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L'ordonnance
de simplification en matière sanitaire
Un outil pour la mise en oeuvre du plan Hôpital 2007
Ministère de la Santé
Paris, le 3 septembre 2003
L’ordonnance de simplification en matière sanitaire présentée
au Conseil des ministres du 3 septembre 2003 constitue une
étape importante pour la mise en œuvre du plan Hôpital 2007,
qui vise à redonner aux établissements hospitaliers publics
et privés confiance en leur avenir et fierté dans leur métier
au service des Français.
Notre système hospitalier, malgré la confiance qu'il inspire
toujours aux Français, est confronté au défi de son adaptation
permanente aux changements de techniques et de pratiques médicales,
à l’évolution de la demande des patients et aux mutations
permanentes de la société. Le phénomène de la canicule l’a
dramatiquement illustré. La recomposition et la modernisation
de l'offre hospitalière doivent s'effectuer plus rapidement.
Cette ordonnance comprend quatre mesures primordiales.
1. Renforcement du rôle des directeurs des Agences régionales
de l'hospitalisation, interlocuteurs privilégiés des responsables
des établissements de santé
Pour assurer plus de cohérence au système, différentes mesures
transfèrent aux directeurs des Agences régionales de l'hospitalisation
des compétences résiduelles détenues par le préfet en matière
hospitalière. C’est le cas par exemple pour la suspension,
en cas d'urgence et de danger grave, du droit d'exercer des
médecins exerçant dans un établissement de santé. L’Agence
régionale de l’hospitalisation se voit également reconnaître
un pouvoir de contrôle sur le fonctionnement des établissements
de santé, sans préjudice des pouvoirs de police générale des
Préfets, en cas de crise notamment.
2. Simplification de l'organisation sanitaire, facilitation
des coopérations entre établissements
Hérité des années 1970, le dispositif de planification sanitaire
est devenu complexe, rigide et insuffisamment efficace.
Il repose actuellement sur la combinaison de trois instruments
principaux, le Schéma régional d'organisation sanitaire (SROS),
la carte sanitaire et les autorisations, ce qui rend la planification
de l'offre hospitalière compliquée et peu lisible.
Ainsi, aujourd'hui, les autorisations sont délivrées pour
des durées différentes selon leur nature : les activités de
soins (obstétrique, chirurgie spécialisée, soins de suite…)
pour 5 ans, les équipements lourds (scanner, IRM) pour 7 ans
et les installations (lits de médecine, de chirurgie, d'obstétrique,
de psychiatrie ou de soins de suite) pour 10 ans. L’objectif
de l’ordonnance est de simplifier les outils de planification,
le régime des autorisations des activités de soins et les
formes de coopération.
S’agissant de la planification, la carte sanitaire est supprimée.
Le Schéma d’organisation sanitaire devient ainsi l’outil unique
de planification, centré sur la prise en compte des besoins
de santé et les caractéristiques épidémiologiques propres
à chaque région.
La dimension territoriale du SROS est également plus affirmée
et le secteur sanitaire est remplacé par la notion de « territoire
de santé ». Ce « territoire » est délimité par l'ARH en tenant
compte de la nature des activités de soins, pour une plus
grande souplesse dans la démarche de planification et selon
la « bonne » approche géographique par activité, qu’elle soit
infra-départementale, interdépartementale, ou interrégionale.
Le régime des autorisations est considérablement simplifié
: la notion d’autorisation d’activité se substitue aux trois
types d’autorisations antérieurs (matériel lourd, installation,
activité). Délivrée sur la base du schéma et des conditions
techniques de fonctionnement, cette autorisation est désormais
renouvelée de manière tacite tous les cinq ans. Elle est complétée
par le Contrat d’objectifs et de moyens (COM), signé entre
l’ARH et chaque établissement qui comporte désormais des objectifs
quantifiés par activité.
Le Groupement de coopération sanitaire (GCS) devient l’outil
de référence en matière de recomposition hospitalière pour
faciliter, améliorer et développer ces coopérations entre
établissements. Ouvert aux professionnels libéraux et aux
établissements médico-sociaux, le GCS peut désormais réaliser
ou gérer des équipements d’intérêt commun, y compris des plateaux
techniques, comme des blocs opératoires, des services d’imagerie
médicale ou des pharmacies à usage intérieur. Le groupement
peut également constituer un réseau de santé pour améliorer
la prise en charge des patients, en cas de pathologie chronique
par exemple.
3. Accélération des investissements immobiliers des établissements
de santé
Il s’agit d’un appui fondamental au plan de relance exceptionnel
de 6 milliards d’uros sur 5 ans du plan Hôpital 2007. L’ordonnance
permet aux collectivités territoriales de réaliser des opérations
immobilières pour le compte des hôpitaux, y compris sur leur
domaine public par le biais d’un bail emphytéotique.
Elle permet également de passer des marchés globaux de conception,
réalisation et maintenance, pour les investissements immobiliers
et d’équipements ; elle étend enfin le champ d’intervention
des SEML (Sociétés d’économie mixte locale), des sociétés
et offices d’HLM et des OPAC (Offices publics d’aménagement
et de construction en matière de conception), à la conception,
la construction, l’entretien, la maintenance ou la gestion,
d’équipements hospitaliers ou médico-sociaux pour le compte
d’un hôpital.
Ces mesures sont de nature à accélérer les opérations de modernisation
indispensables dans le secteur hospitalier. Bien entendu,
ces opérations immobilières devront être conformes aux Schémas
d’organisation sanitaire et soumises à l'approbation préalables
du directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation. 4.
Simplification des formalités d’enregistrement des professionnels
de santé
Lors de l’installation de ces professionnels, l'enregistrement
auprès des services de l'Etat est supprimé dès 2004, grâce
à la création d'un répertoire partagé des professions de santé
entre l'Etat, les ordres professionnels et l'assurance maladie.
Cette ordonnance, très attendue par les professionnels hospitaliers,
constitue une étape importante dans la mise en œuvre du plan
Hôpital 2007.
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