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Une lueur
d’espoir pour les parkinsoniens dans le traitement des dyskinésies
CNRS
Paris, le 15 mai 2003
Les dyskinésies sont des anomalies motrices particulièrement
invalidantes qui apparaissent très fréquemment chez les patients
parkinsoniens traités à la L-dopa, un des principaux traitements
disponibles. Deux équipes françaises (CNRS et INSERM), associées
à une équipe allemande, proposent un nouveau traitement de
ces dyskinésies induites par la L-dopa. C’est une molécule
appelée BP897, qui agirait en normalisant l’activité de récepteurs
à la dopamine particuliers : les récepteurs D3. Des travaux
qui devraient, à terme, améliorer la qualité de vie des personnes
atteintes de la maladie de Parkinson. La publication de ces
résultats est d’ores et déjà accessible sur le site internet
de la revue Nature Medicine, à l’adresse http: // www.nature.com/nm.
La L-dopa, précurseur de la dopamine, constitue actuellement
le médicament le plus utilisé dans le traitement de la maladie
de Parkinson. Mais ce traitement reste néanmoins très insatisfaisant
en raison de ses effets secondaires importants. Parmi eux,
et non des moindres, les dyskinésies, qui se traduisent notamment
par l’émergence progressive de mouvements involontaires, lents
et incontrôlés, des tremblements, une rigidité et des troubles
de la démarche. Les patients ainsi traités voient donc bien
disparaître leurs symptômes parkinsoniens mais connaissent
de plus en plus de difficultés à rester debout voire même
assis.
Le Laboratoire de physiologie et de physiopathologie de la
signalisation cellulaire (CNRS- Université Bordeaux 2) (E.Bezard,
Th. Boraud et C.E. Gross) et l’unité neurobiologie et pharmacologie
moléculaire de l’INSERM, dirigée par Pierre Sokoloff, viennent
de découvrir, chez l’animal, qu’un récepteur particulier à
la dopamine, le récepteur D3 contribuerait à l’apparition
de ces dyskinésies. Ce résultat ouvre ainsi la voie à une
nouvelle perspective thérapeutique.
Cependant, par leurs travaux publiés dans Nature Medicine,
les auteurs montrent qu’en réalité le récepteur D3 participe
non seulement à l’induction des dyskinésies mais aussi à la
diminution des symptômes parkinsoniens induits par la L-dopa.
Comment alors résoudre le problème apparemment délicat de
supprimer les uns sans favoriser la réapparition des autres?
Les chercheurs ont trouvé la solution, grâce à une molécule
aux propriétés particulières: le BP897. Le BP897 est un agoniste
partiel sélectif du récepteur D3 ; en cela il agit comme un
agent « stabilisateur », c'est-à-dire permettant de maintenir
la stimulation du récepteur D3 à un niveau contrôlé.
Le résultat est frappant : Les singes parkinsoniens traités
avec une combinaison de L- dopa et de BP897 voient bien disparaître
leurs dyskinésies, sans pour autant voir réapparaître leurs
symptômes parkinsoniens.
Des études cliniques demandent maintenant à être menées chez
des patients dyskinétiques pour tester la validité de ces
résultats chez l’homme. Dès à présent, le modèle expérimental
choisi, qui reproduit quasi parfaitement la symptomatologie
humaine, tend à suggérer que cette molécule BP 897 pourrait
être un candidat sérieux pour lutter contre la dyskinésie.
Ceci constituerait alors un moyen de corriger cet effet secondaire
particulièrement invalidant de la maladie de Parkinson qui
touche 100 000 personnes en France.
Références :
ATTENUATION OF LEVODOPA-INDUCED DYSKINESIA BY NORMALIZING
DOPAMINE D3 RECEPTOR FUNCTION
NATURE MEDICINE, PUBLICATION EN LIGNE LE 12 MAI 2003 ; DOI
10.1038/NM875
ERWAN BEZARD, SANDRINE FERRY, ULRICH MACH, HOLGER STARK, LUDOVIC
LERICHE, THOMAS BORAUD, CHRISTIAN GROSS AND PIERRE SOKOLOFF
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