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Maladie de Parkinson
: les effets de la stimulation cérébrale haute fréquence sur les
neurones enfin dévoilés
CNRS, INSERM
Le 28 octobre 2003
La stimulation cérébrale profonde est utilisée avec succès depuis
une dizaine d’années dans le traitement de la maladie de Parkinson.
Ses mécanismes d’action demeuraient inconnus, les enregistrements
électrophysiologiques disponibles jusqu’alors étant brouillés
par des artefacts de stimulation*. Des équipes du CNRS et de l’INSERM
ont mis au point un système permettant la suppression de ces artefacts,
rendant ainsi possible la compréhension des effets de ces stimulations
sur l’activité des neurones.
Les détails des résultats sont disponibles en ligne sur le site
du Journal of Neuroscience.
La stimulation à haute fréquence du noyau subthalamique, une zone
particulière du cerveau, a été appliquée pour la première fois
en 1993 chez le singe rendu parkinsonien par le MPTP (toxine qui
détruit les neurones dopaminergiques), dans le laboratoire physiologie
et physiopathologie de la signalisation cellulaire du CNRS (UMR
CNRS 5543 à Bordeaux). Alim Benabid (Directeur Unité Inserm 318
« Neurosciences précliniques », Grenoble), a transféré avec succès
la technique à l’homme. La stimulation continue, à 130 Hz, du
noyau subthalamique, produit des effets bénéfiques spectaculaires
dans les formes sévères de maladie de Parkinson. De cette stimulation
résulte en effet une atténuation considérable de l’akinésie et
de la rigidité, signes essentiels de la maladie de Parkinson.
Son utilisation s’est ensuite étendue au traitement des dystonies
généralisées (Philippe Coubes, Montpellier). La stimulation haute
fréquence est par ailleurs en cours d’essai pour les troubles
obsessionnels compulsifs.
Cependant, ses mécanismes d’action restaient totalement inconnus
avant les travaux publiés aujourd’hui par les équipes du laboratoire
Physiologie et physiopathologie de la signalisation cellulaire
(CNRS – Université de Bordeaux 2) et de l’institut de neurobiologie
de la méditerranée de l’INSERM (Marseille).
Ces deux équipes ont réussi à enregistrer les effets de la stimulation
haute fréquence sur une préparation in vitro de noyau subthalamique
en supprimant les artéfacts à l’aide d’un système électronique.
Ainsi, les effets propres de la stimulation haute fréquence sur
l’activité neuronale, ont pu être élucidés.
Constance Hammond (Inserm), Liliana Garcia (CNRS) et leurs collègues
ont répondu pour la première fois à la question majeure que pose
cette stimulation : pourquoi n’est-elle efficace qu’à des fréquences
supérieures à 80-100 Hz ?
Les observations des équipes du CNRS et de l’INSERM permettent
de conclure que la stimulation haute fréquence a deux effets :
elle « efface » l’activité pathologique des neurones subthalamiques
et la remplace par l’activité dictée par la stimulation. Ces deux
effets ne sont présents, ensemble, que pour des fréquences de
stimulation supérieures à 80 Hz.
Cette publication intervient dans un contexte international où
deux hypothèses s’affrontaient : pour de nombreux scientifiques,
la stimulation réduisait les neurones au silence (théorie de l’inhibition).
Pour d’autres, au contraire elle activait les neurones. Ces nouveaux
résultats démontrent en fait que ces deux effets co-existent mais
seulement aux fréquences comprises entre 80 et 100 Hz, c’est-à-dire
des fréquences de stimulation utilisées jusqu’alors de façon empirique
en thérapeutique.
Références :
“Dual effect of high-frequency stimulation on subthalamic neuron
activity “
Garcia L, Audin J, D'Alessandro G, Bioulac B, Hammond C.
J Neurosci. 2003, 23 (25):8743-51.
* artefact de stimulation : phénomène
parasite faussant le tracé d’un appareil enregistreur, dû ici
à la stimulation électrique.
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