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Le tabagisme
passif au cœur de la journée mondiale sans tabac
Conférence de presse organisée par la CNAMTS et le CFES à
Paris
Mercredi 31 mai 2001
Il apparaît comme une évidence
que le tabac gène les non fumeurs, les trois quarts d'entre
eux subissent la fumée, y compris à leur propre domicile et
dans les zones non fumeur.
Le tabagisme passif se définit comme le fait d'inhaler involontairement
la fumée dégagée par un ou plusieurs fumeurs qui absorbent
eux le courant principal, laissant à leurs voisins le courant
latéral (riche en toxiques et cancérogènes), mais aussi le
courant tertiaire de rejet.
La fumée contient plus de 4000 substances chimiques, des produits
toxiques et plus de 60 cancérogènes, responsables de 2500
décès par an chez les non fumeurs, contre 60 000 chez les
vrais fumeurs.
Le rapport Daulzenberg remis
le 31 mai 2001, à l'occasion de la journée mondiale sans tabac,
met en évidence l'effet du tabagisme passif sur l'enfant et
le fœtus, multipliant par deux le risque de mort subite du
nouveau né de mère fumeuse, il implique une relation dose
effet en fonction du nombre de fumeurs de son entourage. Le
tabagisme de la mère augmente de 72 % le risque de bronchite,
de 28 % l'intensité et la fréquence des crises d'asthme et
de 48 % la fréquence des otites, avec bien sur une relation
dose effet. Des retards de croissance intra utérins sont fréquents
chez les mères fumeuses et retrouvés chez celles exposées
au tabagisme passif. Chez l'adulte, on retrouve une augmentation
de 25 % du risque de survenue de pathologies cardiaques, chez
les sujets sains exposés ; le risque d'aggravation de pathologies
cardiaques ou coronariennes antérieures étant largement majoré
en cas d'exposition. Les autres cancers du fumeur, poumon,
ORL voient leur fréquence augmenter, celle des pathologies
respiratoire l'est également.
Il n'en reste pas moins qu'il est difficile de réagir à la
fumée des autres, la résolution de ce conflit ne peut être
envisagée que d'une manière non hostile, en reconnaissant
notamment l'effort nécessaire au fumeur dans son comportement
d'abstinence. Il faut essayer de soustraire l'enfumé au tabagisme
passif, d'éviter l'opposition conflictuelle, et de ne pas
démotiver le fumeur qui souhaite s'arrêter par des attitudes
trop répressives, contre productives d'un éventuel sevrage.
A la question : comment
faciliter la communication fumeur/enfumé ?
Il faut certainement éviter des écueils, ne pas subir sans
rien dire générant ainsi l'accumulation de sentiments négatifs
et hostiles, ne pas fuir pour autant et installer une tension
relationnelle et agressive. Il faut être conscient de la typologie
des fumeurs et tenter de s'y adapter. Quant à l'expression
de la gène ressentie, il conviendrait d'être vigilant sur
la formulation employée et, de développer des attitudes empathiques.
La prise en compte de ces différents facteurs étant indispensable
si l'on veut éviter la culpabilisation ou la mise en échec,
qu'elles viennent du fumeur ou de l'enfumé !
Les pouvoirs publics ont, de leur coté fait un effort, en
favorisant la mise en place d'espaces fumeurs sur les lieux
de travail, en créant le concept d'hôpital et de maternités
sans tabac. Mais vraisemblablement, c'est une meilleure information
sur les risques liés au tabagisme passif qui feront école,
d'ou la campagne du 31 mai et le programme pilote " ville
sans tabac " lancé par la CNAMTS et le CFES à Albi et Villeneuve
d'Ascq.
Docteur Françoise GIRARD
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