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Les Faits
Marquants de l'Assurance Maladie,
édition 2002
Rapport de juin 2002
Paris, le 26 juin
2002
Rédaction : Dr Françoise
Girard
Cette étude faite chaque
année, depuis trois ans, met en avant la pratique médicale
et son organisation telles qu'elles sont actuellement en France
et permet de ce fait d'établir des pistes d'amélioration.
Ce travail est le plus souvent régional, reposant sur
les SROS. Il représente le miroir de multiples travaux,
que ce soit le pilotage de programmes de santé publics
et la planification hospitalière, l'analyse des prescriptions,
le contrôle des professionnels, l'audit des pratiques
médicales ou encore la mise en place d'outils d'amélioration.
Il a été prouvé que la publication des
Faits Marquants permet d'une année sur l'autre de très
sensibles améliorations du système de santé.
Il ne s'agit en fait que de la poursuite de l'objectif premier
de l'Assurance Maladie qu'est la qualité des soins
pour chacun des assurés sociaux.
En matière d'établissements
de santé, les études ont porté sur l'infarctus
du myocarde en Aquitaine, la psychiatrie en région
Centre, la réanimation en Languedoc Roussillon, l'état
buccodentaire dans l' Essonne.
Dans le domaine des pratiques et des comportements, les études
ont porté sur l'hypercholestérolémie
dans 5 régions françaises, le dépistage
du diabète en Lorraine, la iatrogénie médicamenteuse
dans plusieurs URCAM.
En matière de contentieux, le bilan d'une démarche
juste vis à vis des professionnels a été
fait sur l'ensemble du territoire français, à
partir de cas ponctuels.
L'infarctus du myocarde
en Aquitaine a tué 1500 personnes, 40% de ces décès
ont lieu au sein d'une structure hospitalière et l'on
sait que le pronostic vital dépend de la facilité
d'accès à un traitement de revascularisation
et à la précocité de sa mise en oeuvre.
Il apparaît au travers de cette étude que l'utilisation
du centre 15 est très insuffisante :
- 5% des sujets ont appelé le 15, alors que l'on sait
que cet appel induit une prise en charge plus rapide.
- Un tiers seulement des patients est hospitalisé sous
moins de 12 heures, alors que l'on sait que l'effet d'une
revascularisation est maximal au cours de 3 premières
heures.
- Le taux d'accès à une revascularistaion est
variable selon les localisations, variant entre 23 et 41%,
en sachant que l'existence d'un centre de cardiologie interventionnelle
ne garantit pas toujours une meilleure prise en charge.
- On remarque que la mortalité est moindre en cas de
thrombolyse pré hospitalière et ce certainement
parce que ce geste thérapeutique témoigne d'une
prise en charge plus précoce.
Les principaux objectifs du plan de l'Assurance maladie visent
à réduire les délais d'admission ou de
prise en charge par le SMUR, de développer la thrombolyse
pré hospitalière, de raccourcir le délai
d'attente entre l'entrée dans l'établissement
et le mise en route de la revascularisation.
La réalisation de ces objectifs repose sur deux protocoles
élaborés par des experts régionaux et,
par ailleurs, l'URML d'aquitaine va, au travers d'un groupe
de travail, tenter de mieux sensibiliser les généralistes
à la prise en charge des IM et notament à l'intérêt
du 15 dans cette procédure.
En 1997, l'ARH Centre avait
demandé l'analyse des structures psychiatriques
existantes au travers d'un travail réalisé en
partenariat avec les psychiatres et qui a permis une remise
à plat complète de cette offre de soins :
- la révision de la carte sanitaire sur la base de
0,9 lit pour 1000 habitants, proposition prise en compte par
l'ARH.
- l'identification des placements inadéquats, dont
le taux a été évalué entre 34
et 63% et portant essentiellement sur la schizophrénie.
- l'amélioration des structures de sortie vers une
orientation vers des structures plus adaptées et notament
celles assurant des soins longue durée, vers des foyers
à tarification double ou des unités de soins
de psychiatrie prolongée.
Les propositions du service médical ont été
suivies de réalisations concrètes : 519 lits
de courts séjours psychiatriques adultes ont été
fermés entre 1999 et 2001 et plus des 2 / 3 des 765
créations de places proposées ont été
obtenues et de nouvelles structures plus adaptées aux
pathologies rencontrées sont en cours de réalisation.
Bien que représentant
10% du budget hospitalier public, la réanimation
présente de grosses lacunes qualitatives et organisationnelles
au travers de l'étude réalisée dans 30
services de réanimation de la région Languedoc
Roussillon : seule la moitié des services effectue
vraiment de la réanimation et, par ailleurs, les équipements,
les locaux et la permanence des soins est insuffisante dans
un service sur deux.
Aussi les décisions portent sur des fusions d'entités
de réanimation, sur la redéfinition des lits,
des modifications en matière d'organisation et de personnels
(garde spécifique de réanimation, dotation d'équipements,
lutte contre les infections nosocomiales, reflexion sur la
prise en charge neurologique au CHRU, la gestion des transferts.....),
mais aussi l'entretien actif du réseau régional
de télémédecine en neuro imagerie connectant
les dix centres hospitaliers.
Les chirurgiens dentistes de
l'Essonne ayant en charge les personnes âgées
des EHPAD ont évalué les besoins en soins
dentaires des personnes hospitalisées et ce compte
tenu de la répercussion de la malnutrition induite
par la manque de soins dentaires.
C'est ainsi que 34% de la population est totalement édentée
et sur l'ensemble de l'étude, il reste, en moyene 8,3
dents par sujet dont 4,1 saines. Toujours en moyenne, il ya
2,6 dents à extraire, 52% des sujets avaient besoin
de prothèses adjointes et 33% de soins conservateurs.
Il est également apparu des carences de prise en charge
liées à l'insuffisance de vacations en odontologie
voire l'absence complète de filières de soins
bucco dentaires.
C'est la raison pour laquelle depuis le 1er janvier 2002,
dans l'Essonne, chaque nouvel entrant bénéficie
d'un bilan bucco dentaire et de soins conservateurs et chirurgicaux
consécutifs.
La maladie coronaire est
responsable de 120 000 infarctus du myocarde et de 40000 décès
et l'hypercholestérolémie est identifiée
comme l'un des 4 principaux facteurs de risque sur lequel
il est possible d'agir. Les conditions de dépistage
et de prise en charge ont été analysées
dans 5 régions françaises et il en ressort que
les conditions de pise en charge sont loin d'être optimales
:
- le régime alimentaire est un parent très pauvre
de la lutte anti cholestérol, dans un tiers à
50% des cas, le régime n'est pas proposé avant
la mise en route du traitement médicamenteux.
- la détermination du taux de LDL- cholestérol
n' est souvent pas faite en début ou en suivi de traitement
- un quart à un tiers des traitements sont débutés
avec un taux de LDL cholestérol inférieur au
seuil recommandé pour l'instauration du traitement
médicamenteux hypolipémiant.
- les traitements en cours ne permettent pas d'atteindre les
valeurs cibles de LDL cholestérol dans 13 à
26% des cas en prévention primaire.
- en Ile de France et en Corse, près des 40% de patients
traités en prévention secondaire ont un taux
de LDL cholestérol n'atteignant pas l'objectif thérapeutique
souhaitable.
L'absence de régime associé ou l'inobservance
du patient vis à vis de son traitement médicamenteux
peuvent expliquer la situation.
L'Assurance Maladie insiste sur l'importance du régime
alimentaire qui constitue un traitement à part entière
qui justifie une sensibilisation de la part des patients,
ce d'autant que le co ût des traitements hypolipémiants
représente un gros poste budgétaire.
C'est ainsi que les médecins conseils vont rencontrer
les généralistes pour promouvoir les recommandations
de l'ANAES et ce lors des demandes de prise en charge à
100% pour une affection cardio vasculaire.
Le dépistage du diabète
de type II est une priorité qui a justifié
la mobilisation des professionnels de santé et de l'Assurance
Maladie. L'évaluation de la campagne lorraine "Et
si j'étais diabétique sans le savoir ?"
sur plus de 1500 sujets fait apparaître que :
- près d'un tiers des répondants ont un facteur
de risque et un quart un membre de leur famille diabétique.
- l'impact médiatique est certain.
- le dépistage par la glycémie à jeun
progresse chez le non diabétiques de 11,7%.
- le nombre d'éxonérations du ticket modérateur
a augmenté.
Il apparaît donc que l'augmentation en valeur absolue
et en proportion de l'ensemble des affections longue durée,
des exonérations pour diabète de type II et
celle du nombre de sujets non diabétiques ayant bénéficié
d'un dosage de la glycémie militent en faveur d'un
impact positif de cette campagne et encouragent à la
poursuite de ces actions.
On remarque en France que 3,2%
des sujets hospitalisés le sont du fait d'un effet
indésirable médicamenteux, alors même
que ces effets sont prévisibles et évitables
dès lors qu'ils sont liés aux pratiques médicales
ou à un mauvais usage des thérapeutiques par
le médecin ou le patient.
Les raisons des préoccupations sont patentes :
- le risque iatrogène est bien présent.
- la iatrogénie médicamenteuse frappe volontiers
des populations déjà vulnérables, les
personnes âgées, les femmes enceintes ou encore
les enfants.
L'objectif de l'AM est donc de réduire dans les 5 prochaines
années, le risque iatrogénique d'un tiers.
Dans le cadre du bon usage
du contentieux, l'AM s'efforce de mettre l'accent sur
l'information, la pédagogie et l'incitation aux bonnes
pratiques et voudrait faire des actions correctives une exception.
Les affaires traitées ont porté sur des agissements
ayant porté préjudice aux assurés sociaux
ou aux organismes d'AM.
Les pratiques répréhensibles ont été
des facturations d'actes non prescrits, d'étranges
surfacturations de chimiothérapie dont le caractère
délibéré était une évidence,
des diagnostics de séropositivité baclés,
la répétition d'actes invasifs à forte
cotation, des actes sans fondement médical et surfacturés.....
L'AM a donc très logiquement une politique de protection
des assurés et se doit, de fait, de sanctionner les
comportements abusifs ou dangereux.
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