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Médicaments psychotropes
: une étude de l’Assurance Maladie sur la consommation et les
pratiques de prescription
Assurance Maladie
6 Novembre 2003
La problématique
Les médicaments psychotropes, ensemble hétérogène de molécules
(cf.annexe), ont comme point commun de proposer une réponse chimique
à un trouble psychiatrique identifié. Les progrès obtenus ces
dernières années vont dans le sens d’une meilleure tolérance apparente.
Cette plus grande maniabilité peut faire courir le risque d’une
banalisation du recours à ces médicaments.
Selon le CREDES, les Français sont les plus grands consommateurs
de psychotropes en Europe. Plus de 150 millions de boites d’anxiolytiques,
d’hypnotiques, d’antidépresseurs et de neuroleptiques ont été
remboursées par l’Assurance Maladie en 2002 pour les assurés du
régime général (hors fonctionnaires et étudiants). Cette importante
consommation spécifique à la France constitue un enjeu majeur
de santé publique.
Une étude réalisée par l’Assurance Maladie dresse un portrait
des personnes qui se sont fait rembourser des psychotropes.
Les principaux résultats
Durant l’année de l’enquête (2000), près de 25% de la population
protégée par le régime général avait bénéficié au moins une fois
du remboursement d’une prescription de psychotropes1.
Les psychotropes les plus utilisés étaient les anxiolytiques (17,4%
de la population a bénéficié d’une prescription d’anxiolytiques
au moins une fois dans l’année) suivis des antidépresseurs (9,7%),
des hypnotiques (8,8%), des neuroleptiques (2,7%), des médicaments
utilisés dans la dépendance alcoolique (0,5%), du lithium (0,1%).
D’une façon générale, la prévalence et la fréquence des remboursements
de psychotropes augmentent avec l’âge. Elles sont également beaucoup
plus importantes pour les femmes que pour les hommes chez les
plus de 70 ans : 55% des femmes et 33% des hommes. Cette progression
aussi importante de la consommation avec l’âge est une donnée
récente (elle n’apparaît pas dans les études de 1994).
11% de la population protégée sont des utilisateurs réguliers
de psychotropes (plus de 4 remboursements par an). Plus précisément,
7% sont des consommateurs réguliers d’anxiolytiques, 4,9% d’antidépresseurs,
3,7% d’hypnotiques.
La majorité des personnes (64%) auxquelles sont remboursés des
psychotropes paie le ticket modérateur. Les personnes souffrant
d’une affection de longue durée, les personnes invalides, et dans
une moindre mesure, les personnes bénéficiaires de la CMU complémentaire
représente environ 36 % des consommateurs.
Au total, les ordonnances remboursées de psychotropes sont effectuées
dans 90 % des cas par un médecin généraliste. La part des psychiatres
dans les remboursements des psychotropes est 1 L’étude porte uniquement
sur les prescriptions de ville Le 6 novembre 2003 variable selon
les molécules : de 9,5 % pour les prescriptions d’anxiolytiques
à 48% pour le lithium utilisé dans le cas de maladies psychiatriques
spécifiques.
Quelques observations
Certains résultats suscitent des interrogations :
- la forte proportion de personnes se faisant rembourser des antidépresseurs
(9,7% de la population) alors que les études actuelles estiment
le nombre de personnes dépressives à environ 4,7% de la population.
- Le fort pourcentage de consommateurs réguliers d’anxiolytiques
et d’hypnotiques (40% des utilisateurs de ces deux médicaments
sont des consommateurs réguliers) n’est pas en adéquation avec
les recommandations médicales selon lesquelles ces traitements
doivent être occasionnels.
- A contrario, on doit s’interroger sur le fort pourcentage de
personnes se faisant rembourser de façon ponctuelle des antidépresseurs
(30%) alors qu’il s’agit d’un traitement de fond donc sur la durée.
La consommation est-elle réelle ? Le traitement est-il abandonné
au bout de quelques jours ?
L’augmentation de la consommation de psychotropes avec l’âge ne
repose sur aucune donnée médicale. Ce phénomène est en outre préoccupant
car le rôle des psychotropes est réel dans les chutes accidentelles
(on estime que les psychotropes sont responsables d’environ de
20 à 30 % des chutes des personnes âgées).
Ces médicaments peuvent également être à l’origine de troubles
confusionnels et nombre d’entre eux ont des effets secondaires
cardiaques connus ou potentiels.
D’autres résultats confirment les études médicales existantes.
En particulier les résultats concernant la consommation des médicaments
contre la dépendance à l’alcool qui concerne dans 66% des cas
des hommes et dans 20% des cas des bénéficiaires de la CMU complémentaire.
De nombreuses études ont montré une prévalence plus grande de
la dépendance de l’alcool parmi les hommes et les liens entre
précarité et dépendance alcoolique.
Comme pour le bon usage des antibiotiques, l’Assurance Maladie
souhaite travailler avec les médecins libéraux sur le thème des
psychotropes.
L’étude complète médicaments psychotropes : consommation et pratiques
de prescription en France métropolitaine. Données nationales,
2000 » est disponible sur le site internet de l’Assurance Maladie,
Ameli.fr, rubrique Connaître l’Assurance Maladie/Publications
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