Politique citoyenne en santé mentale

Communiqué de presse suite à la conférence de presse du Ministre délégué à la santé, Docteur Bernard Kouchner, le 14 novembre 2001.
FFSM, Fédération Française de Santé Mentale
26 Novembre 2001

N'oublions pas qu'une politique citoyenne en santé mentale ne se décrète pas, même si des orientations cohérentes s'avèrent indispensables.

Cela suppose au moins trois conditions :

1er : une politique intelligente et novatrice dans l'éducation sanitaire à la santé mentale des populations concernées et, au delà, du grand public lui-même. Cette éducation devrait permettre à chacun d'identifier les signes de son éventuel mal-être ainsi que de celui de son entourage, de les interpréter en terme de causalité psychique et de savoir reconnaître les modes d'aide et de soin les plus appropriés au malaise en question.

2ème : Dans un travail en réseau, une véritable formation en santé mentale des différents acteurs professionnels des champs social, médico-sanitaire, judiciaire et éducatif est indispensable.
En premier, les professionnels de la psychiatrie sont concernés: psychiatres, psychologues, infIrmiers, travailleurs sociaux, éducateurs, rééducateurs et tout partenaire de la société concourant spécifiquement au soin qui doivent recevoir une fonnation commune transdisciplinaire en santé mentale, notamment dans sa composante de service public.
Il s'agit notamment d'une réforme de la formation des psychiatres, nécessitant une révolution copernicienne, ce pas de coté indispensable chez les universitaires de la psychiatrie et qui doit se traduire par une refonte radicale des programmes.
Ceux-ci ne devraient pas se limiter au cursus de base mais se prolonger par une formation continue et cohérente en fonction des diverses spécificités de ce champ interacif, très vaste et complexe.

3ème: Dans les enjeux actuels, le temps investi, la dimension relationnelle et psycho- dynamique nécessitent une revalorisation conséquente.
Cela suppose un mode de relation entre les différents professionnels concernés et les « usagers » de la santé mentale c'est à dire nous tous, mode basé sur un respect et un souci de l'autre qui ne sauraient se réduire à une prescription ou à une neutralité, fut- elle bienveillante.
Plus globalement, il faudra que les relations ne soient plus infléchies par des principes de pouvoir, soubassement d'une réglementation largement coercitive et normative.

Docteur Roland BROCA, Président de la FFSM, Psychiatre des hôpitaux
Docteur Pierre SADOUL. Psychiatre des hôpitaux.

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