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Sécurité
Sanitaire et Santé Publique
Conférence
de presse de Bernard Kouchner
Ministère
de l'Emploi et de la Solidarité
Salle laroque, 10 septembre 2001
Rédacteur : Dr Françoise Girard
Tout
d'abord, le sujet
Syphillis :
la recrudescence de la syphillis est un problème aujourd'hui
préoccupant car témoignant d'un relâchement
en matière de prévention des MST, infectieuses
ou virales. C'est une alerte de l' InVS - région parisienne
qui a révélé le fort taux de contamination
des parisiens de sexe masculin, homosexuels et séropositifs.
Ce signal se confirme sur les premiers mois de 2001 et justifie
un projet de sensibilisation des médecins pour lesquels
il s'agit désormais d'une pathologie rare (doit-on
la réinscrire dans les maladies à déclaration
obligatoire ?), mais aussi une remobilisation de la population
à risques face aux transmissions par voie sexuelle,
avec accès facilité au dépistage et promotion
de l'usage du préservatif .
En matière
de VIH/Sida, l'incidence est évaluée
entre 2000 et 4000 cas, traduisant les incertitudes du système
de notification actuel qui mérite réévaluation.
Les chiffres français sont superposables à ceux
des autres pays européens et on rmarque la même
prédominance de l'hétérosexualité
et du sexe féminin dans les nouveaux cas.
La recrudescence des gonococcies et de la syphillis fait craindre
un rebond de contaminations et justifie une reprise des campagnes
de prévention et de dépistage. Il est nécessaire
de réfléchir sur la conduite à tenir
face aux échecs thérapeutiques liés aux
mutations virales, sur la voie d'accès aux nouveaux
ARV, sur l'amélioration de leur tolérance et
la prise en charge des problèmes pratiques tels que
les appartements de coordination thérapeutique. Des
priorités ont du être définies : la surveillance
épidémiologique, le dépistage du VIH,
la promotion du préservatif, le dépistage génomique
viral par PCR, la recherche, l'accès compassionnel
aux ARV et des groupes de travail sur la lipoatrophie et les
effets secondaires cardiovasculaires dus aux ARV.
En ce qui concerne l'hépatite C, il a été
décidé d'améliorer son dépistage
(selon les recommandations de l'ANAES), sa prise en charge
(les 31 pôles référents ayant justifié
un crédit évalué à 70 MF devraient
permettre que 80% des indications aux thérapeutiques
anti-virales soient effectives en 2002), de réduire
les facteurs de contamination chez les sujets à risque
(dépistage génomique VHC, kits Stéribox,
mesures d'hygiène dans les prisons et lutte contre
les infections nosocomiales), de poursuivre la recherche sur
l'infection chez les non répondeurs au traitement référent,
de suivre l'évolution de l'épidémie et,
bien s ûr, d' évaluer le programme.
L'ESB pose plusieurs problème aux pouvoirs publics
: la maîtrise de l'épizootie d'ESB, la réduction
maximale de l'exposition dans le monde animal et humain, la
recherche d'un éventuel passage interespèces,
la sécurisation des rejets liquides, le suivi des modifications
alimentaires induites par les produits végétaux
de substitution, la mise en oeuvre des mesures prises et le
maintien de l'interdiction des farines et des graisses animales.
Les dernières mesures de juillet 2001 mettent en place
une épidémiosurveillance, une police sanitaire,
une sécurisation des rejets d'effluents et boues provenant
d'installations à risques et une sécurité
maximale autour de l'eau potable.
Les mesures prises pour éviter la transmission de la
Maladie de Creutzfeldt - Jakob reposent sur une surveillance
épidémio logique coordonnée par l' InVS,
une prévention du risque iatrogène, une surveillance
stricte du médicament, des produits sanguins, des greffes,
des dispositifs médicaux et un accompagnement des malades.
L'équipe du Pr Prusiner aurait utilisé la quinacrine
dans un potocole thérapeutique destiné à
éradiquer le nouveau variant, chez une jeune anglaise,
mais personne ne dispose aujourd'hui d'une communication scientifiquement
recevable sur le sujet. En France, l'INSERM a mis en place
un protocole de dispensation de la molécule, sous ATU,
en attendant un véritable essai clinique.
Les hypothèses de présence du virus West
Nile en Camargue n'ont jusqu'à présent jamais
été confirmées par les bilans sérologiques
et les recherches directes sur les moustiques ont toujours,
et ce à plusieurs reprises, été négatives.
La fréquence des infections nosocomiales françaises
est superposable à celle de nos voisins, mais les résistances
aux antibiotiques y sont plus fréquentes. Depuis 5
ans, le gouvernement travaille à la mise en place de
bonnes pratiques d'hygiène, à former les professionnels,
renforcer les dispositifs en place, développer la surveillance
des infections et évaluer les actions menées.
Les gros budgets alloués aux 5 CLIN leur ont permis
de participer activement aux projets et les résultats
recueillis sont très significativement satisfaisants,
même si des programmes d'amélioration de la qualité
des gestes de désinfection et de maîtrise des
résistances aux antibiotiques restent encore d'actualité.
Les projets visent à améliorer la surveillance
épidémiologique et informer le public et les
usagers. Un réseau national d'alerte d'investigations
et de surveillance des infections nosocomiales (RAISIN) vient
de se mettre en place, il est issu de la collaboration des
5 CLIN et de l' InVS, il sera complété par le
signalement systématique des infections nosocomiales
et par une enquête nationale de prévalence.
La qualité des activités de stérilisation
et de désinfection de dispositifs médicaux
a justifié une évaluation nationale, au travers
de laquelle des améliorations ont été
imposées, reposant sur un renforcement réglementaire
et des guides de bonnes pratiques et de recommandations. Bien
s ûr, il a fallu allouer des budgets pour permettre la
normalisation des établissements privés et publics
et l'Afssaps a mis en place sa mission d'évaluation
de ces deux activités. C'est d'ailleurs au terme d'une
évaluation du même type qu'il a été
décidé d'interdire la stérilisation itérative
des pinces à biopsie, compte tenu des risques de transmission,
entre autres de l'ESB, et de la bonne qualité du matériel
à usage unique aujourd'hui sur le marché.
Depuis le début 2000, plusieurs décisions de
mesures sécuritaires touchant les produits de santé
ont été rendues publiques (site internet
http://afssaps.sante.fr - "sécurité sanitaire
et vigilances") et ont entraîné le retrait
de médicaments. Les dernières en date ont porté
sur le retrait des préparations magistrales à
base de phénylpropolamine et de phénobarbital,
sur une meilleure information à propos du Rohypnol,
la levée de la suspension de mise sur le marché
de certaines prothèses mammaires à base de silicone,
mais aussi la publication d'une liste de 450 médicaments
évalués au travers du SMR.
La sécurité des produits sanguins labiles
a été renforcée et l'exclusion des donneurs
- jusqu'ici réservée aux sujets porteurs d'une
maladie infectieuse ou de facteurs de risques de ce même
type de maladie - a été étendue aux personnes
ayant été transfusées ou greffées,
celles présentant des facteurs de risque de développement
d'ESST et à celles ayant séjourné plus
d'un an dans les îles britanniques en 1980 et 1996.
Pour chaque don, il est obligatoire d'effectuer la recherche
d'antigène HBs et anticorps anti-HBc, anticorps anti
VIH 1 et 2, antigène génomique des virus VHC
et VIH, anticorps anti-HTLV I et II, le dosage des Alanine-amino-
transférases, le sérodiagnostic de syphillis
et éventuellement d'anticorps antipaludéens.
Face au manque de disponibilité sur le marché
de facteur VIII d'origine plasmatique et recombinant,
des recommandations de l'AFH et l'Afssaps ont mis en place
des modalités de prescriptions différentes,
le report de toute intervention chirurgicale non urgente et
surtout une gestion du stock par la pharmacie centrale des
hôpitaux de Paris associée à la surveillance
par un comité de suivi.
La forte présomption actuelle concernant une éventuelle
toxicité mitochondriale des ARV sur les foetus
et jeunes enfants exposés durant la grossesse fait
l'objet d'une information destinée aux médecins
prenant en charge les femmes enceintes séropositives,
au travers de laquelle il leur est demandé d'informer
les patientes des risques encourus. Actuellement, une collaboration
scientifique internationale est en place et tente de faire
la part des choses.
Il est rappellé, par aileurs, que le Viagra
doit être délivré sur prescription médicale
exclusive, compte tenu de ses risques cardio vasculaires.
Les mêmes risques cardiovasculaires reprochés
aux COX-2 sont très vraisemblablement le fait
exclusif de leur absence d'action sur l'aggrégation
plaquettaire.
L'Afssaps fait actuellement, au travers d'une letre informative,
le point sur le bon usage des benzodiazépines,
qui ne représentent, en aucun cas, un traitement
de fond de l'anxiété et rappelle l'importance
du respect des doses.
En ce qui concerne la Phénylpropalonamine, il
a été décidé d'interdire la préparation,
la prescription et la délivrance de préparations
magistrales compte tenu des risques hémorragiques cérébraux
encourus face à un bénéfice mineur. Elle
est donc soumise à prescription obligatoire, non renouvelable
(listeI).
La suspension d'AMM de la Cérivastatine, commercialisée
par Bayer (Staltor), mais aussi Fournier (Cholstat), repose
sur la survenue de 1100 cas de rhabdomyolyses, survenue pour
la moitié d'entre elles lors d'une prescription l'associant
au gemfibrosil, alors que 6 millions de personnes sont traitées
dans le monde.
Trois réflexion doivent être faites : il n'y
a pas de prescription médicale sans risque (intérêt
du rapport bénéfice escompté/risque encouru),
cet accident a permis de faire le constat d'un bon fonctionnement
du système de pharmacovigilance international et enfin,
cela confirme la nécessité d'une transparence
médicale....
La fréquence de survenue de la TIAC ou toxi-infection
alimentaire collective à ciguatera inquiète,
compte tenu de sa fréquence exponentielle liée
aux changements d'habitudes alimentaires, de nouveaux circuits
de distribution et de sa méconnaissance en métropole.
Elle est soumise, comme les autres TIAC, à déclaration
obligatoire.
Le saturnisme infantile demeure un problème
de santé publique, l'INSERM ayant évalué
à 250 000 le nombre d'enfants exposés et défini
25 départements à risque. Tout cas diagnostiqué
doit faire l'objet d'une déclaration au médecin
inspecteur DDASS ou PMI, et un état des risques d'accessibilité
au plomb se doit d'être annexé aux ventes d'immeubles
construits avant 1948 dans les départements suspects.
Par ailleurs, des campagnes d'information destinées
aux médecins et aux parents vont se mettre en place
très rapidement, la gratuité de plombémie
de dépistage devrait encourager la démarche
diagnostique et la prise en charge du saturnisme va désormais
relever d'une prise en charge à 100%, type d'affections
longue durée.
Les interrogations
concernant l'école Franklin Roosevelt ont justifié
la mise en place d'enquêtes épidémiologiques
et environnementales dont les résultats devraient être
connus en février prochain, mais d'ors et déjà,
l'école a été transférée
sur un autre site.
Les pesticides
sont un autre sujet d'inquiétude grandissant face aux
taux, nettement supérieurs aux normes, retrouvés
dans les produits végétaux français.
Il a donc été décidé une évaluation
reposant sur les limites maximales de résidus, des
données de consommation et de dose journalière
admissible. De plus, la présence de l'Atrazine dans
l'eau dite potable a amené l' Afssaps à recommander
l'utilisation d'eau de source pour les personnes les plus
sensibles. Une évaluation des risques sanitaires liés
aux pesticides, pour les enfants et les nourrissons, est actuellement
le but d'une réflexion européenne et nationale
et un premier rapport devrait être rendu en octobre
prochain. Mais d'ores et déjà, les difficultés
d'évaluation sont connues, les effets à long
terme de ces substances, l'ambiguité des expositions
multiples, la rémanance de produits aujourd'hui interdits
et l'apparition de produits de dégradation d'un nouveau
type.
Les OGM
inquiètent les français et leur présence
à faible dose dans certaines semences a suscité
des interrogations. De grands débats sont à
venir sur le sujet, il serait souhaitable qu'ils se déroulent
sans a priori.
Enfin,
si la rage a disparu du territoire français
grâce à la vaccination des renards et ce depuis
1998, elle continue de susciter des inquiétudes car
des animaux enragés peuvent encore être importés
clandestinement et les chauves souris représentent
encore un réservoir important. Les chauves souris françaises
mordent, qu'elles soient enragées ou non, et toute
personne mordue (50 par an) doit faire l'objet d'un traitement
antirabique systématique. Le Conseil Supérieur
d'hygiène publique a donc recommandé tout contact
avec ces animaux, ainsi que leur importation illégale.
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