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Méningites
bactériennes en Afrique Institut Pasteur, 18 septembre 2002 A la suite de missions au Sahel, l'Institut Pasteur et l'AMP* ont mis en évidence l'émergence d'un nouveau variant de méningocoque (W135) qui semble se répandre dans la "ceinture africaine de la méningite". Inquiets de cette situation, ils se sont engagés, en collaboration avec des centres de recherche en Afrique, dans un programme recherche-action de 5 ans. * Association pour l'Aide à la Médecine Préventive Des épidémies de plus en plus fréquentes Les méningites bactériennes aiguës de l'enfant et de l'adulte sévissent dans le monde entier et sont majoritairement dues à trois espèces bactériennes: Neisseria meningitidis, Streptococcus pneumoniae, et Haemophilus influenzae type b. Ce sont des infections curables par antibiothérapie et des vaccins efficaces permettent de prévenir nombre d'entre elles, lorsque le diagnostic étiologique est convenablement établi. Le risque épidémique majeur est dû au méningocoque (N. meningitidis) dont 5 sérogroupes, A, B, C, Y et W135, sont les plus fréquemment incriminés dans les infections invasives transmissibles. En Afrique, notamment dans
les pays dits de la " ceinture de la méningite " (zone sub-saharienne
qui s'étend de l'Ethiopie au Sénégal), des épidémies surviennent
de manière cyclique chaque année (avec des épidémies de grande
envergure tous les 8-12 ans). Cependant, depuis une dizaine
d'années on assiste à une fréquence accrue des épidémies et
à une extension hors des limites traditionnelles de la " ceinture
de la méningite ". Depuis 1995, près de 500 000 cas ont été
recensés avec une mortalité de 10% à 15%. Une menace nouvelle : le variant W135 La première évidence du potentiel épidémique de N. meningitidis W135 est apparue en mars 2000, lorsque des pèlerins de la Mecque, vaccinés contre les méningocoques A et C, puis leurs contacts proches, non vaccinés, ont été atteints (Taha M.K et al. J Clin Microbiol , 2002). Les souches W135 identifiées appartenaient à un nouveau clone épidémique qui connaît depuis une expansion mondiale. En Afrique, des cas sporadiques
de méningites à méningocoques W135 ont été rapportés dès 1982.
Ils n'étaient pas incriminés dans des épidémies. L'émergence de N. meningitidis W135 en tant que nouveau variant de méningocoque à potentiel épidémique pose le problème de l'adéquation des stratégies de vaccination. Pour répondre à ce problème, il est indispensable et urgent de renforcer des systèmes de surveillance épidémiologique et d'analyse étiologique des agents infectieux responsables des situations épidémiques mais aussi inter-épidémiques. La surveillance épidémiologique des agents de méningites exige des techniques de diagnostic microbiologique infaillibles, spécifiques et transférables (exactement reproductibles) d'un laboratoire à l'autre. Les techniques de la biologie moléculaire découlant des recherches de l'Institut Pasteur permettent de réaliser de tels diagnostics. Elles pallient aux défaillances du diagnostic par culture, notamment dans le contexte de populations éloignées du laboratoire et lors de la prise précoce d'antibiotiques. Un programme sur 5 ans Dans ce contexte, l'Institut Pasteur et l'AMP, et des centres de recherche au Niger, et au Burkina Faso, se sont associés pour mettre en œuvre un programme de 5 ans d'appui à la recherche et à la lutte contre les épidémies de méningites à méningocoques. Les objectifs de ce programme visent à : - soutenir et améliorer les
capacités de surveillance épidémiologique et microbiologique
des méningites en transférant les techniques de biologie moléculaire
dans des laboratoires de recherche nationaux des pays concernés,
avec une procédure d'assurance-qualité réalisée à l'Institut
Pasteur - identifier et valider de
nouveaux indicateurs microbiologiques pour une détection précoce
des épidémies de méningite La seconde phase du programme est un projet de recherche multidisciplinaire africain. Elle inclut des études microbiologiques (diagnostic, typages et pathogénie moléculaires), des études sur l'immunité des populations et l'impact des vaccinations, la recherche de facteurs de prédisposition génétique et de cofacteurs environnementaux, notamment climatiques. La connaissance approfondie des différents facteurs intervenant dans le processus épidémique (l'agent responsable, l'hôte, et son environnement) sera précieuse pour déterminer les choix stratégiques de lutte et de prévention pour aboutir à l'élimination des épidémies dans la " ceinture africaine de la méningite ".
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