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Campagne nationale d'information sur l'hépatite C et d'incitation
au dépistage du VHC
Conférence de presse du 1 juin 2001 - Paris.
Le dépistage de l'hépatite C se justifie par la prévalence
élevée de l'infection dans la population, sa morbidité précoce,
l'intérêt médical d'une prise en charge précoce, mais également
l'innocuité du dépistage associé à une grande fiabilité des
résultats. Le dépistage systématique généralisé ne se justifie
pas. Néanmoins, les populations à risque sont les transfusés,
les toxicomanes et la population carcérale. Le test de dépistage
est réalisé en ELISA, complété par une recherche de l'ARN
viral, par PCR, à la recherche d'une chronicité de l'infection.
Le nombre des tests de dépistage effectués est en augmentation
régulière depuis 1999 : il est estimé à un peu plus de 1 016
000 en 1999 et se situerait entre 1 150 000 et 1 200 000 en
2000. Les CADG ont acquis les compétences du dépistage VHC
et intègrent leur action dans le cadre de la CMU (population
trois fois plus touchée que la population générale).
Le dépistage 2000 de l'hépatite C a été évalué à 211 MF. Dans
ce budget est inscrit le coût du dépistage biologique complet,
y compris la recherche de l'ARN viral, comme le préconisait
la conférence de consensus de février 1999.
Les études épidémiologiques font état d'une prévalence de
1,2% ( avec des variations interrégionales) soit entre 500
et 650 000 personnes dont 80% sont porteuses du virus.
La transmission du virus se fait par voie sanguine à partir
du sujet contaminé. l'Institut national de la veille sanitaire
(InVS) a en charge le suivi épidémiologique de la maladie
et son action se fait au travers - d'une surveillance par
le biais de 24 pôles de référence hépatite C
- d'un réseau national de laboratoires d'analyses médicales
- d'une enquête cas-témoin sur des séroconversions détectées
et d'une cohorte prospective sur des toxicomanes séronégatifs
- d'une enquête hospitalière sur la co-infection VHC-VIH.
Les priorités à venir de l'InVS porteront sur des études de
prévalence régionales, la surveillance de l'hépatocarcinome,
l'évaluation des conséquences de l'hépatite C à long terme,
l'évaluation du risque de transmission VHC lié au piercing
et les déterminants des pratiques à risque de transmission
VIH-VHC.
L'organisation des soins repose sur une mise en réseau intégrant
les services hospitaliers, les structures socio-sanitaires,
les CDAG, les CSST, les CCAA et les associations d'usagers.
Il existe actuellement 30 pôles de référence chargés de gérer
cette pathologie, ils sont impliqués dans les 34 réseaux Hépatite
C mis en place par la circulaire du 21 mai 1999. Ils ont justifié
un premier budget de 10,7 MF en 1995 auxquels ont été rajoutés
45 MF entre 1995 et 2000.
Les prescriptions hospitalières en matière de bi thérapie
font l'objet d'un suivi centralisé :
10 400 traitements ont été mis en route en 1999, ce chiffre
reste identique en 2000.
Les risques liés au tatouage et au piercing sont un des sujets
de préoccupation en matière de transmission virale.
Les mesures d'information visent à :
- informer les " praticiens " des risques encourus et leur
donner les moyens de les prévenir (guide des BPC d'hygiène)
- informer les clients potentiels des risques encourus, notamment
infectieux.
Les usagers de drogues par voie intra-veineuse représentent
un groupe particulièrement à risque avec une prévalence de
contamination allant jusqu'à 60%. En effet, malgré l'accès
facilité aux seringues stériles, ces usagers continuent à
partager leur matériel d'injection.
Par ailleurs, la personnalité des toxicomanes ne facilite
pas la prévention qui repose à la fois sur la prévention des
risques de transmission virale et sur la prise en charge de
la toxicomanie.
Les actions de prévention débutent par l'accès au matériel
d'injection (Stéribox2, Kit+, Kap+, vente de seringues à l'unité,
programme d'échange de seringues, boutiques) grâce à un large
financement de l'Etat mais également de l'Assurance maladie.
La participation des usagers repose sur un large investissement
des éducateurs spécialisés, des assistants sociaux, des médecins
et des infirmiers participant aux structures précitées. Leur
rôle est essentiel.
La mobilisation des pharmaciens est un passage obligatoire
pour la réussite du projet, tout comme celle des élus.
La prévention en milieu carcéral ne doit surtout pas
être négligée, le taux de prévalence y est 4 à 5 fois supérieur
à celui de la population générale.
Pour mémoire, la politique de réduction des risques s'intègre
dans un plan triennal adopté en juillet 1999 ; elle repose
essentiellement sur le maintien d'un bon niveau d'accessibilité
au matériel d'injection.
Le dispositif de communication repose sur trois objectifs
:
- faire prendre conscience à la population des risques
- favoriser une démarche de dépistage chez les sujets à risque
- informer sur les progrès thérapeutiques.
Ces objectifs seront menés à bien, pour le grand public,
grâce une campagne de presse mi-juin, une campagne radio à
l'automne, des documents d'information grand public en juin
et en septembre.
Une information pédagogique pour les professionnels de
santé se fera par un mémo en juin et une information pratique
et pédagogique en septembre.
Les usagers de drogues seront le cœur du dispositif
avec distribution de brochures d'information sur les pratiques
à risque, en septembre, suivie d'une incitation au dépistage.
Le guide de bonnes pratiques d'hygiène pour les tatoueurs
et pierceurs sera distribué aux intéressés et consultable
par le biais de lien sur le site du ministère à partir des
sites consacrés à ces méthodes.
Enfin, les jeunes seront sensibilisés à ces risques
par une campagne radio et sur le web.
Dr Françoise Girard
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