Trisomie 21 : Réinventer la vie ?

8èmes Journées Nationales sur la Trisomie 21
Les 1,2 et 3 mars 2002
Esapce culturel du Pin Galant - Bordeaux/Mérignac

Le communiqué de presse

Le résumé des intervenants

Albert JACQUARD
Laurent de FELICE et Michel DONZEL
André-Yves PORTNOFF
Michèle VIAL
Régine SCELLES
Guy HUBERT
Jerry SAINTE ROSE
Pierre Henri VINAY
Nicole DIEDERICH
Shirley VINTER
Professeur Manuel BOUVARD
Alberto RASORE-QUARTINO
Henri Jacques STIKER
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Communiqué de presse

28 février 2002

Le Groupe d'Etude pour l'insertion Sociale des personnes porteuses de Trisomie 21 - GEIST 21 Gironde et la Fédération FAIT 21 vous informent du déroulement des

8e Journées Nationales sur la Trisomie 21 les 1, 2 et 3 Mars 2002 à l'Espace Culturel du Pin Galant -Bordeaux /Mérignac sur le thème " Trisomie 21 : réinventer le vie ? ".

1300 personnes ; parents, professionnels, décideurs institutionnels et élus politiques sont attendus.
En ouverture de ces journées, Madame Ségolène ROYAL, Ministre Déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes Handicapées, viendra témoigner de son engagement en direction de l'insertion des personnes porteuses de Trisomie 21 dans le monde ordinaire.
De l'intervention de Albert JACQUARD (Généticien) à celle de Henri-Jacques STIKER (Directeur de recherche à Paris VII) les participants étudieront le bouleversement que ce handicap entraîne dans la famille et dans notre société.
Les enfants trisomiques participeront activement en apportant leur enthousiasme à certaines tâches d'organisation de ces journées et en présentant, sur la scène du Pin Galant, un spectacle joué par des groupes d'enfants venus de toute la France. Ce temps fort sera vraisemblablement une excellente démonstration que l'autonomie des personnes trisomiques et leur insertion dans notre société est un projet ambitieux mais réaliste.
L'objectif que nous nous fixons pour ces journées est que notre société reconsidère l'image que nous avons de la personne trisomique. Et que tous ensemble nous mettions en œuvre les moyens adaptés pour dire oui à la différence.

Résumé des intervenants

Le débat : Réinventer la vie ?
Albert JACQUARD

· La trisomie 21 handicap emblématique
· La place donnée aux personnes porteuses de trisomie 21 ( éducation, soins, accompagnement) dans notre société, révélateur de nos valeurs sociales.
· Les interactions entre la personne et les cercles de son environnement.
· Réinventer la vie ? (Comment le bouleversement induit par la trisomie 21 nous amène à reconsidérer notre manière de voir et changer l'environnement social)

 

Association de Sœurs et Frères de Handicapés
Laurent de FELICE

Président de l'A.S.F.H.A.
Michel DONZEL
Secrétaire de l' A.S.F.H.A.

L'Association nationale de Soeurs et Frères de personnes Handicapées ( A.S.F.HA. ) a été créée en1986 par un petit nombre de personnes soucieuses de réfléchir et d'agir à partir de leur situation spécifique. L'expérience de ce que Denis Vaginay nomme si justement " l'altérité altérée " est commune à toutes les fratries dont l'un des membres est une personne handicapée mentale. Dès lors notre association s'est fixé comme buts :

- d'accueillir et d'écouter les frères et soeurs de personnes handicapées mentales.
- de les aider dans leurs démarches.
- de participer à la réflexion collective sur les lacunes de notre société qui doit permettre aux plus faibles de vivre dignement.

Peu après sa création, notre association a mené une réflexion collective à partir d'un texte de Madame Lapalus-Berger, psychologue. Pierre Haut a traduit cette réflexion dans le recueil de dessins que nous sommes heureux de vous présenter. Ainsi a pris forme un témoignage collectif à partir des difficultés vécues par des soeurs et frères face à la présence au sein de la fratrie d'un enfant handicapé mental, entraînant difficultés à communiquer , " surprotection " ou responsabilisation trop importante ou trop précoce des soeurs et frères.
Certes, toutes les situations existent et nous rencontrons des frères et soeurs qui ne reconnaissent aucune difficulté particulière liée à la présence voire à la prise en charge d'une personne handicapée mentale dans leur fratrie.
Mais nous tenons à dire qu'il est nécessaire que le frère ou la soeur d'une personne handicapée mentale ait pu construire sa propre personnalité dans l'enfance ou l'adolescence pour être en mesure de relayer, le moment venu, les parents qui vieillissent ou meurent. Ainsi, l'engagement du frère ou de la soeur sera un véritable acte d'amour seul susceptible de tisser les liens affectifs qui cimentent la cohésion familiale dans l'épreuve.

C'est dans cet esprit, au sein de la grande famille de l'UNAPEI que notre association qui ne regroupe que des soeurs et des frères de personnes handicapées mentales entend mener son action d'entraide, d'écoute et d'échanges, de réflexion et de communication. Et nous voulons aussi mêler notre voix spécifique à toutes celles qui se font entendre afin que la place et la dignité des personnes handicapées mentales soient reconnues et que notre société assume effectivement le rôle d'intégration qu'il lui revient de tenir.

 

La nouvelle donne : créer solidaires ou sombrer solitaires
André-Yves Portnoff
Directeur de l'Observatoire de la Révolution de l'intelligence, Futuribles International - Résumé

Nous sommes en train de vivre une mutation majeure, celle du passage d'une société où les ressources critiques étaient physiques à un monde dont le développement et la sécurité, voire la survie, dépend de ressources immatérielles, l'intelligence, la culture, les passions, les valeurs.
Les règles du jeu s'en trouvent bouleversées. Dans un contexte de changement continu et imprévu, la créativité devient vitale. Le travail qui produit de la valeur n'est plus musculaire, il n'est pas non plus purement intellectuel, mais profondément humain : il se résume à de la création de solutions et de la construction de liens. La créativité est intime, individuelle. Elle nécessite le respect de la liberté individuelle. L'efficacité est collective, car plus personne ni aucune entreprise ou pays ne saurait prétendre maîtriser seul les compétences nécessaires.
Le respect des différences devient vital :
- parce que la créativité implique la tolérance. La pensée scientifique est née d'ailleurs dans des zones de relative liberté (Thalés à Samos) et a toujours souffert des offenses à la liberté.
- parce que la créativité est proportionnelle aux différences (de culture, de sexe, d'âge, d'origine, de sensibilité, de passé…) rassemblées.
La compréhension de nos interdépendances est nécessaire pour construire une intelligence collective, pour bâtir des organisations efficaces, pour éviter des comportements qui finissent pas se retourner contre leurs auteurs.
La liberté est une valeur (universelle) créatrice de valeurs ! C'était déjà vrai hier, aujourd'hui notre puissance technologique et la complexité des situations à gérer nous expose à des dangers majeurs chaque fois que l'on entrave la communication, l'expression y compris de minorités non conformistes. Cela mène au mieux à la destruction de Challenger, au pire à Tchernobyl, voire à un suicide mondial rapide par le nucléaire, lent par la pollution.
Le non respect de l'Etat de droit, et en particulier la corruption, mais aussi le laxisme couvrant des pratiques criminelles, constituent des dérives de plus en plus dangereuses dans une société technologiquement avancée.
Les aspirations de nos concitoyens évoluent vers un renforcement des valeurs de respect de l'individu dans ses différences et une quête renforcée de sens. En revanche, la majorité des décideurs demeure persuadée que le cynisme, la loi de l'argent et du plus fort sont les seuls guides efficaces. Beaucoup de gens le croient sincèrement tout en le regrettant, et donc ne se sentent pas légitimes de s'y opposer. Les évènements de septembre dernier ont au contraire signifié la faillite des cyniques, même si ceux-ci ne l'ont pas compris. L'avenir du monde dépend d'une bataille permanente entre les concepts de la jungle et ceux de la synergie, de la symbiose. Il n'y a pas de vie possible à terme sans qu'il y ait plus de symbioses que d'oppositions violentes.
Les valeurs que vous illustrez pas votre action quotidienne sont donc les fondements de l'avenir.

 

Les répercussion de l'annonce sur l'entourage
Michèle Vial
Pédiatre de Maternité, Hôpital Antoine Béclère, Clamart

La découverte d'une trisomie 21 chez un nouveau-né déclenche une cascade d'émotions, chez les parents, l'entourage et aussi les soignants, et va inévitablement avoir des répercussions immédiates et à long terme sur l'ensemble de la famille. En maternité, les premiers moments de l'annonce aux parents puis au reste de la famille, confrontent chacun à un drame brutal et inattendu face auquel il réagit en fonction de sa propre histoire et de ses convictions,

1. Les parents
L'annonce du diagnostic de trisomie 21, comme de toute anomalie grave, provoque chez les parents une succession d'émotions, dont l'intensité et la durée varie selon chaque individu, y compris à l'intérieur du couple, et qu'il importe pour les soignants de connaître et de respecter.
· La Mère
L'attachement de la mère à son enfant commence très précocement, dès le début de la grossesse, lorsqu'elle le sent bouger, le voit aux échographies : c'est un attachement charnel, évidemment renforcé dès que le bébé est présent et commence à entrer en relation avec elle.
· Le père
Son attachement est plus tardif, même si les échographies lui permettent désormais de le voir avant la naissance, et aussi plus " intellectualisé ". Sa relation avec le bébé est moins étroite, mois physique : dans ce contexte son attachement à l'enfant risque d'être encore plus retardé.

1. La fratrie
Même lorsqu'ils obtiennent des explications, ils comprennent difficilement car les enfants vivent dans le présent et se projettent difficilement dans l'avenir : ils voient un beau petit bébé dans son berceau et ne perçoivent pas ce qui fait pleurer leurs parents.

2. Les grands parents
Eux aussi sont en difficulté : comme tous les acteurs de ce drame, ils réagissent en fonction de leur histoire, de leur culture ou de leur religion, de leurs convictions. Cette nouvelle peut entrer en résonance avec d'autres drames familiaux antérieurs. Elle peut raviver des désaccords, voire des conflits, jusque-là latents entre eux ou avec leurs enfants.

3. L'entourage
Chacun, amis ou collègue, est secoué par la nouvelle, qui peut lui rappeler un évènement de sa propre histoire. Il ne sait comment se comporter, a peur d'être maladroit, de blesser en se manifestant comme en s'effaçant.

L'équipe soignante
Au sein de l'équipe, chacun se sent aussi concerné ; il se projette inévitablement dans la situation et risque de manifester auprès des parents ses sentiments et ses convictions, ce qui ne les aide certainement pas et peut au contraire les perturber et même ajouter une souffrance inutile.

2. Le rôle des soignants dans l'accompagnement des parents

2.1. Préserver l'attachement

· Rendre à l'enfant sa dignité de personne :
· Eviter la séparation

2.2. Rendre confiance
Les parents qui viennent de mettre au monde un enfant " anormal " éprouvent une profonde blessure narcissique et perdent toute confiance dans leur capacité à procréer, surtout s'il s'agit du premier enfant. Ils ont besoin d'être rassurés dans leur compétence à être parents et donc à prendre en charge leur enfant malgré les difficultés.

2.3. Elaborer un projet
Les parents ont besoin de reconstruire un avenir pour leur enfant, notamment en participant activement au programme médical envisagé. Cette élaboration s'appuie sur :
· Une information médicale
· L'organisation avant la sortie de la maternité, du retour à la maison
· La proposition d'un soutien psychologique,

2.4. Préserver l'équilibre familial
Dans ces situations très déstabilisantes, l'équilibre de la famille tout entière est menacé, alors qu'elle constitue un soutien primordial. Il est donc important aussi de préserver le couple, la fratrie, les grands parents :
· Le couple :
· Protéger le couple, c'est aussi respecter son intimité (mais pas son isolement !) et donner au père sa place au sein de la maternité
· La fratrie
· La famille et les proches,

 

Prévenir et penser les souffrances des frères et sœurs pour favoriser l'instauration d'un lien fraternel comme ressource dans la construction psychique et le devenir des enfants.
Régine SCELLES
Maître de conférences en psychologie - Université de Tours

Nous évoquerons, à partir d'une pratique de recherche et d'une pratique de soins la nécessité pour les frères et sœurs et pour l'enfant handicapé de pouvoir parler de la manière dont ils vivent subjectivement le handicap au sein même de leur fratrie. Nous évoquerons la possibilité de prévenir certaines souffrances et montrerons que si certaines sont inévitables, elles peuvent devenir moins pathogènes, voire être transformées en ressources si elles peuvent être pensées et symbolisées.
Nous critiquerons une orientation pathocentrique, souvent retrouvée, dans les recherches portant sur la fratrie de la personne handicapée, en évoquant également les fonctions positives des expériences fraternelles.
Nous montrerons que si la capacité de contenance psychique des parents est affectée lorsqu'ils ont un enfant porteur d'un handicap, leurs autres enfants, dans certaines conditions, et si on ne leur demande pas, peuvent aider l'enfant handicapé et ses parents à subjectiver la situation de handicap et à continuer à vivre avec cette réalité traumatique.

 

Lorsque la personne vieillit, l'entourage s'interroge : la nouvelle longévité des personnes et leur projet de vie
HUBERT Guy : psychologue systémicien

- Introduction : La nouvelle longévité des adultes trisomiques présents dans nos sociétés occidentales - L'évolution d'une famille face au vieillissement des uns et des autres

- Le vieillissement :
1) Les aspects physiologiques
2) Les aspects psychologiques

- Un projet de vie pour les aînés… Un nouveau rôle pour les professionnels… Une nouvelle place pour les parents et la fratrie

- Pistes pratiques pour un projet de vie à l'attention des personnes vieillissantes :
. La ligne du temps, le récit de vie, …
. L'accompagnement des personnes handicapées mentales endeuillées
. L'organisation de la vie quotidienne

- Conclusions

 

la citoyenneté de la personne porteuse de trisomie 21
Jerry SAINTE ROSE est avocat Général à la Cour de Cassation.

De par sa fonction de magistrat, il était tout désigné pour aborder la question de

Son exposé traitera donc de l'exercice des droits et devoirs de la personne dans la cité, mais aussi des devoirs que la société s'est donnée envers ces mêmes personnes.

Une application stricte des textes suffit-elle pour que l'égalité de droits soit effective ?

 

L'adaptation des lieux d'apprentissage : de l'école à l'insertion dans le monde de l'emploi et la vie de la cité.
Pierre Henri VINAY
Directeur adjoint CNEFEI de Suresnes

Une problématique prévisible

Un contexte favorable

Une demande sociale forte la complexite institutionnelle et administrative

Des réponses immediates pour promouvoir les adaptations necessaires : dispositifs et mise en reseau de l'existant.

Des objectifs precis, des facteurs determinants.

 

Vivre en couple !
Nicole DIEDERICH
Sociologue, chargée de recherches à l'INSERM

Et je suis là, tout seul devant ma télé… et j'attends le bonheur qui viendra frapper à ma porte…. Philippe

Résumé

Si les problèmes rencontrés dans le quotidien d'une vie sont parfois tels qu'ils conduisent tant de couples à de désunir, comment de jeunes adultes, dont les difficultés intellectuelles ou de communication entraînent un surcroît de difficultés relationnelles et une plus grande vulnérabilité dans l'existence, peuvent-ils construire une relation affective, mener à bien un projet de vie en commun ? Cet exposé tentera d'aborder certains aspects de ces difficultés spécifiques :
- Comment peuvent-ils se poser face à l'autre comme homme ou comme femme alors que, souvent, on les considère encore, quel que soit leur âge, comme des " enfants " ?
- quelles conséquences sur le couple ou la vie amoureuse peut avoir le fait de vivre en situation de dépendance par rapport à un tiers (parent, tutelle) ?
- comment assumer sa sexualité, dans le respect de soi-même et de l'autre quand pèse tant d'interdits et de tabous sur cette question ?
- Où trouver des modèles qui puissent aider à construire son identité et sa sexualité ? D'un côté, il y a la vision idyllique du couple véhiculée par les médias et la publicité et, de l'autre, pour seule éducation sexuelle, des images pornographiques qui offrent une vision dégradante des rapports amoureux. Quelle influence cela peut-il avoir sur leur propre vie ?
- La quête de normalité de certaines personnes est telle qu'elle conduit parfois - dans le désir puissant de " faire comme tout le monde " - à accepter des situations intolérables et même dangereuses à seule fin de préserver les apparences. Comment les aider à se prémunir des risques sexuels sans casser leur rêves, sans faire peur inutilement ?
- Comment les aider à aborder la question de la procréation dans le respect de leur dignité ?
- Comment les aider à devenir véritablement acteur de leur propre existence, à construire une relation affective épanouissante alors que leur identité est entachée par la discrimination dont ils sont souvent victimes ?
- Enfin, si l'on examine le cas de ceux qui ont vécu une enfance très déstabilisée ou qui ont été victimes de violences - et c'est le cas de nombreuses personnes accueillies en institutions spécialisées - quelle chance ont-ils de pouvoir échapper à la reproduction à l'identique de situations désastreuses pour eux-mêmes et leurs enfants ?

Mais en examinant la spécificité des problèmes rencontrés par des jeunes et moins jeunes par rapport à la vie de couple, nous pourrons constater que nombre d'entre eux ne sont guère différents de ceux auxquels nous avons tous, à un moment ou à un autre, été confrontés. Et cela vient confirmer, si besoin était, que chacun est avant tout, selon la très belle expression de J.P. Sartre : " un homme, fait de tous les hommes qui les vaut tous et que vaut n'importe qui."

 

Le rôle des perceptions sensorielles de l'enfant porteur d'une trisomie 21 dans ses relations avec le milieu environnant.
Shirley Vinter

Maître de conférences, H.D.R
Université de Franche- Comté
Faculté de médecine et de Pharmacie
Ecole d'Orthophonie

La perception désigne la fonction par laquelle nous connaissons notre environnement. Les informations extraites au moyen de nos sens nous renseignent non seulement sur l'environnement mais également sur notre corps, notre sensibilité, nos mouvements et permettent de les traiter de façon adaptée. Ils assurent les premiers échanges physiques et sociaux de l'enfant et sont aux sources de la parole. Processus perceptifs, processus cognitifs et affectifs sont des éléments interdépendants d'un même système adaptatif.

Bien que nous manquions cruellement de travaux sur les compétences perceptives de l'enfant porteur d'une trisomie 21- surtout chez des enfants francophones- , de nombreux chercheurs (Rondal, Lambert...) signalent outre une communication non verbale particulièrement réduite, une capacité de discrimination faible et une efficacité limitée du processus de traitement de l'information. Ils soulignent également des capacités d'attention limitée avec difficultés d'éveil et de régulation de la vigilance, accompagnées d'une lenteur des temps de réaction.

Dans le cadre de cet exposé, nous parlerons des modalités sensorielles les plus connues chez les enfants porteurs d'une trisomie 21. Nous nous centrerons donc sur la perception visuelle et son importance dans l'établissement des premières interactions, la perception tactilo- kinesthésique et surtout la perception auditive en insistant sur son rôle fondamental dans le développement de l'enfant.
Il paraît essentiel de connaître le développement prélinguistique de l'enfant trisomique, de repérer les déficits pour mettre en place des projets d'accompagnement parental et des programmes d'intervention précoce dans une perspective développementale. L'analyse de ces comportements forme la base de toute évaluation de la communication et du langage de l'enfant porteur du SD.


L'émotion de ceux connaissant des personnes porteuses de trisomie 21
Professeur Manuel BOUVARD
(Pédopsychiatre Centre Hospitalier Charles PERRENS Bordeaux)

Ceux qui connaissent des personnes porteuses de trisomie 21 (jeunes ou moins jeunes) sont souvent frappés par l'émotion perceptible qui se dégage de leur discours ou attitudes.
Ceux qui ne les connaissent pas perçoivent cependant des émotions qui peuvent empêcher ou perturber la relation.
Quels sont les mécanismes de cette émotion qui favorise ou entrave les relations avec l'entourage ?
Comment faire en sorte qu'elle devienne facilitatrice plutôt qu'inhibitrice ?

 

Les Programmes de Suivi Médical en Europe
Alberto Rasore-Quartino
Président du Comité Scientifique d'EDSA Gênes, Italie

La trisomie 21 est l'anomalie chromosomique la plus fréquente chez l'homme. Elle est caractérisée par retard mental, des défauts immunologiques et vieillesement précoce. Sa fréquence, associée à une survie prolongée, qui dans les dernières années peut arriver à 50-60 ans, impose une programmation sanitaire capable de faciliter soit les programmes de réhabilitation que ceux d'insertion sociale, qui ont transformé la vie des personnes trisomiques.
L'intervention médicale a le but de prévenir et/ou traiter en temps utile les affections qui frappent les porteurs de la trisomie 21 d'une fréquence accrue et qui sont la cause d'une morbilité et d'une mortalité élevée, quand elles sont négligées. Il est pourtant nécessaire de connaître l'histoire naturelle de la trisomie 21, les complications mèdicales associées et leur prévalence dans les différents âges.
L'Association Européenne Syndrome de Down (EDSA) propose ici une série de contrôles périodiques de santé qui peuvent être utiles à tous les pédiatres et les médecins qui s'occupent des trisomiques, de l'enfance à la vieillesse. On veut souligner que ces procédés ont des buts quelque peu différents, quoique également importants, chez l'enfant, où ils sont conçus pour faciliter les étapes de la réhabilitation et chez l'adulte, où ils sont nécessaires pour maintenir les habiletés acquises.
Le programme de suivi médical qui va être présenté a été ordonné par groupes d'âge, commençant par la période prénatale, qui est rès délicate et importante pour l'acceptation de l'enfant qui doit naître. On continue avec les problèmes qui peuvent être présents à la naissance (malformations congénitales, diagnostic clinique et cytogénetique, etc.). Après, on va expliquer les contrôles conseillés dans la première année de vie, dans l'âge préscolaire et scolaire (alimentation, défauts visuels et auditifs, infections, tests hématologiques, thyroïde, maladie celiaque, etc.). Pour l'adolescent et le jeune adulte un'attention particulière doit être prêtée au developpement sexuel, à la prévention de l'obésité, etc.). Enfin, on propose de contrôles de santé pour l'adulte et le vieillard, dont les problèmes médicaux sont trop souvent négligés ou méconnus.
Un suivi médical bien fonctionnant peut permettre une réhabilitation efficace, une insertion sociale active et, en conclusion, une meilleure qualité de vie.

 

Les conditions de la participation des personnes porteuses de trisomie 21 à la vie commune
Henri Jacques STIKER
Directeur de Recherches au laboratoire des sociétés occidentales
Université Diderot Paris VII

La question que j'aimerais poser est celle du rapport entre la trisomie 21 et l'environnement, et en faire ainsi un cas emblématique pour d'autres types de "déficience". Nous avons sans doute été trop fixés sur la déficience, même si l'on a évoqué avec raison le traumatisme que représente pour des parents qui ne s'y attendent pas l'arrivée d'un bébé porteur de la trisomie, mais il demeure que les conditions (affectives, intellectuelles, sociales, institutionnelles) dans lesquelles l'enfant est plongé sont déterminante pour son devenir. Ce qui veut dire que quelque soit le lieu où l'enfant se trouve une des tâches éducative est de lui procurer un environnement qui soit aussi riche et aussi stimulant que celui dont devrait bénéficier tout enfant. Ce rapport entre l'individu et l'environnement redistribue les cartes éducatives et invite à une collaboration étroite entre les professionnels spécialisés et les professionnels du secteur commun"


 
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