|
Point d'information
Hormone MPA
AFSSA
15 juillet 2002
La MPA, ou MedroxyProgestérone
Acétate, (en français, acétate de médroxyprogestérone) est
une hormone de synthèse de la famille des progestatifs. Elle
a donc, tout comme la progestérone qui est l'hormone naturelle
de la gestation une action essentiellement contraceptive mais
elle est également légèrement anabolisante.
L'utilisation de la MPA en tant que médicament progestatif
chez la femme et les animaux domestiques n'est plus ou est
encore autorisée, selon les législations nationales.
La MPA présente des analogies de structure et d'activité avec
la MGA ou MelenGestrol Acétate, qui est une hormone utilisée
en élevage dans certains pays tiers (non membre de l'Union
Européenne) en particulier aux Etats-Unis. Cette utilisation
a notamment pour but d'éviter que les génisses d'élevage n'entrent
en chaleur; par ailleurs, la MGA présente également des propriétés
anabolisantes. Il faut noter que ces deux hormones présentent
la particularité d'exprimer leurs effets aussi bien après
injection qu'après ingestion, par exemple si elles sont administrées
aux animaux avec leur nourriture.
L'Union Européenne interdit l'usage de toute substance hormonale
à effet oestrogène, androgène ou gestagène en tant qu'activateur
de croissance en élevage quelle que soit la forme d'administration
(ingestion, implant ou additif alimentaire) (directive 96/22).
Leur utilisation à cette fin constitue donc une fraude. Les
principaux dangers pour la santé humaine évoqués pour justifier
cette interdiction, sont ceux d'une augmentation possible
du taux de certains cancers en particulier dans le cas des
oestrogènes) et des problèmes de fécondité liés, d'une manière
générale, à la consommation d'aliments riches en hormones.
Parmi les divers groupes à risque, les enfants pré pubères
constituent une population préoccupante en raison de leur
sensibilité particulière à l'apport d'hormone. Des effets
génétiques, immunologiques, neurologiques et génotoxiques
peuvent également être envisagés pour l'ensemble des substances
oestrogène,androgène et gestagène.
Dans ce cadre général et dans un contexte de contamination
accidentelle, l'ingestion d'aliments contaminés avec des substances
hormonales telles que la MPA qui présentent essentiellement
des activités progestatives, ne semble pas exposer le consommateur
à un risque sanitaire particulier: dans la mesure où cette
ingestion reste occasionnelle et si les concentrations résiduelles
dans les viandes d'animaux contaminés restent extrêmement
faibles en comparaison des doses qui sont utilisées dans les
préparations à visée médicamenteuse.
Cependant, l'Afssa :
- rappelle les conclusions de son rapport sur « l'alimentation
animale et la sécurité sanitaire des aliments » qui mettaient
l'accent sur l'importance du renforcement des dispositifs
destinés à éviter l'introduction frauduleuse de substances
indésirables dans "alimentation animale (rapport Afssa -juillet
2000)
- vérifiera du point de vue de l'évaluation des risques, que
l'ensemble des données qui seront disponibles sur cet épisode
de contamination ne conduit pas à mettre en évidence un risque
particulier.
- considère que, plus généralement, la question de l'évaluation
des risques liés aux perturbateurs endocriniens justifie une
étude d'ensemble que l'Agence se propose d'inscrire à son
programme de travail.
|