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L’OMS prend
des mesures importantes pour rendre le traitement contre le
VIH plus accessible
OMS
22 avril 2002
L’OMS annonce des directives thérapeutiques et une liste
de médicaments anti-SIDA
Dans le cadre d’un effort décisif pour renforcer la lutte
contre le SIDA dans les pays en développement, l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS) a annoncé aujourd’hui la parution
des premières directives thérapeutiques pour le traitement
du VIH/SIDA dans des environnements pauvres. Parallèlement,
l’OMS a approuvé l’inclusion de médicaments anti-SIDA dans
sa liste des médicaments essentiels. Il s’agit d’une grande
avancée dans une approche globale du problème du SIDA «de
la prévention jusqu’aux soins » qui pourrait contribuer à
élargir considérablement l’accès au traitement au cours des
prochaines années.
L’OMS estime que près de six millions de personnes vivant
avec le VIH/SIDA n’ont toujours pas accès à des soins et à
un soutien appropriés, y compris aux antirétroviraux. Actuellement,
moins de 5 % des personnes qui ont besoin d’un traitement
ont accès à ces médicaments dans les pays en développement.
L’OMS estime qu’au moins trois millions de personnes ayant
besoin de soins devraient pouvoir se procurer les médicaments
voulus d’ici 2005 – ce qui veut dire que leur nombre serait
multiplié par plus de dix.
L’OMS considère qu’un accès plus large à un traitement sûr
et pratique est un élément important de la stratégie globale
de lutte contre le VIH/SIDA. Cette stratégie combine la prévention,
l’amélioration de diagnostic et la prestation de soins efficaces,
ces trois éléments devant se renforcer mutuellement.
« Les nouvelles directives thérapeutiques et le classement
des antirétroviraux dans les médicaments essentiels constituent
des étapes cruciales dans la lutte contre la pandémie de SIDA.
Ils devraient encourager aussi bien les gouvernements des
pays industrialisés que ceux des pays en développement à rendre
le traitement contre le VIH plus largement accessible » a
déclaré le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de
l’OMS.
Les nouvelles directives proposent une approche pratique,
standardisée et simplifiée du traitement par les antirétroviraux.
Elles fournissent un guide pour utiliser rationnellement les
médicaments antitrétroviraux de manière à générer moins d’effets
secondaires et de pharmacorésistance et à faire en sorte que
ces médicaments soient mieux tolérés. Il s’agit de mettre
à la disposition des malades du SIDA des associations médicamenteuses
appropriées qui leur permettront de vivre plus longtemps et
de mener une vie plus productive. Ces directives rendront
aussi la formation des agents de santé plus facile et les
antirétroviraux plus simples à utiliser.
Une composante majeure de la stratégie de l’OMS visant à élargir
l’accès aux soins et au traitement dans les pays pauvres est
l’inclusion des antirétroviraux dans la liste des médicaments
essentiels de l’Organisation. Parmi ces médicaments figurent
la névirapine et la zidovudine – précédemment recommandées
pour la prévention de la transmission mère-enfant mais aujourd’hui
préconisées pour le traitement du VIH chez les adultes et
les enfants. Les nouveaux médicaments inclus dans la liste
sont l’abacavir, la didanosine, l’éfavirenz, l’indinavir,
la lamivudine, le lopinavir; le nelfinavir, le ritonavir à
faible dose, le saquinavir et la stavudine. Lorqu’ils sont
utilisés efficacement dans les associations recommandées,
les antirétroviraux augmentent l’éspèrance de vie et améliorent
la qualité de la vie des personnes infectées par le VIH. La
décision d’ajouter les antirétroviraux à la liste fait suite
à une recommandation du Comité d’experts de l’utilisation
des médicaments essentiels, un groupe d’experts indépendant
réuni par l’OMS. Elle se fonde sur une analyse rigoureuse
des données actuelles concernant l’efficacité des antirétroviraux
dans les pays en développement, qui montre que ces médicaments
peuvent être utilisés de manière sûre et efficace dans les
environnements pauvres. Les sélections effectuées par le Comité
permettent de choisir entre différentes associations de plusieurs
médicaments, dont beaucoup sont aujourd’hui d’un coût de plus
en plus abordable dans les pays en développement.
« La désignation des antirétroviraux comme des médicaments
essentiels et le protocole thérapeutique mis au point devraient
aider les gouvernements nationaux et les institutions de soins
de santé à sélectionner le traitement approprié pour les personnes
atteintes du SIDA » explique le Professeur Joan-Ramon Laporte,
Président du Comité d’experts. « Cela contribuera aussi à
faciliter la formation des professionnels de la santé, l’information
des patients, la surveillance du résultat des traitements
et l’obtention du remboursement de ces médicaments par les
systèmes d’assurance-maladie ».
La première liste modèle de médicaments essentiels a été publiée
par l’OMS en 1977 et a été réactualisée depuis tous les deux
ans. Elle doit servir d’exemple aux pays pour mettre au point
leur propre liste de médicaments essentiels en fonction de
leurs besoins de santé prioritaires. A la fin de 1999, 156
Etats Membres de l’OMS avaient des listes officielles de médicaments
essentiels ; 127 d’entre elles avaient été réactualisées au
cours des cinq années précédentes.
« Les directives concernant le traitement par antirétroviraux
formulées par l’OMS aideront beaucoup les gouvernements et
les programmes nationaux de lutte contre le SIDA à offrir
aux personnes vivant avec le VIH/SIDA un accès plus large
à ces médicaments salvateurs », a déclaré le Dr Peter Piot,
Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « L’inclusion des antirétroviraux
dans la liste OMS des médicaments essentiels, qui était réclamée
depuis longtemps, encouragera les gouvernements des pays lourdement
touchés à accroître encore la distribution de ces médicaments
vitaux à ceux qui en ont besoin. ».
Depuis la notification du premier cas de SIDA il y a plus
de vingt ans, plus de 20 millions de personnes sont mortes
des suites d’une infection à VIH. D’après les estimations
actuelles, 40 millions de personnes dans le monde seraient
infectées par le VIH et plus de 90 % d’entre elles vivraient
dans les pays en développement. En 2001, 5 millions de personnes
dans le monde ont été infectées par le VIH, et 3 millions
d’autres sont mortes de causes liées au VIH/SIDA.
Si elle n’est pas traitée, l’infection à VIH reste dormante
pendant une période de trois à dix ans durant laquelle la
personne infectée demeure en relativement bonne santé. Mais
une fois que le malade a développé des symptômes ou le SIDA,
s’il n’a pas accès à un traitement antirétroviral, la mort
survient dans un délai moyen de deux ans.
Dans les pays à revenu élevé, on estime que 1,5 million de
personnes vivent avec le VIH, pour beaucoup de manière productive,
grâce à la généralisation de la thérapie antirétrovirale.
Aux Etats-Unis d’Amérique, l’introduction de la trithérapie
antirétrovirale en 1996 s’est traduite par une diminution
de 70 % des décès attribuables au VIH/SIDA.
Les directives pour le développement de la thérapie antirétrovirale
et la liste modèle de médicaments essentiels de l’OMS pour
2002 peuvent être consultées sur le site Web de l’OMS à l’adresse
: http://www.who.int/
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