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Une nouvelle
méthode d’IRM pour mieux diagnostiquer les tumeurs cérébrales
CNRS
Paris, le 23 avril 2003
Distinguer gliomatoses cérébrales, tumeurs primitives du système
nerveux central de très mauvais pronostic, et gliomes de bas
grade, tumeurs d’évolution plus favorable, paraît pour la
première fois possible. Les chercheurs du Centre de résonance
magnétique biologique et médicale (CRMBM) du CNRS (CNRS -
Université de la Méditerranée, CHU de Marseille Timone) dirigé
par Patrick Cozzone , ont en effet démontré l’apport de la
spectrométrie par résonance magnétique (SRM) dans le diagnostic
de ces maladies. Ce travail illustre les perspectives considérables
de cette nouvelle méthode d’IRM dans le diagnostic et la conduite
thérapeutique des pathologies cérébrales en général (sclérose
en plaques, démences, accidents vasculaires cérébraux, encéphalopathies
de l’enfant, épilepsies,…).
Les gliomes, tumeurs cérébrales les plus fréquentes, constituent
un groupe hétérogène de tumeurs de gravité variable. La gliomatose
cérébrale (GC) est un type de tumeur de pronostic particulièrement
mauvais : la survie moyenne des patients est inférieure à
un an. Son diagnostic était jusqu’à présent difficile du vivant
du malade car ni l’IRM conventionnelle, ni même la biopsie
cérébrale (exploration diagnostique particulièrement lourde)
ne permettent de la différencier d’autres gliomes, les gliomes
dits de bas grade (LGG), de bien meilleur pronostic et dont
la survie peut dépasser 10 ans.
La spectrométrie par résonance magnétique (SRM) est une méthode
d’exploration non invasive du cerveau. Elle peut être réalisée
au cours d’un examen d’IRM conventionnel, et permet d’établir
un profil métabolique du tissu étudié.
Les chercheurs du CRMBM ont étudié les profils obtenus par
SRM de 9 patients atteints de gliomatose cérébrale et les
ont comparés à ceux de 9 patients atteints de gliomes de bas
grade et de 25 volontaires sains. Ils ont démontré que le
profil métabolique de la gliomatose est radicalement différent
de celui de gliomes de bas grade : une analyse multivariée
permet de séparer clairement ces 2 populations. Ce profil
métabolique, particulier par rapport à celui des autres types
de tumeurs cérébrales, a été confirmé par l’analyse d’une
base de données concernant une centaine de tumeurs cérébrales
explorées par SRM au CRMBM.
Il est ainsi devenu possible de porter un diagnostic objectif
de gliomatose du vivant du patient, et d’adapter en conséquence
la stratégie thérapeutique.
Ce résultat original ouvre de nouveaux horizons sur le mécanisme
de cette maladie, et devrait faciliter l’élaboration de protocoles
thérapeutiques mieux ciblés. De plus, il permet l’entrée en
pratique clinique d’un nouveau type d’imagerie métabolique
cérébrale par résonance magnétique qui peut se pratiquer sur
la plupart des appareils d’IRM, et ouvre de grandes perspectives
dans le diagnostic et la conduite thérapeutique de nombreuses
pathologies cérébrales.
Référence : Journal of Neurosurgery / Volume 98 / Février
2003
1 En collaboration avec l’Unité de neuro-oncologie (Dr Chinot)
et le Service de neuropathologie (Pr. Figarella-Branger) de
l’hôpital Timone.
2 Imagerie par résonance magnétique.

©CRMBM, UMR CNRS 6612, Marseille
Différenciation des gliomes cérébraux (GC) et des gliomes
de bas grade (LGG) par SRM.
Les images anatomiques obtenues en IRM (clichés supérieurs)
ne permettent pas de diagnostic différenciel. Ce sont les
images métaboliques (clichés inférieurs) qui séparent les
2 types de tumeurs.
Patient atteint de GC : augmentation modérée de la
choline (Cho, marqueur de prolifération cellulaire) et élévation
de la créatine (Cr, marqueur de la glie normale), conduisant
à une diminution du rapport Cho/Cr, par rapport à un patient
sain.
Patient atteint de LGG : concentration élevée de choline,
concentration normale ou diminuée de créatine, conduisant
à une augmentation du rapport Cho/Cr au sein de la tumeur.
En étudiant un rapport de métabolites qui subit des variations
opposées en cas de GC ou de LGG, les différences métaboliques
entre les deux tumeurs sont mises en évidence, permettant
ainsi leur caractérisation par une simple inspection visuelle
des couleurs des images métaboliques.
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