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REMINYL,
une nouvelle avancée dans la prise en charge de la
Maladie d'Alzheimer
Conférence de presse
Paris le 13 septembre 2001
Pr J.M. Orgogozo - Dr M. Bourin - Dr C. Tessier
Rédacteur : Dr F. Girard
Près
de 25 millions de personnes sont aujourd'hui atteintes de
Maladie d'Alzheimer (MA) dans le monde, prévalence
et incidence de la maladie augmentent régulièrement
dans cette maladie reconnue comme la 4 ème cause de
mortalité dans les pays occidentaux et à laquelle
on reconnaît un delta de prise en charge de 10 ans.
La clinique associe un déficit mnésique, des
troubles de l'attention, une désorientation temporospatiale,
des difficultés d'apprentissage et de raisonnement,
une fatigue, voire un syndrome dépressif. Dans un second
temps apparaissent des troubles du comportement à type
d'impatience, d'agressivité, et même paranoïa
évoluant inexorablement vers une perte d'autonomie.
L'étiologie de la maladie est inconnue à ce
jour, mais des prédispositions familiales seraient
retrouvées dans de nombreux déficits cholinergiques.
Le traitement de la MA vise à stabiliser le déclin
des fonctions cognitives et à améliorer les
troubles comportementaux, et associe pour ce faire une prise
en charge psychologique et des traitements spécifiques
médicamenteux (hypnotiques, antipsychotiques, antiépileptiques).
Les thérapeutiques curatives ont été
jusqu'à présent basées sur les inhibiteurs
de l'acétylcholinestérase, permettant ainsi
un maintien du taux d'acétylcholine cérébral
normalisé. Il s'agissait de la tacrine, du donepezil
et de la rivastigmine. La galantamine est un inhibiteur de
l'acétyl cholinestérase d'un nouveau type car
elle exerce une action sur les récepteurs nicotiniques
et de fait, joue un rôle sur l'acétylcholine
et d'autres neurotransmetteurs. Son action s'étendrait
même jusque sur les plaques amyloïdes, dont elle
réduirait la formation.
La prise en charge de ces patients est un vériable
fardeau pour la famille qui est transformée en aidant
informel, soumis à une pression constante liée
à la surveillance continue que jutifient ces malades
lourds. L'évaluation de cette charge a été
conceptualisée par des outils et on remarque que ces
aidants sont plus dépressifs que la population moyenne,
consomment plus d'antidépresseurs et ce d'autant plus
que leurs patients en charge sont déments.
Sur le
plan pharmacologique, les récepteurs nicotiniques,
essentiellement présynaptiques, sont des éléments
clé de la transmission cholinergique, que ce soit à
la jonction neuro musculaire ou dans les différentes
synapses. Ils sont donc impliqués de fait dans des
fonctions cognitives complexes et variées telles que
l'attention, l'apprentissage, la mémoire, la douleur
ou le contrôle de l'activité locomotrice. Il
est aujourd'hui confirmé que la perte des récepteurs
nicotiniques est corrélée avec la sévérité
de la MA.
Ceci est d û à une diminution de la sensibilité
des récepteurs à l'AC qui perturbe, et la dépolarisation
post synaptique et la libération présynaptique
d'AC. Ces récepteurs nicotiniques seraient modulés
par un peptide béta amyloïde capable de bloquer
les canaux ioniques des récepteurs à de basses
concentrations, et c'est donc cette inhibition chronique qui
serait à l'origine des troubles cognitifs de l'Alzheimer,
mais aussi d'autres pathologies comme l'épilepsie.
Les récepteurs nicotiniques sont des membres de la
famille des récepteurs-canaux, au même titre
que les récepteurs du GABA, les 5-HT3 de la sérotonine,
le récepteur de la glycine ou ceux des acides aminés
excitateurs. Ils sont constitués de 5 sous unités
protéiques membranaires autour d'un pseudo axe de symétrie.
Plusieurs sous types de récepteurs ont été
individualisés, mais la plupart ont des traits structuraux
communs. On peut les subdiviser en trois familles, les récepteurs
de la jonction neuro musculaire, les centraux et ceux se liant
à l'alpha bungarotoxine.
Ces récepteurs nicotiniques sont localisés
dans plusieurs aires corticales, leur interaction avec d'autres
sytèmes les amène à induire la libération
de très nombreux neurotransmetteurs (acétylcholine,
noradrénaline,dopamine, sérotonine, glutamate).
L'approche actuelle vise à moduler l'activité
des sous types de récepteurs par des ligands allostériques,
ce qui permet une meilleure fixation de l'acétylcholine
sur les sous unités alpha des récepteurs nicotiniques
et de faciliter la libération d'AC quand le récepteur
stimulé est pré synaptique. Un des modulateurs
allostériques des récepteurs nicotiniques est
la galantamine, à laquelle sont sensibles 3 sous types
de récepteurs nicotiniques, et qui, par ailleurs est
un inhibiteur des cholinestérases.
Tout cela pour conclure que la galantamine est le seul traitement
à présenter un double mécanisme d'action
capable de jouer à la fois sur la diminution de la
sensibilité des récepteurs nicotiniques et sur
le déficit cholinergique.
La Reminyl ou galantamine est donc le premier traitement symptomatique
de la MA en associant l'inhibition de l'acétylcholinestérase
à une modulation allostérique des récepteurs
nicotiniques. L'évaluation du suivi de 3200 patients
a fait apparaître des items peu considérés
comme le suivi long terme, la charge de l'accompagnant, les
troubles psychocomportementaux. Il est apparu, après
12 mois de traitement, que les patients sous Reminyl maintenaient
leurs performances cognitives (évaluation ADAS-cog)
et ce de manière dépendante au traitement. Ces
bénéfices cognitifs ont fait la preuve de leur
maintien dans le temps.
La Reminyl, adminitrée tôt peut retarder de 12
mois la survenue des troubles cognitifs et que même
si le diagnostic est porté tardivement, le bénéfice
restera conséquent. De plus, les études d'AMM
ont apporté la preuve que la Reminyl avait des effets
positifs sur les troubles psychocomportementaux et étaient
capables de diminuer la charge de travail de l'entourage et
les insomnies du malade.
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