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Expertise
d’un nouveau procédé pour lutter contre les légionelles dans
les réseaux d’eau
Ministère Délégué à
la Santé
5 Avril 2002
Suite à différentes allégations parues récemment dans la presse,
le ministère de la santé tient à apporter les précisions suivantes
:
Afin de protéger la santé des consommateurs d’eau, une réglementation
nouvellement rénovée (décret du 20/12/2001) fixe les limites
maximales de qualité dans l’eau et des prescriptions techniques
pour toute la chaîne de distribution d’eau. Dans ce cadre,
tous les procédés et produits de traitement de l’eau doivent
être autorisés par le ministre chargé de la santé après avis
de l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments).
Le chlore, le peroxyde d’hydrogène et le dioxyde de chlore
sont ainsi autorisés pour être injectés dans les réseaux d’eau
pour éliminer les légionelles.
Deux sociétés ont déposé en mars 2000 au ministère de la santé
des dossiers d’agrément d’un procédé utilisant le cuivre et
l’argent par ionisation pour lutter contre les légionelles.
L’AFSSA, chargée d’expertiser ces dossiers, a rendu trois
avis sur ces dossiers (2 avril, 16 juillet, 21 décembre 2001).
Pour l’un de ces dossiers, l’avis a été défavorable dans la
mesure où le dossier technique qui notamment ne précisait
pas les circuits soumis aux essais ni le protocole de vérification,
n’apportait pas les garanties d’efficacité et de sécurité
requises pour un agrément. Pour l’autre dossier, l’avis rendu
en décembre 2001 est favorable à la réalisation d’un essai
et demande que soit proposé un site adapté aux conditions
d’expérimentation. La société n’a pas été en mesure à ce jour
de proposer un tel site. Dans les deux cas, l’AFSSA a souhaité
disposer d’informations sur les risques d’altération des matériaux
des canalisations. Ce problème s’était posé avec d’autres
procédés dans plusieurs cas.
Pour éliminer correctement les légionelles, il serait nécessaire,
selon ce procédé, d’injecter de l’argent et du cuivre à des
concentrations parfois supérieures à ce que permet la réglementation
actuelle française basée sur la réglementation européenne
(décret du 3 janvier 1989 et directive du 15 juillet 1980).
Cette réglementation devrait évoluer, mais elle reste en vigueur
jusqu’au 24 décembre 2003.
Par ailleurs, les dossiers transmis font également état de
l’utilisation de ce procédé dans plusieurs pays. Cependant,
certains documents joints aux dossiers soulèvent des questions
sur les facteurs qui peuvent réduire l’efficacité réelle du
dispositif en fonction de la diversité des réseaux d’eau.
C’est pourquoi, il est nécessaire de tester spécifiquement
son efficacité et son innocuité en France pour tenir compte
des conditions locales (nature des matériaux des canalisations
utilisées en France, diversité des compositions chimiques
de l’eau : pH, teneurs en minéraux et en chlore, …).
Le ministère de la santé rappelle enfin l’existence de procédés,
produits et méthodes autorisés et efficaces qui permettent
de limiter la prolifération de légionelles dans les installations
d’eau. Ces procédés, produits et méthodes sont décrits dans
le rapport du CSHPF paru en novembre 2001 et relatif à la
gestion du risque lié aux légionelles (www.sante.gouv.fr).
Le ministère de la santé suit avec attention ce dossier pour
que des expérimentations du procédé cuivre-argent puissent
être menées dans des conditions permettant de garantir la
sécurité des consommateurs d’eau.
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