
(257 000-366 000)
|
Nombre de personnes
au stade d'hépatite chronique C
|
431 000
(404 000-493 000)
|
234 000
(200 000-307 000)
|
Nombre de personnes
au stade de cirrhose
|
|
|
Nombre de personnes
au stade de cancer hépatocellulaire
|
|
|
Nombre annuel de décès
liés au VHC
|
|
|
Définir l'état de santé
des personnes infectées selon le stade de la maladie
L'amélioration de la connaissance
de l'histoire naturelle de l'infection par le VHC permet d'identifier
quatre groupes de malades (correspondant à quatre stades de
l'infection). La gravité de l'hépatite est liée au risque
d'évolution vers la cirrhose, dont les complications sont
les principales causes de décès. Le diagnostic de cirrhose
est actuellement fondé sur l'histologie hépatique, nécessitant
une ponction-biopsie hépatique, qui reste l'examen de référence.
Le groupe d'experts recommande de tester la validité et la
fiabilité des nouvelles méthodes non invasives qui permettraient
d'évaluer le degré de fibrose.
-
Quatre groupes de malades
identifiés selon la sévérité des lésions hépatiques
I : Sérologie VHC
positive et absence confirmée du génome viral dans
le sérum ; pas de lésions histologiques hépatiques
significatives : ces sujets sont guéris.
II : Infection chronique,
mais lésions hépatiques minimes et absence de facteurs
favorisant la progression de la fibrose. Il est
peu probable qu'un traitement antiviral modifie
significativement l'espérance de vie à court ou
moyen terme de ces malades. Souvent jeunes, ils
peuvent avoir des troubles psychologiques et une
altération de la qualité de vie qui doivent être
pris en considération.
III : Lésions hépatiques
significatives sans cirrhose constituée et/ou facteurs
de risque d'aggravation des lésions. Ces patients
correspondent actuellement à l'indication privilégiée
du traitement. L'abstinence d'alcool, la réduction
de l'excès de poids et la prise en charge optimisée
pourra réduire le risque de lésions hépatiques sévères,
surtout une cirrhose.
IV : Cirrhose : ces
patients sont menacés à court terme de complications
graves et de décès.
|
Plusieurs facteurs aggravants
de la maladie hépatique sont désormais clairement identifiés.
Parmi les facteurs liés à l'hôte, plus l'âge est élevé (supérieur
à 40 ans) au moment de la contamination, plus le risque de
progression vers la fibrose est grand. Les femmes ont dans
l'ensemble une progression de la fibrose plus lente que les
hommes, peut-être par un effet inhibiteur des œstrogènes
sur la fibrogenèse. Surpoids, diabète et hyperlipidémie accroissent
le risque de progression de la fibrose (ce risque semble confirmé
par l'effet bénéfique des mesures diététiques, et notamment
de l'amaigrissement). Des facteurs génétiques ou immunogénétiques
sont en outre suspectés d'influencer le cours de la maladie.
Parmi les facteurs liés à l'environnement,
la consommation d'alcool ainsi que la coinfection par d'autres
virus, notamment le virus de l'hépatite B et surtout le VIH
(comme les autres causes d'immunodépression), favorisent la
progression de la fibrose.
Concernant les facteurs liés
au virus, certaines études suggèrent un effet néfaste du génotype
1b par rapport à d'autres génotypes et de la virémie quantitative
(reflet de la multiplication virale et de la charge virale
intra-hépatiques) : ils pourraient influencer la sévérité
de la maladie.
Le groupe d'experts recommande
d'adapter la prise en charge et le suivi de chaque patient
selon le stade de sa maladie et les éventuels cofacteurs d'aggravation
: suivi régulier pour les personnes présentant des lésions
minimes sans facteur favorisant leur progression ; recommandations
de traitement et d'hygiène de vie (pas de consommation d'alcool,
pas d'excès de poids) pour les patients présentant des lésions
significatives avec ou sans cirrhose constituée ; prise en
charge des patients ayant une cirrhose constituée; accès rapide
à la transplantation en cas d'insuffisance ou de cancer hépatocellulaire.
Le groupe d'experts attire l'attention sur la nécessité d'impliquer
le secteur libéral dans la prise en charge, notamment thérapeutique,
des patients.
Personnaliser la prise en
charge en tenant compte de la qualité de vie
Il est difficile de modéliser
pour un patient donné l'évolution de son infection. Les données
nécessaires manquent pour le faire. C'est pourquoi le groupe
d'experts recommande de mettre en place des cohortes pour
étudier les facteurs prédictifs de progression de la maladie
ainsi que leurs interactions.
L'évaluation de la qualité
de vie peut contribuer à la décision thérapeutique, aux côtés
de données plus classiques comme la gravité de l'hépatite,
les facteurs objectifs de réussite du traitement, la gestion
des effets indésirables.
L'impact des manifestations
hépatiques et non hépatiques sur la qualité de vie est appréciée
par le médecin plus souvent de manière intuitive que par l'utilisation
d'indicateurs standardisés de qualité de vie. Il existe cependant
de nombreux instruments (questionnaires génériques ou spécifiques)
qui permettent des évaluations objectives prenant en compte
le point de vue des patients.
Symptômes exprimés chez 100
malades, indicateur spécifique de Montpellier (d'après Rémy
et coll., 1999)
|
Symptômes
|
Fréquence
(%)
|
Symptômes
|
Fréquence
(%)
|
|
|
75
|
|
37
|
|
|
48
|
|
37
|
|
|
45
|
|
34
|
|
|
43
|
|
33
|
|
|
39
|
|
28
|
|
|
38
|
Gêne dans la vie quotidienne
|
14
|
|
|
38
|
 |
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Pour définir la qualité de vie
d'une personne ayant une hépatite chronique, le groupe d'experts
recommande de tenir compte : du point de vue du patient, recueilli
grâce à l'utilisation de questionnaires de qualité de vie ;
de son état général et des comorbidités ; de l'asthénie et de
l'expression clinique des manifestations extra-hépatiques ;
du traitement antiviral ; des caractéristiques sociodémographiques
du patient (âge, sexe, niveau d'éducation…). Cette prise
en charge peut être effectuée par les soignants du secteur libéral
comme par ceux du secteur hospitalier, à condition de les former,
en particulier au maniement des outils standardisés de mesure
de qualité de vie prenant en compte la dimension psychologique
(anxiété, capacité à faire face…).
Cependant, l'analyse précise
des déterminants des modifications de la qualité de vie est
loin d'être achevée. Il apparaît ainsi nécessaire de développer
et de systématiser l'étude de la qualité de vie des personnes
atteintes et d'améliorer les protocoles et les outils d'évaluation.
Développer des recherches
- Perfectionner les techniques de désinfection
Malgré l'efficacité reconnue
des procédures d'hygiène recommandées par la DGS, il serait
utile de disposer de techniques de désinfection efficaces
avec un protocole plus court, notamment en ce qui concerne
les endoscopes.
- évaluer le risque lié à l'hémodialyse
L'incidence actuelle, l'efficacité
d'un traitement au stade aigu de la maladie, de même qu'une
organisation de soins séparant patients infectés et non infectés
(en particulier dans des situations d'urgence ou d'activité
intense), gagneraient à être évaluées, y compris à l'aide
de modèles mathématiques.
- Rechercher les relations
causales entre le VHC et les manifestations extra-hépatiques
De nombreuses manifestations
extra-hépatiques non spécifiques sont décrites dans l'hépatite
chronique virale C mais leur éventuel lien de cause à effet
avec le virus, difficile à prouver, nécessite de nouvelle
recherches.
- Améliorer les protocoles
et les outils d'évaluation de la qualité de vie
Cette expertise a souligné
l'intérêt de mesurer la qualité de vie des sujets infectés
par le VHC. Cependant, des études qualitatives reposant sur
des effectifs suffisants et représentatifs de la population
seraient profitables.
- évaluer les aspects médico-économiques
des nouvelles modalités de prises en charge des patients
Les évaluations économiques
des programmes de dépistage et de traitement de l'infection
par le VHC, qu'elles soient françaises ou étrangères, montrent
certaines limites. Le groupe d'experts recommande d'intégrer
dans les études les données récentes, les coûts indirects
et futurs liés au dépistage et la prise en charge, une mesure
appropriée de la qualité de vie et la disposition à payer
au niveau individuel ou collectif.
- Développer des nouveaux modèles
mathématiques prévisionnels
La modélisation mathématique
est une approche utile lorsque les données disponibles sont
insuffisantes. Le groupe d'experts souligne la valeur des
simulations pour évaluer la dynamique de l'épidémie et ses
conséquences futures, tout en préconisant la mise à jour des
modèles au fur et à mesure que paraissent de nouvelles données.
Qu'est-ce que l'expertise
collective ?
L'expertise collective Inserm fait le point, dans
un domaine précis, sur les connaissances scientifiques
et médicales. Pour répondre à une question posée par
les pouvoirs publics ou le secteur privé, l'Inserm
réunit un groupe pluridisciplinaire d'experts composé
de scientifiques et de médecins. Ces experts rassemblent
et analysent la littérature scientifique internationale
(plus de 600 articles pour cette expertise collective)
et en font une synthèse. Des lignes de force sont
dégagées et des recommandations sont ensuite élaborées
afin d'aider le demandeur dans sa prise de décision.
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Qui a réalisé cette expertise ?
- Les experts
. Jean-Pierre BRONOWICKI, Service d'Hépato-Gastro-Entérologie,
CHU de Nancy
. Jean-Pierre DAURèS, Laboratoire d'Epidémiologie et de Biostatistique,
Institut universitaire de Recherche clinique, Montpellier
. Sylvie DEUFFIC-BURBAN, Centre de recherches économiques, sociologiques
et de gestion, Université catholique de Lille
. Daniel DHUMEAUX, Service d'Hépato-Gastro-Entérologie, Hôpital
Henri Mondor, Créteil
. Jacques IZOPET, Laboratoire de Virologie, Hôpital de Purpan,
Toulouse
. Alain LEPLèGE, EA 2494, UFR Cochin-Port Royal, Université
Paris V
. Sandrine LOUBIèRE, Epidémiologie et Sciences sociales, Inserm
U 379, Marseille
. Stanislas POL, Inserm U 370 - Unité d'Hépatologie, Hôpital
Necker, Paris
. André Jean RéMY, Service d'Hépato-Gastro-Entérologie, Centre
hospitalier de Perpignan
. Françoise ROUDOT-THORAVAL, Service de Santé publique, Hôpital
Henri Mondor, Créteil
. Louis-Rachid SALMI, Institut fédératif de recherche de Santé
publique, Université Victor Segalen, Bordeaux
. Jean-Claude TRINCHET, Service d'Hépato-Gastro-Entérologie,
Hôpital Jean Verdier, Bondy
. Yazdan YAZDANPANAH, Service des Maladies infectieuses et du
voyageur, Centre hospitalier de Tourcoing
- La coordination scientifique
Centre d'expertise collective de l'Inserm, Paris, sous la responsabilité
de Jeanne ETIEMBLE
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