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La résistance
aux antibiotiques : raisons et moyens de la combattre - L’Assurance
Maladie s'engage aux côtés des médecins
Cnamts,
Paris le 14 mai 2002
Avec 80 millions de prescriptions
d’antibiotiques par an, chiffre qui la place au premier rang
des consommateurs européens, la France est aussi le pays où
le phénomène de la résistance aux antibiotiques est le plus
alarmant. Face à cette menace pour la santé publique, les
trois principaux régimes d’Assurance Maladie lancent un vaste
programme d’actions concernant les affections ORL et respiratoires
comprenant :
- la diffusion gratuite aux
médecins, à l’échelle nationale, d’un test de diagnostic
rapide pour l’angine à partir de septembre 2002,
- une campagne de communication
: « Mieux utiliser les antibiotiques, c’est préserver leur
efficacité »,
- des actions sur le terrain.
Un enjeu pour la médecine
de ville
Si la résistance aux antibiotiques est un phénomène bien
identifié par les médecins, le phénomène individuel l’est
moins. Le développement de la résistance des bactéries aux
antibiotiques dans le cas des affections respiratoires est
pourtant un obstacle à la bonne pratique médicale car il
altère l’efficacité des traitements à ces médicaments. Le
pneumocoque est un exemple significatif : de 0,5 % en 1984,
son taux de résistance aux pénicillines est passé à 42 %
en 1999 et, pour la population particulièrement sensible
des enfants, ce taux atteignait même 60 à 70 % en 2001 !
L’exception française
La comparaison de la consommation d’antibiotiques dans
les différents pays européens révèle de grandes inégalités.
Notre consommation est ainsi cinq fois plus élevée qu’en
Hollande, le plus petit consommateur d’Europe. Au delà
des facteurs médicaux, l’influence des déterminants symboliques,
culturels, psychologiques et pharmacologiques sur la prescription
est réelle. Pour 80 millions d’antibiotiques prescrits
chaque année en France, 30 millions seraient inutiles.
Les moyens d’agir
Les antibiotiques ne sont
pas indiqués pour les affections d’origine virale, il
convient donc d’éviter ce type de prescriptions inappropriées
dont les conséquences sont aujourd’hui alarmantes. C’est
pourquoi l’Assurance Maladie engage aujourd’hui, dans
le cadre du Programme national inter-régimes de gestion
du risque (PNIR), un programme d’actions centrées sur
l’information, la formation et l’aide à la prescription
des professionnels de santé ainsi que la sensibilisation
du grand public.
« Mieux utiliser les antibiotiques, c’est préserver leur
efficacité »
Conçue pour favoriser l’évolution des comportements et
apporter ainsi un soutien aux médecins dans leur pratique,
la campagne s’organise notamment autour de :
- un processus de consultation
des médecins et de leurs instances représentatives pour
recueillir leurs attentes et besoins et les impliquer dans
l’identification de solutions (conduite d’une étude nationale
IPSOS, organisation de tables rondes régionales) ;
- la conception d’outils
destinés à sensibiliser le grand public (campagne télévisée,
documents pédagogiques) et à informer les professionnels
de santé (fiches de bonnes pratiques) ;
La généralisation d’un test
de diagnostic rapide de l’angine
L’expérimentation d’un test
de diagnostic rapide pour l’angine conduite en Bourgogne
depuis 1999 montre que l’utilisation d’un tel outil permet
de réduire de 50 % la prescription inadaptée d’antibiotiques.
A l’échelle nationale, rien que dans le cas de l’angine,
6 à 7 millions de prescriptions d’antibiotiques pourraient
être évitées. L’Assurance Maladie a décidé de diffuser gratuitement
à l’échelle nationale un tel test à partir de septembre
2002. En 3 ans, 2 à 8 millions d’exemplaires seront ainsi
distribués aux médecins, soit un budget total de 12 millions
d’euros. Le 23 avril, un accord de bon usage des soins a
été signé entre MG France et l’Assurance Maladie pour la
mise en œuvre et le financement d’actions de formation des
médecins à l’utilisation du test.
Les enseignements des tables rondes, l’étude et le détail
des modalités de diffusion du test de diagnostic rapide
pour l’angine seront communiqués en septembre lors d’une
conférence de presse.
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