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VIH en Europe
: l’augmentation continue dans les pays de l’ex-Union soviétique
tandis que les nouveaux diagnostics liés à une transmission
hétérosexuelle s’amplifient à l’Ouest
EuroHiv,
1er juillet 2002
Le nombre de nouveaux diagnostics
d’infection à VIH ne cesse d’augmenter dans les pays de l’ex-Union
soviétique. Dans ces pays de l’Est, l’urgence est de contrôler
l’épidémie liée à l’injection de drogues et d’éviter que le
VIH ne se transmette à large échelle par voie sexuelle.
En Europe de l’Ouest, on observe
une augmentation des nouveaux diagnostics VIH liés à une transmission
hétérosexuelle. C’est ce que constate EuroHIV(1) qui présente
les dernières données de surveillance épidémiologique de l’infection
à VIH et du sida dans les 51 pays de la région Europe de l’OMS
à fin 2001(2). En Europe de l’Est, 100 000 nouveaux diagnostics
d’infections à VIH (365 par million d’habitants) ont été déclarés
en 2001 (68 000 en 2000 et 15 000 en 1998). La majorité de
ces infections ont été diagnostiquées chez des utilisateurs
de drogues injectables (UDI) et concernent majoritairement
des hommes (75%) jeunes (80% ont moins de 30 ans). En 2001,
des taux très élevés ont été déclarés en Estonie (1067 infections
à VIH par million), en Russie (594 par million), en Lettonie
(347) et en Ukraine (139 par million). Cependant, l’épidémie
s’étend progressivement à la plupart des autres pays, y compris
ceux du Caucase (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie) et d’Asie
centrale (Kazakhstan, Kirghizistan).
Bien que le nombre d’infections
liées à une transmission sexuelle reste relativement bas,
il augmente de manière significative depuis 2-3 ans en Europe
de l’Est. Le danger que l’épidémie ne s’étende aux partenaires
sexuels des UDI et à d’autres groupes vulnérables (homosexuels
masculins, prostituées et leurs clients, personnes atteintes
de MST) est donc imminent. Par ailleurs, la proportion de
dons de sang infectés a augmenté très rapidement au cours
des dernières années, atteignant des niveaux alarmants (en
Ukraine, par exemple, où les dons de sang sont rémunérés).
Certains pays ne testent pas la totalité des dons de sang
en raison du manque de kits de dépistage.
En Europe de l’Ouest, 12 000
cas d’infection à VIH (55 cas par million d’habitants) ont
été déclarés en 2001 dans les pays ayant mis en place la déclaration
de la séropositivité. Il faut cependant souligner que trois
des pays les plus touchés par le VIH – l’Espagne, la France
et l’Italie – ne disposent pas à ce jour de déclaration du
VIH à l’échelle nationale. Dans l’ensemble des autres pays,
le nombre de nouveaux diagnostics diminue chez les UDI et
reste inchangé chez les homo/bisexuels masculins. En revanche,
il augmente depuis 1996 pour les transmissions hétérosexuelles,
notamment chez les personnes originaires d’Afrique sub-saharienne.
La diminution des cas de sida, amorcée en 1996 avec l’introduction
des nouveaux traitements antirétroviraux, s’estompe progressivement
(le nombre de nouveaux cas de sida liés à une transmission
hétérosexuelle est stable depuis 2-3 ans). En Europe centrale,
les taux de sida et de nouveaux diagnostics VIH restent relativement
bas dans l’ensemble (moins de 10 cas par million déclarés
chaque année au cours de la période 1996-2001).
La situation dramatique à l’Est
ne doit pas conduire à une banalisation de la situation à
l’Ouest et au Centre où les mesures de prévention doivent
être maintenues, voire renforcées. Malgré la réduction de
l’infectivité des séropositifs sous traitements, les nouveaux
diagnostics ne diminuent pas et il semble que les comportements
à risque augmenteraient chez les homo/bisexuels masculins.
Les personnes originaires de pays à haute endémicité représentent
une part de plus en plus importante des nouveaux diagnostics.
Ces personnes ont pu être infectées soit dans leur pays d’origine,
soit dans leur pays d’accueil, en Europe ; le diagnostic est
souvent posé tardivement, ce qui pose un problème en terme
d’accès aux traitements. Des actions de prévention ciblées
et non-discriminatoires doivent être développées pour ces
populations. La migration économique des pays les plus touchés
d’Europe de l’Est représente une autre source épidémique potentielle
pour l’Europe centrale et l’Europe de l’Ouest. Là encore,
la mise en œuvre de programmes de prévention et de dépistage
est une priorité.
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