Paris
- le jeudi 20 septembre 2001
Rédacteur : Dr Françoise Girard
Madame
Guigou a fait le point sur la situation de la sécurité
sociale et a défini ses objectifs pour les mois à
venir.
L 'amélioration
de la situation de la sécurité sociale est en
constante progression, l'excédent cumulé entre
1999 et 2001 pouvant aujourd'hui être évalué
à 15 milliards de francs.
Des mesures diverses vont concerner différents secteurs
:
- le gouvernement confirme sa proposition de financement sur
le long terme du FOREC (fonds de réforme des cotisations
patronales). Cette année l'équilibre sera atteint
par l'affectation à ce fonds des taxes sur les alcools,
et en 2002, ce seront les taxes du tabac, de la contribution
sur les contrats de prévoyance, de l'alcool, mais aussi
celles sur les véhicules motorisés qui assureront
son autonomie financière, selon le respect du principe
de financement d'origine fiscale.
- L'amélioration de la protection sociale va s'orienter
selon plusieurs axes :
La convention
d'objectifs et de gestion entre l'Etat et la CNAF permettra
la mise en route d' actions conséquentes de par la
mise à disposition d'un budget de 6 milliards de francs,
en 4 ans, dédié au Fonds national d'action sociale.
Une allocation
d'éducation spéciale dédiée aux
enfants handicapés aura une application toute particulière
pour les enfants autistes.
La CMU devrait, par des dispositions nouvelles, permettre
un meilleur accès aux soins dentaires pour les personnes
défavorisées, ainsi qu' un tiers payant pour
les plus proches du seuil de prise en charge intégrale.
Le dépassement des prévisions est évalué
à 15,8 MdF. Il est d û, en ville, aux dépassements
en matière de prescriptions médicamenteuses,
et à l'hôpital, à l'arrivée de
molécules innovantes et onéreuses, en cancérologie
et dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde,
qui ont justifié des dotations extraordinaires.
L'analyse
des tendances fait apparaître que l'augmentation des
dépenses de santé est commune à tous
les pays occidentaux car elle repose sur des besoins quantifiés,
mais qui doivent être régulés.
Le plan de lutte contre le cancer du sein (une mammographie
tous les deux ans, de 50 à 74 ans) et le cancer du
colon (dépistage après 50 ans) ont justifé
le déblocage de plus d'un milliard de francs et un
financement de ces deux campagnes de communication repose
sur un budget complémentaire de 33 MF.
L'amélioration de la qualité des soins est un
des axes préférentiels de la politique hospitalière,
les SROS ont permis la mise en place d'outils de travail communautaires
(secteurs sanitaires, réseaux), l'effort dans les procédures
de stérilisation sera poursuivi en 2002 et des autorisations
déconcentrées de matériel lourd sont
à venir, afin de permettre un accès égal
aux soins pour tous. Ces differentes modifications nécessiteront
une adaptation de la part du personnel soignant et donc la
budgétisation d'une enveloppe complémentaire
de
15 MdF. La création de 45 000 emplois dans le cadre
de la RTT s'inscrit dans la même démarche, d'où
la haute importance des négociations en cours.
Les cliniques privées devraient bénéficer
de la manne gouvernementale en matière de sécurité
sanitaire, tarification dans les maternités et mise
à niveau des salaires infirmiers par rapport au secteur
public.
Le délicat "poste médicament" devrait
stabiliser sa croissance par la mise en place de guides de
bonnes pratiques et le développement réel du
générique reposant sur une solide campagne d'information
et la réévaluation du SMR.
Les professionnels de santé de ville doivent faire
l'objet d'une concertation toute particulière et devraient
bénéficier de mesures adaptées : création
d'un observatoire de la démographie, aide à
l'installation en zone défavorisée, mise en
place d'une évaluation des pratiques paramédicales,
promotion des réseaux de soins, création d'un
haut conseil de santé sur l'expertise duquel se reposera
le gouvernement dans ses choix à venir. Enfin, il est
prévu que les priorités de santé bénéficient
d'une approche budgétaire pluri annuelle, et, il serait
souhaitable qu'un peu plus de souplesse s'installe dans les
relation Etat - Assurance Maladie.
Plusieurs types de prise en charge devraient être améliorés
: l'optique pour les moins de 18 ans, les prothèses
auditives et la prévention dentaire par le biais de
campagnes de prévention qui devraient s'adresser à
près de 1.400.000 enfants. Le seuil d'accès
au système dérogatoire de reconnaissance des
maladies professionnelles serait abaissé de 66 à
25% et une indexation des indemnités en capital serait
appliquée. Par ailleurs, les accidents du travail,
sous déclarés de manière générale,
devraient faire l'objet d'une compensation et les victimes
de l'amiante d'une prise en charge entière. Un budget
de 2,875 milliards devrait être alloué à
ce projet.
Les personnes âgées devraient bénéficier
de nombreuses aides afin d'optimiser d'une part, leur maintien
à domicile, mais renforcer les structures d'accueil.
Dans le même ordre d'idées, les pensions devraient
être revalorisées de 2,2%, ce qui amène
le gain d'achat des retraités à + 1,4% depuis
1997.
Au total,
l'équilibre de comptes de la sécurité
sociale apparaît comme consolidé et devrait autoriser
à la poursuite de la politique sociale actuelle.