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Déclaration commune
des représentants des agences nationales de sécurité sanitaire
des aliments et des institutions intervenant dans la nutrition
des pays membres de l’Union Européenne et de la Norvège
AFSSA
Paris, le 13 janvier 2004
La nutrition est reconnue depuis longtemps comme une composante
importante permettant d'entretenir et de promouvoir la santé.
Son importance a été récemment soulignée par une résolution commune
des ministres de la Santé de l'Union européenne (14 décembre 2000),
soutenant les mesures qu'il incombait de prendre, concernant les
problèmes d'ordre nutritionnel, au niveau des politiques européennes
et nationales.
Les agences nationales de sécurité sanitaire des aliments et les
institutions intervenant dans le domaine de la nutrition des pays
membres de l’Union Européenne et de la Norvège considèrent que
la nutrition doit être tenue pour un paramètre significatif du
processus d'analyse de risque des produits alimentaires compte
tenu du fait que :
- les pays européens sont confrontés en matière de nutrition à
des problèmes de santé similaires, parmi lesquels la prévalence
croissante de l'obésité, spécialement chez les enfants, s'avère
particulièrement préoccupante ;
- en dépit d'une abondance des produits alimentaires, certaines
enquêtes réalisées dans les différents pays européens montrent
que des risques pour la santé existent du fait d'apports insuffisants
en certains nutriments indispensables. Les préoccupations portent
en particulier sur l’acide folique, la vitamine B9 ou l’iode.
Mais l'importance de certains autres nutriments, incluant les
minéraux, les vitamines ou d’autres substances nutritives, doit
également être prise en compte pour certains secteurs de la population
;
- l'élaboration et la vente accrue de produits transformés et
conditionnés, de même que le nombre de repas pris hors domicile,
ont contribué à accroître les apports de sel. En outre, l'apport
de sel est généralement plus élevé que l'apport qui est recommandé
(par exemple par l'OMS ou certains organismes nationaux de santé);
- les craintes concernant la sécurité sanitaire des aliments peuvent
également engendrer des modifications dans les régimes alimentaires
globaux des consommateurs et, de ce fait, accroître les risques
nutritionnels (insuffisance ou excès de certains nutriments) ;
- les régimes alimentaires des consommateurs, à travers l'ensemble
de l'Union européenne, montrent des variations nettement marquées
dues à la diversité culturelle et aux différences de réglementation.
La mondialisation du commerce alimentaire a conduit à l'harmonisation
de certains aliments et de certaines boissons, pas suffisamment
toutefois pour réduire de manière significative la diversité nutritionnelle.
Il existe, par conséquent, nombre de différences dans les approches
adoptées par les gouvernements nationaux visant à s'attaquer aux
problèmes de la nutrition au sein de leurs propres pays. Ceci
dénote un fort contraste par rapport aux initiatives touchant
à la sécurité sanitaire des aliments dans les domaines de la toxicologie
et de la microbiologie où un certain degré d'harmonisation entre
les Etats membres a pu être obtenu.
Prenant en compte l'ensemble de ces considérations, les agences
nationales de sécurité sanitaire des aliments et les institutions
intervenant dans le domaine de la nutrition des pays membres de
l’Union Européenne et de la Norvège, sont parvenues à un accord
sur les points suivants :
Sel
Les agences nationales de sécurité sanitaire des aliments et les
institutions intervenant dans le domaine de la nutrition des pays
membres de l’Union Européenne et de la Norvège reconnaissent que
:
- l'apport de sel constitue, pour la plupart des pays, une préoccupation
majeure dans le domaine de la santé publique et que, selon les
données scientifiques actuelles, cet apport devrait être notablement
réduit (des objectifs ont par exemple été fixés qui prennent pour
moyenne un apport de 8 grammes par jour en France, 6 grammes par
jour au Royaume Uni, en Autriche, en Allemagne, en Belgique, au
Danemark, 5 à 6 grammes par jour en Suède, 5 grammes par jour
en Norvège ainsi qu'en Grèce et 3 à 5 grammes par jour en Finlande).
- la diminution des apports actuels repose à la fois sur une prise
de conscience accrue du consommateur du rapport existant entre
le sel et la santé ainsi que sur la coopération des industries
alimentaires et de la restauration collective visant à réduire
la teneur en sel des aliments qu'elles vendent.
Les agences et institutions conviennent :
- de travailler ensemble en vue de promouvoir l'harmonisation
des réglementations européennes concernant la quantité de sel
mentionnée sur les étiquettes afin notamment d'identifier de manière
simple les produits à forte teneur en sel.
- de travailler également ensemble pour informer les consommateurs
sur les principaux produits vecteurs de sel en particulier le
pain, la viande, les fromages et les plats cuisinés.
- qu'il est nécessaire de travailler en collaboration avec les
industries alimentaires afin d'explorer les possibilités et les
solutions techniques permettant volontairement ou, si nécessaire,
de manière obligatoire, de diminuer la teneur en sel dans les
principales denrées contribuant à cet apport.
Acide folique
Les agences nationales de sécurité sanitaire des aliments et les
institutions intervenant dans le domaine de la nutrition des pays
membres de l’Union Européenne et de la Norvège reconnaissent :
- l'importance de l'acide folique dans la prévention des anomalies
du tube neural chez le foetus
- le fait que les femmes en âge de procréer ayant un mauvais état
nutritionnel, présentent des risques plus élevés pour la survenue
de ces anomalies,
- qu'il est difficile pour les femmes enceintes de parvenir aux
400 micro-grammes d'acide folique recommandés via l’alimentation
quotidienne.
Il est possible de prévenir à ce risque de quatre manières différentes
:
. la promotion de la consommation d'aliments naturellement riches
en acide folique,
. les suppléments diététiques ou vitaminiques,
. l'enrichissement volontaire des aliments,
. l'enrichissement obligatoire des aliments
La question de l'enrichissement obligatoire a été débattue au
cours de la réunion mais, à l'heure actuelle, au-delà de la promotion
d'aliments naturellement riches en acide folique et suppléments
vitaminiques, l'enrichissement sur une base volontaire semble
être le plus adapté dans la plupart des pays européens.
Les agences et institutions soulignent l’importance des actions
à mener :
. accroître la prise de conscience chez les consommateurs, spécialement
les femmes, des bénéfices pouvant être retirés d'une augmentation
de la consommation d'acide folique,
. mesurer les conséquences sur la santé de l’enrichissement en
acide folique et suivre les connaissances scientifiques nouvelles,
y compris sur le risque possible de masquage de la carence en
vitamine B12 chez les personnes âgées,
. explorer, de manière prioritaire, les possibilités de promouvoir
les avantages en termes de santé que représentent les sources
d'acide folique en prenant en compte la future réglementation
européenne concernant les allégations santé.
Obésité et surpoids
Les agences nationales de sécurité sanitaire des aliments et les
institutions intervenant dans le domaine de la nutrition des pays
membres de l’Union Européenne et de la Norvège déclarent que :
- D’après toutes les connaissances scientifiques, le surpoids
et l'obésité représentent une sévère menace pour la santé publique
à travers l'ensemble de l'Europe et qu'il est nécessaire de prendre
très rapidement des mesures efficaces et pertinentes afin d'essayer
de renverser la tendance croissante de prévalence de l'obésité.
Si rien n'est entrepris, les conséquences économiques, sociales
et en matière de santé publique pourraient être dramatiques. Il
ne peut être exclu par exemple que la prochaine génération ait
une espérance de vie inférieure à celle de ses parents.
- Ceci représente une préoccupation croissante au sein de tous
les pays représentés, même si les régimes alimentaires sont fonction
des cultures nationales, des habitudes alimentaires et des contextes
réglementaires. Certains pays ont lancé des programmes nationaux
concernant la nutrition et les activités physiques et d'autres
envisagent de faire de même.
Il est nécessaire d'agir dès maintenant.
- En outre, le Conseil de l'Union Européenne a, le 2 décembre
2002, a dans ses conclusions sur l'obésité invité la Commission
à intensifier ses efforts en vue de combattre l'obésité ainsi
qu'a soutenir les Etats membres dans leur lutte visant à prévenir
et à traiter l'obésité. Le Conseil a également invité à accentuer
les recherches sur l'obésité et à garantir que la prévention de
l'obésité soit prise en compte et intégrée dans toutes les politiques
communautaires pertinentes.
Les agences et les institutions s'engagent :
- à travailler plus étroitement sur ce problème ainsi qu'à prendre
des initiatives afin d'aider au développement et à l'application
de politiques nutritionnelles efficaces tant sur le plan national
qu'européen,
- à rechercher les moyens leur permettant d'agir sur la modification
des habitudes de consommation de même que sur le contenu nutritionnel
des denrées à forte teneur en énergie,
- à explorer les diverses manières d'aborder le problème au sein
des différentes populations cibles, particulièrement les enfants
: par exemple par le biais de formations pédagogiques, par la
promotion de l’exercice physique et d’un bon équilibre nutritionnel
en milieu scolaire, prenant en compte l'influence des activités
promotionnelles et des distributeurs d’aliments et de boissons
à l’école. Il est également nécessaire de réduire la pression
commerciale et la promotion des aliments vers les enfants sous
toutes ses formes,
- à faire appel à l'industrie alimentaire et à l'industrie de
la restauration collective afin que celles-ci reconnaissent leurs
responsabilités en la matière ainsi qu'à travailler avec ces dernières
dans le but de parvenir à une solution.
La présente déclaration a été adoptée lors d'une réunion informelle
rassemblant pays et les organismes suivants : Autriche : österreichische
Agentur für Gesundheit und Ernährungssicherheit GmbH
Belgique : Service public fédéral (SPF) Santé publique, sécurité
de la chaîne alimentaire et environnement
Danemark : Danish Veterinary and Food Agency
Finlande : National Food Agency (EVI)
France : Afssa- Agence française de sécurité sanitaire des aliments
Allemagne : Bundesinstitut für Risikobewertung (BfR)
Grèce : Hellenic Food Authority (E.F.E.T.)
Irlande : Food Safety Authority of Ireland
Italie : Istituto Superiore di Sanità
Luxembourg : Ministère de l’Agriculture
Pays Bas : Food and Consumer Product Safety Authority (VWA)
Norvège : Norwegian Food Safety Authority
Portugal : Portuguese Heart Foundation
Espagne : Agencia Espanola de Seguridad Alimentaria
Suède : National Food Administration
Royaume Uni : Food Standards Agency
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