Les mardis de l'Académie, Mai 2002

Académie Nationale de Médecine
Mai 2002


7 mai

Sur l’épidémiologie de la cryptosporidiose humaine
Jacques EUZéBY membre de l’Académie nationale de médecine

L’émergence de la cryptosporidiose dans l’océan de la pathologie a suscité nombre de travaux. Nous proposons une synthèse de ceux qui ont étudié l’épidémiologie de la maladie : caractères des parasites, espèces et génotypes isolés chez l’Homme, modalités de la dissémination des éléments infectants et de la contamination, réceptivité et sensibilité des personnes exposées au risque. De cette étude, ressortent des mesures de prophylaxie.


Résultats français de l’enzymothérapie substitutive dans la maladie de Gaucher
Gérard SCHAISON, Isabelle GAUBEL, Nadia BELMATOUG, Thierry BILLETTE de VILLEMEUR et Jean-Marie SAUDUBRAY
Service de Pédiatrie à Orientation hématologique Hôpital Saint-Louis Paris

La maladie de Gaucher est une affection génétique de transmission autosomique récessive liée à un déficit partiel en ß glucocérébrosidase lysosomale. Le déficit enzymatique entraîne l’accumulation de glucocérébrosides dans les macrophages du foie, de la rate et de la moelle osseuse, avec apparition d’un hypersplénisme. Les patients atteints de maladie de Gaucher ont été classés en 3 types. Le type I est le plus fréquent, les troubles neurologiques sont l’apanage des types II et III. L’enzymothérapie avec une glucocérébrosidase extraite du placenta (cérédase) ou fabriquée par recombinaison génétique (cérézyme) est active dans les types I et représente le traitement de référence administré à plusieurs milliers de malades dans le monde. L’enzymothérapie permet d’éviter la transplantation médullaire et a pratiquement éliminé la nécessité de la splénectomie. Nous rapportons ici les résultats de l’étude française qui intéresse 108 patients de type I, adultes et enfants. La dose initiale est de 30 à 60 U/kg administrée tous les 15 jours. La fatigue, les manifestations viscérales ou hématologiques sont très améliorées chez les patients atteints de forme grave. Les améliorations osseuses sont beaucoup plus lentes à apparaître. Chez l’enfant, les symptômes sont d’autant plus sévères que la maladie se révèle tôt, justifiant un traitement précoce avant l’apparition de dommages irréversibles. L’enzymothérapie est inefficace dans le type II. Il est possible que les dégâts neurologiques dans le type III soient améliorés par le traitement enzymatique. La maladie de Gaucher est aussi une excellente candidate pour la thérapie génique.


14 mai

Le diagnostic génétique préimplantatoire : premier bilan du groupe parisien
René FRYDMAN Service de Gynécologie-Obstétrique, Hôpital Antoine Béclère – Clamart Gérard TACHDJIAN, Nelly ACHOUR-FRYDMAN Pierre RAY, Serge ROMANA, Samir HAMAMAH, Sabine MARCADET-FREDET, Violaine KERBRAT, Renato FANCHIN, Jacques KADOCH, Tania ATTIE, M. LELORC’H, Michel VEKEMANS, Arnold MUNNICH
Le travail rapporte l’expérience parisienne du diagnostic génétique préimplantatoire (DPI). 59 couples ont été pris en charge de janvier 2000 à juillet 2001 au cours de 71 cycles. Les ovocytes recueillis ont été inséminés par injection intracytoplasmique de spermatozoïde et les embryons biopsiés au troisième jour de leur développement. L’analyse génétique a été effectuée le jour de la biopsie et la majorité des transferts embryonnaires ont eu lieu le quatrième jour post fécondation. Au cours des 71 cycles, 872 ovocytes ont été recueillis dont 731 étaient compatibles avec une injection intracytoplasmique de spermatozoïde. Parmi les 505 embryons obtenus, 421 ont été biopsiés et un résultat génétique a été obtenu pour 312 (74 %) d’entre eux. 127 embryons ont été transférés au cours de 58 transferts. 18 grossesses biologiques et 12 cliniques ont été obtenues (7 uniques, 4 gémellaires et une triple). 16 enfants sont nés. Le DPI prend désormais sa place parmi les choix proposés aux couples à risque de transmission d’une maladie génétique de particulière gravité et incurable au moment du diagnostica

Information
L’évolution de l’imagerie médicale en 2001
par Jean-Daniel PICARD, membre de l’Académie nationale de médecine.


28 mai

Le traitement de l’azoospermie excrétoire. La chirurgie face à la biologie
Michel COGNAT (correspondant de l’Académie nationale de médecine Centre Fertily, Clinique de Monplaisir – Lyon Jean François GUERIN, Bertrand KEPPI, Sylvia PILIKIAN

L’azoospermie excrétoire relève d’une stratégie thérapeutique qui est aujourd’hui très efficace, comportant deux modalités d’action complémentaires, très différentes à la fois dans leur conception et leur réalisation pratique. La chirurgie de reperméabilisation du tractus séminal est la méthode ancienne, aux résultats bien connus, validés et reproductibles aux conditions d’une technique opératoire sophistiquée impliquant la microchirurgie. L’introduction récente de l’assistance biologique à la procréation, d’efficacité régulièrement croissante, offre d’ores et déjà des possibilités de traitement complémentaires, voire opposables à ceux de la chirurgie dans certaines situations, au-delà des seules contre-indications opératoires. L’évolution de la stratégie thérapeutique est analysée selon les données de notre expérience personnelle et de la littérature.


Résultats français de l’enzymothérapie substitutive dans la maladie de Gaucher
Gérard SCHAISON, Isabelle GAUBEL, Nadia BELMATOUG, Thierry BILLETTE de VILLEMEUR et Jean-Marie SAUDUBRAY Service de Pédiatrie à Orientation hématologique Hôpital Saint-Louis Paris

L’objectif de cette revue est de souligner la multiplicité et l’importance physiologique et pathologique des niveaux de régulation de l’expression des gènes qui interviennent postérieurement à l’étape d’initiation de la transcription. Celle-ci n’est en effet que le premier pas, certes décisif, d’une longue cascade d’évènements de régulation qui vont aboutir à la production sélective des messagers fonctionnels appropriés à la nature des cellules et à leurs besoins instantanés. Au travers de ce long parcours, dont seules quelques étapes seront étudiées ici, elle s’attachera à souligner le rôle central de l’ARN, non seulement comme substrat mais comme acteur de sa propre régulation. L’accent sera mis sur les liens très nombreux existant avec la pathologie et jusqu’aux développements thérapeutiques dont l’ARN pourrait être la cible privilégiée. Enfin, elle aura cherché à montrer la pérennité des questions fondamentales posées depuis presque un demi-siècle et pour lesquelles la génomique aura fourni, à défaut de concepts nouveaux, la base de données et les outils indispensables pour entrer dans l’immense champ de la génomique fonctionnelle, seule capable d’apporter des réponses exploitables en thérapeutique.

 
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