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L'OMS engage
les pays à adopter de nouveaux antipaludiques non résistants
OMS
Genève
25 avril 2002
Dans l'action qu'ils mènent pour combattre le paludisme et
pour atteindre le but déclaré, à savoir sauver d'ici à 2010
la vie de la moitié des 800 000 jeunes enfants victimes chaque
année de cette maladie, les Etats africains ont, entre autres
tâches difficiles, celle d'interrompre la hausse des niveaux
de pharmacorésistance.
Les médicaments les plus économiques et les plus faciles à
se procurer sont de moins en moins efficaces. C'est pourquoi
l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans son programme
Faire reculer le paludisme, invite instamment les pays à adopter
un nouveau type d'association médicamenteuse lorsque tout
porte à croire que les médicaments classiques existants ne
fonctionnent plus.
Les nouvelles associations thérapeutiques à base d'artémisinine
(ACT), dérivées en partie d'une plante chinoise, sont les
antipaludiques les plus prometteurs. Elles éliminent le parasite
du paludisme très rapidement, grâce à quoi le malade récupère
vite, en provoquant très peu d'effets secondaires.
Les ACT associent deux médicaments qui agissent différemment,
ce qui réduit le risque de résistance du parasite du paludisme
- devenu rapidement résistant aux monothérapies - à ces associations
médicamenteuses.
L'OMS vient d'ajouter l'une de ces associations médicamenteuses
(artéméther/lumefantrine) à sa liste des médicaments essentiels
- liste des médicaments essentiels prioritaires pour les pays.*
Ce médicament, connu sous son nom de marque Coartem, est le
seul qui associe dans un même comprimé un composé de l'artémisinine
et un autre composé. L'OMS recommande également, là où ces
médicaments demeurent efficaces, l'utilisation d'autres associations
de composés d'artémisinine et de médicaments actuellement
utilisés tels que l'amodiaquine ou la sulfadoxine-pyriméthanine.
Le Fond mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et
le paludisme, réuni à New York, est convenu de financer des
actions proposées pour "Faire reculer le paludisme" à Zanzibar
et en Zambie, et notamment l'achat et l'utilisation progressive
des nouvelles ACT.
"Nous espérons que le Fond et d'autres mécanismes de financement
seront utilisés pour acheter des ACT là où elles sont nécessaires
pour traiter le paludisme et améliorer la lutte contre la
maladie dans les communautés à risque," a déclaré le Dr Gro
Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS. "L'OMS s'est
efforcée, en collaboration avec divers partenaires, dont les
fabricants, de réduire le prix des ACT dans les pays en développement.
Il est important que les pays qui en ont besoin puissent se
les procurer et les utiliser durablement."
Pendant des décennies, l'antipaludique le plus connu a été
la chloroquine, médicament peu coûteux qui a sauvé des millions
de vies. Ces dernières années, cependant, le parasite du paludisme
est devenu résistant à la chloroquine, qui n'est donc plus
efficace dans de nombreux pays. Dans de nombreux pays d'Afrique
orientale, centrale et australe, on observe déjà des niveaux
de résistance élevés à la chloroquine, et cette résistance
est aussi de plus en plus fréquente en Afrique occidentale.
C'est pourquoi de nombreux pays ont adopté comme traitement
de première intention la sulphadoxine-pyriméthamine, connue
sous le nom de SP ou "Fandisar". Cependant, la résistance
à la SP gagne aussi du terrain.
Des données nouvelles indiquent que le nombre des décès d'enfants
dus au paludisme a commencé à augmenter par suite de l'inefficacité
et de la mauvaise qualité des médicaments. Des données récentes
indiquent également que, sous l'effet des niveaux de pharmacorésistance
croissants, près de la moitié de l'argent consacré aux antipaludiques
sert à payer des traitements inadaptés. Cela montre aussi
qu'il importe de privilégier davantage la prévention du paludisme,
et de recourir à des mesures économiques d'une efficacité
avérée comme les moustiquaires imprégnées d'insecticides.
Il faut du temps pour modifier une politique pharmaceutique
et introduire les changements. Il faut trouver de nouvelles
sources de produits et de financement, former du personnel
et mettre en place des canaux de distribution. A mesure que
des pays plus nombreux commencent à utiliser ces nouvelles
associations thérapeutiques, on s'attend à ce que leur production
augmente en réponse à la demande. Des informations supplémentaires
sur l'innocuité de ces médicaments pour des groupes à risque
comme les nourrissons et les femmes enceintes devront être
publiées. Et il faudra améliorer le conditionnement de ces
médicaments pour aider à faire en sorte que les malades observent
le traitement dans sa totalité.
L'OMS recommande que les pays entament cette transition dès
que les niveaux de résistance dépassent 15% et que le changement
soit opéré avant que la résistance n'atteigne 25%.
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