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Pédiatrie
menacée, Enfants en danger
Groupement des pédiatres
de la Gironde
Bordeaux, le 9 avril 2002
Toute menace de dégradation
et de raréfaction de la pédiatrie constitue un danger majeur
pour la santé de l'enfant. C'est la raison pour laquelle le
Groupement des Pédiatres de la Gironde, soutenu par l'ensemble
des pédiatres aquitains, souhaite alerter l'opinion ainsi
que les pouvoirs publics sur la menace réelle de disparition
de leur profession. Depuis près d'un mois, les pédiatres libéraux
sont en grève en maternité. Une démission a été décidée pour
le 17 avril en Aquitaine, si les négociations en cours entre
le SNPF (Syndicat National des Pédiatres Français) et les
pouvoirs publics ne présentent pas d'avancées significatives
à cette date.
"Surcharge de travail, manque de reconnaissance, très faibles
revenus : la situation du pédiatre ne cesse de s'aggraver
et explique en partie le vieillissement croissant de cette
population médicale en France" déclare Gérard Hamelin,
Président du Groupement girondin.
Une lettre ouverte, faisant état de ces revendications, a
été adressée le 8 avril au soir aux principaux candidats à
l'élection présidentielle, et notamment à Lionel Jospin à
l'occasion du meeting qu'il tiendra à Bordeaux le 11 avril
prochain.
LE CONSTAT
Des conditions d'exercice
difficiles :
Le temps de travail moyen d'un pédiatre est de 52 heures par
semaine, auquel s'ajoutent, pour la plupart, les temps d'astreinte
ou de gardes de jour comme de nuit sans repos compensateur.
De plus, l'angoisse générale et les exigences croissantes
des familles augmentent la pénibilité de l'exercice pédiatrique
et engagent très largement la responsabilité du pédiatre.
Une pénurie de pédiatres
:
Cette situation rend la profession peu attrayante aux yeux
des étudiants et explique l'insuffisance du nombre de pédiatres
en formation. Alors que former 200 pédiatres ne suffirait
pas à combler le déficit des postes prévisible en France d'ici
2015, seulement 165 l'ont été cette année, dont 6 en Gironde.
De plus, malgré les promesses ministérielles, aucun poste
pédiatrique supplémentaire n'a été créé en 2000, et seulement
17 l'ont été en 2001.
Les pédiatres ont les revenus
les plus faibles de tous les médecins :
De 14% inférieur à ceux des médecins généralistes et de 33%
inférieur au revenu moyen de l'ensemble des médecins, le revenu
net des pédiatres se situe 45 % en dessous du revenu moyen
de l'ensemble des spécialistes. Ceci s'explique notamment
par la longueur des consultations et le temps consacré aux
nombreuses astreintes qui limitent le nombre des prestations
médicales rémunérées.
Une position incohérente au vu de 12 ans de formation que
demande une spécialité difficile, soit une durée de 4 ans
supplémentaire à celle des généralistes et identique à celle
des autres spécialistes.
Un manque de reconnaissance
:
Le faible nombre des pédiatres dans le paysage médical français
diminue ses possibilités de reconnaissance :
- par ses confrères : la formation continue est gérée par
les médecins généralistes et les sujets pédiatriques sont
exceptionnels;
- par les pouvoirs publics et les syndicats pluri-catégoriels
: leurs revendications sont sous estimées, en particulier
la reconnaissance du statut de pédiatre comme un spécialiste
indispensable, la reconnaissance de l'acte pédiatrique comme
un acte spécifique et rétribué à sa juste valeur, ainsi que
le maintien de la démographie pédiatrique.
Vers une disparition de
la profession :
La population pédiatrique vieillit (âge moyen compris entre
48 et 52 ans selon les régions) : 6,6% des pédiatres ont moins
de 40 ans contre 10,2% de plus de 60 ans. Qu'adviendra-t-il
de la pédiatrie quand les 41% de pédiatres qui ont entre 40
et 50 ans prendront leur retraite ?
Une menace pour les enfants
:
La disparition de la pédiatrie constitue une menace lourde
pour la santé de l'enfant :
- manque de pédiatres dans les maternités pour assurer la
sécurité de la naissance,
- manque de pédiatres pour le suivi des enfants en libéral
et en médecine communautaire, (crèches, pmi…)
- manque de pédiatres pour les soins pédiatriques qui déborderont
alors l'hôpital,
- manque de pédiatres vacataires à l'hôpital où l'afflux des
patients augmentera en consultation et aux urgences,
- manque de pédiatres dans les institutions spécialisées pour
enfants porteurs de handicaps, - manque de pédiatres dans
les grandes zones non urbanisées,
- manque de pédiatres pour détecter les inadaptations sociales
Les attentes
Les pédiatres réclament auprès des pouvoirs publics :
- une vraie politique de santé pour l'enfant
- une augmentation du nombre de pédiatres en formation
- un tarif spécifique de consultation
- une revalorisation de la consultation et des actes d'urgence
- des astreintes de garde rémunérées de jour comme de nuit
"Exercée en ville ou
à l'hôpital, la pédiatrie n'est pas une spécialité comme les
autres; c'est un ensemble de compétences spécifiques appliquées
à une tranche d'âge allant de 0 à 15 ans. Dans cette tranche
d'âge, il existe de grandes différences selon l'âge considéré
: on ne soigne pas un nouveau-né à terme comme un prématuré
de 800 grammes, comme un enfant d'âge scolaire ou préscolaire,
ou encore comme un adolescent".
Professeur J.L.
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