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Un rapport intermédiaire présente les conséquences sur la santé suite à l’explosion de l’usine AZF Institut National de Veille
Sanitaire, Un rapport intermédiaire présenté aujourd’hui fait état des conséquences sur la santé suite à l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, survenue le 21 septembre 2001 à 10h17, faisant 30 morts et un nombre considérable de blessés. Ces résultats préliminaires sont le fruit du dispositif de suivi épidémiologique mis en place par l’InVS et la DRASS Midi-Pyrénées dans les premiers jours qui ont suivi l’explosion de l’usine. Le rapport est présenté aujourd’hui à l’occasion d’une réunion du Comité institutionnel du suivi AZF (présidé par le Préfet de la région Midi-Pyrénées). L’objectif de ce dispositif était d’évaluer d’une part, les conséquences sanitaires (à moyen et à long terme) de l’explosion de l’usine AZF afin de mesurer l’ampleur des séquelles que peut laisser un tel événement sur la santé des populations, et d’autre part, d’apporter des éléments d’informations permettant d’adapter les prises en charge de la population touchée par cette catastrophe, et de formuler des recommandations pour la prise en charge de populations qui seraient soumises à des événements comparables dans le futur. De nombreuses lésions liées à des blessures et des traumatismes ont été observées durant le suivi épidémiologique. Parmi les 226 personnes hospitalisées les 21 et 22 septembre au CHU de Toulouse, 93% des diagnostics concernaient des plaies, des blessures physiques (dont 10% pour des lésions oculaires). Ces lésions sont survenues à la suite d’un effet de blast primaire(1) ou secondaire auquel s’est ajouté un effet de traumatisme sonore pour les lésions auditives. Ces lésions peuvent disparaître ou engendrer une surdité irréversible partielle ou totale et dépendent de l’intensité des effets du blast et du traumatisme sonore. D’autre part, les médecins ORL ont signalé 581 cas de consultations (en milieu hospitalier public ou privé) pour troubles auditifs pendant le mois suivant l’explosion et le réseau sentinelles a permis d’estimer à 2176 le nombre de consultations (pour des lésions similaires) entre le 1er octobre et le 23 novembre 2001 dans l’agglomération toulousaine. Concernant les conséquences sanitaires liées à des expositions environnementales (notamment aux dérivés nitrés), des troubles irritatifs respiratoires et oculaires ont été signalés. Ces troubles sont survenus en moyenne plusieurs semaines après l’explosion de l’usine. Par ailleurs, aucun risque significatif pour la santé des populations n’a pu être mis en évidence pour une exposition à d’autres substances présentes dans l’air, l’eau et les sols. L’analyse des conséquences sur la santé mentale a permis d’estimer que plus de 8000 personnes ont consulté leur médecin généraliste pour un stress aigu post-traumatique dans les semaines qui ont suivi l’explosion et 5000 personnes ont débuté un traitement psychotrope (anxiolytique, somnifère, antidépresseur). Les experts considèrent que ces manifestations qui concernent le stress aigu demeurent sous-estimées car elles ne sont évaluées que sur les personnes qui ont eu recours aux soins. Plusieurs enquêtes complémentaires sont planifiées afin de compléter les connaissances actuelles et affiner les résultats présentés aujourd’hui : une enquête auprès des travailleurs de l’agglomération toulousaine et des sauveteurs qui sont intervenus durant les 3 jours suivants l’explosion, des enquêtes auprès des élèves (écoles primaires et secondaires) et enfin, une enquête auprès de la population toulousaine. Enfin, le Comité scientifique du suivi épidémiologique AZF recommande aux professionnels de santé d’effectuer un dépistage des atteintes auditives chez les personnes les plus exposées (personnes présentes au moment de l’explosion et se situant dans un rayon de 1,7 km autour du site).
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