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Présentation
du programme d'actions destiné aux personnes souffrant de
Maladie d'Alzheimer et maladies apparentées.
Secrétariat d'Etat à la Santé
Paris le 11 octobre 2001
Rapporteur : Dr F. Girard
Bernard Kouchner a rappelé que la fréquence et le caractère
clinique préoccupant des démences (Alzheimer ou apparentées)
faisaient aujourd'hui de ces pathologies une priorité de santé
publique et que les troubles du comportement et la perte d'autonomie
qu'elles induisaient les rendaient préoccupantes aussi bien
pour les malades eux-mêmes que pour leur entourage ou les
professionnels de santé qui les avaient en charge.
Ce sont bien des maladies à prendre en charge, et non pas
un vieillissement normal, et l'approche de leur traitement
a vraiment débuté avec l'arrivée de la Tacrine. Six objectifs
ont ainsi été définis. Il apparaît ainsi que la moitié des
démences ne sont pas identifiées (identification) et s'il
n'est pas licite de mettre en place une campagne de dépistage
systématique en absence de marqueurs fiables, il apparaît
tout à fait opportun de favoriser leur diagnostic précoce.
Il semble important d'insister sur le dépistage d'une difficulté
à assumer les gestes de la vie quotidienne, alors que banalisée
par la famille voire le médecin traitant, en absence de formation
ad hoc et d'outils d'évaluation.
La mise en place de consultations "mémoire" (accès à un diagnotic
de qualité) selon un protocole validé par l'ANAES en février
2001, ainsi que celle d'outils d' évaluation répond à un cahier
des charges intégrant dans son projet de soins la notion de
réseau (et justifie de ce fait d'un budget de 35 MF). Des
centres "mémoire" de ressource seront désignés, en dehors
de leur rôle de recherche clinique, ils devront s'investir
dans les échanges inter réseaux, les formations médicales
et paramédicales, mais aussi sur une réflexion éthique. Aussi,
une enveloppe de 5 MF leur a -t-elle été accordée.
Sont également prévues des tables rondes citoyennes (préservation
de la dignité des personnes), en collaboration avec des associations
de malades, qui devront réflechir sur les modes d'annonce
du diagnostic, la méthodologie des privations de liberté
à mettre en place et dont les conclusions seront rendues publiques.
Enfin, les axes de recherche clinique doivent être clairement
identifiés.
En dehors du travail fondamental de l'Inserm et du programme
hospitalier de recherche clinique, ils porteront sur l'élaboration
de recommandations (favoriser les études et la recherche clinique)
à l' usage des praticiens en terme de soins et de soutien,
sur la mise en place d'outils de formation, mais également
sur l'identification des facteurs de risques (programme" 3
cités" et filières de soins mises en place à Toulouse par
les Professeurs Vellas et Albarède).
Au travers du travail de Madame Guinchard-Kunstler, il apparaît
que les difficultés de gestion de cette maladie reposent sur
plusieurs composantes, aussi, c'est sur un programme médico-social
que reposera la mise en place d'une aide de soutien et d'information,
adaptée, destinée aux malades, aux familles, et aux professionnels
de santé. Il devra fournir aux malades les moyens de vivre
avec leur inquiétude face à l'évolution inéxorable de cette
maladie, proposer des solutions de soutien aux aidants qui
ne savent souvent plus comment faire face et enfin offrir
aux professionnels des démarches d'équipe leur permettant
de rompre un isolement difficile à assumer, pour eux aussi.
La question est de comment faire pour "médicaliser le diagnostic
et démédicaliser la prise en charge". Pour les malades, le
projet vise améliorer l'aide à domicile et développer des
structures d'accueil adaptées (1750 place d'accueil de jour
sont prévues en 2002 - soit 7000 en 4 ans) et 750 places d'hébergement
temporaire le sont également, ce qui portera à 3000 le nombre
de places de ce type créees en 4 ans.
Il est également prévu l'adaptation des établissements d'
hébergement pour gens âgés aux besoins spécifiques engendrés
par la démence. On peut déjà remarquer que les familles de
malades sont particulièrement solidaires et qu'elles font
preuve de remarquables capacités d'innovation au travers de
permanences d'accueil, de brochures d'information, de groupes
de paroles ou encore de réseaux d'entraide.
Trois types d'action sont prévus,
leur information et leur formation par le biais de réunions,
la mise en place de temps de répit, et de groupes de paroles.
Ce programme devra savoir s'adapter à des besoins sans cesse
renouvellés, voire anticiper ces derniers. Enfin, les professionnels
de santé ne peuvent pas être oubliés, l'aide viendra au travers
d'un guide spécifiquement destiné à leur usage , leur fournissant
des outils permettant de mieux comprendre la maladie. Il est
également indispensable de leur insufler à la fois une dynamique
d'équipe et un biais de questionnement éthique. Il apparaît
donc que seule une prise en charge précoce reposant sur le
projet de soins d'une équipe gériatrique pluridisciplinaire
permettra une amélioration réelle de la situation actuelle.
Il s'agit d'une décision fondamentale face à un devoir d'humanité
pour éviter que ces malades " ne glissent hors de l'espèce
humaine".
Voir le
dossier de caducee.net sur la maladie d'alzheiner
http://www.caducee.net/DossierSpecialises/neurologie/Alzheimer.asp
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