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Dossier assurance
maladie printemps 2002
CNAM
Mai 2002
Rédaction : Dr Françoise Girard
BENZODIAZEPINES : PREVENIR LES MAUVAIS USAGES ET LA SURCONSOMMATION
Il s'avère qu'aujourd'hui les français consomment 3 fois plus
de médicaments psychotropes que les anglais ou les allemands.
3,4 millions d'entre eux consomment des Benzodiazépines, majoritairement
des femmes : 47 % d'entre elles ont une ancienneté du traitement
supérieur à 5 ans avec donc une certaine dépendance.
Les hommes jeunes, les femmes d'âge moyen, les personnes âgées
de plus de 60 ans sont concernés par cette surconsommation
dont la prescription est le fait des généralistes. Il faut
rappeler que les risques inhérents à cette surconsommation
sont graves en terme de dépendance mais aussi de risque propre.
Tout d'abord les prescriptions sont rarement adaptées puisque
les posologies et les durées maximales de prescription sont
abusives et cela touche essentiellement les produits comme
le Tranxène 50, le Nordaz 15 ou encore le Rohypnol 1 mg.
Il faut rappeler que les risques liés aux Benzodiazépines
sont cotables en terme d'accidents du travail, d'accidents
de la route et de chutes notamment responsables de fractures
chez les plus âgés. La surconsommation entraîne rapidement
une dépendance psychique, voire psychologique, d'où les dépassements
de doses et de durées du traitement. Il faut savoir que le
produit le plus en cause est le Rohypnol dont les mauvais
usages sont fréquents alors qu'il existe de nombreuses alternatives.
A noter que sa consommation au long cours entraîne une baisse
significative de la mémoire, un affaiblissement de la tonicité
musculaire et une diminution conséquente de la vigilance diurne.
L'Assurance Maladie entend aujourd'hui sensibiliser le grand
public aux risques liés à la surconsommation de ces benzodiazépines
ainsi qu'aux dépendances induites en les informant que les
difficultés d'endormissement, les manifestations d'anxiété
ne sont pas nécessairement d'ordre pathologique et ne nécessitent
pas une prescription en continu, en incitant les prescripteurs
à veiller à ce que ces spécialités soient utilisées de façon
plus rationnelle, dans le cadre des référentiels médicaux
existants et c'est la raison pour laquelle une plaquette d'information
destinée aux professionnels de santé et des émissions radio
vont être mises en place par l'URCAM du Centre. En terme de
chiffre, il apparaît que 36 % des patients dépassent les posologies
maximales recommandées pour Nordaz et Rohypnol et 23 % pour
le Tranxène.
Cette surconsommation est particulièrement notable chez les
sujets jeunes. Entre 20 et 40 ans, 50 % des consommateurs
de Rohypnol dépassent les posologies usuelles et 30 % pour
le Tranxène. On oublie trop souvent que les recommandations
aux thérapeutique prévoient une diminution de moitié des posologies
de Rohypnol chez les sujets âgés alors que 30 % d'entre eux
sont en surconsommation. Pour le Nordaz, le dépassement des
posologies touche toutes les tranches d'âge. Il apparaît également
que les cas de dépassement de posologie sont liés à des prescriptions
de médecins généralistes, que seuls 15 à 20 % des 83 % de
patients en surcommation justifient ce dépassement. Rappelons
qu'au regard des règles prévues dans l'AMM, la durée normale
de traitement au moment de l'étude est de 12 semaines pour
le Tranxène et le Nordaz et de 7 jours pour le Rohypnol. D'après
les études aujourd'hui faites, les patients, concernés par
des posologies les plus élevées, dépassent également dans
leur grande majorité la durée de traitement, ce qui suggère
fortement une dépendance des patients aux produits.
DEUX ANS DE PLUS POUR LA
PRISE EN CHARGE DES LUNETTES
Actuellement, la prise en charge du remboursement des lunettes
est assurée jusqu'à 18 ans. Pour les lunettes, elle est assurée
sans limitation annuelle d'attribution avant l'âge de 6 ans.
Elle est assurée dans la limite d'une paire de lunettes par
an entre 6 et 18 ans (verres organiques et montures). Les
verres teintés sont pris en charge dans les affections oculaires
(conjonctivites intenses, kératites, iritis, cataractes centrales
ou congénitales, rétinopathies), dans les myopies fortes accompagnées
de photophobie et dans certaines photophobies. Les verres
de lunettes sont remboursés à 65 % sur la base des tarifs
qui varient selon le degré de correction, et la monture de
lunettes doit être remboursée à 65 %. Il faut rappeler qu'avant
l'achat, l'opticien est tenu de remettre à l'assuré un devis
mentionnant la proposition d'une offre personnalisée avec
les références et les prix des verres et de la monture, le
montant du remboursement de l'Assurance Maladie, le détail
de ses prestations mais également les conditions du suivi
utlérieur du patient. Sur demande de l'assuré, l'opticien
devra indiquer dans son devis une offre de base, c'est-à-dire
l'offre la moins chère (verres et monture) qu'il choisit de
proposer, en respectant la prescription médicale.
LE DEPISTAGE SYSTEMATIQUE
DE LA MUCOVISCIDOSE
L'Assurance Maladie, depuis janvier 2000, a mis en place son
programme national de dépistage de la mucoviscidose chez les
nouveau-nés. Ce dépistage est déjà effectif dans les régions
Nord Pas de Calais, Bretagne, Normandie, Pays de Loire et
Centre.
Cette décision a été prise par le Conseil d'Administration
de la CNAMTS face aux autres programmes en cours en Europe
et son investissement est évalué d'ores et déjà à 2 millions
d'Euros par an.
Il est vrai que la mucoviscidose est l'une des maladies génétiques
les plus fréquentes chez l'enfant en France, concernant un
nouveau-né sur 3500. Le diagnostic de cette maladie n'est
pas toujours facile à établir et le retard dans le diagnostic
est fréquent. 60 % des cas sont détectés avant l'âge d'1 an.
Même si l'on ne dispose pas encore de traitement curatif pour
la mucoviscidose, l'important est de dépister au plus tôt
la maladie car il est possible, sous réserve du respect d'un
protocole thérapeutique validé, d'améliorer la qualité de
vie des enfants malades et de prolonger leur espérance de
vie dans de meilleures conditions.
Les bébés dépistés, pour ces maladies à évolution naturellement
grave et entraînant des séquelles irréversibles, deviennent,
s'ils bénéficient d'un traitement pré-symptomatique, des enfants
puis des adultes normaux. L'équipe pluridisciplinaire du centre
de suivi et de prise en charge des malades atteints de mucoviscidose
prend en charge d'assurer, en réseau avec les médecins et
les autres professionnels de santé de proximité, la coordination
des soins des enfants dépistés.
Les soins, apportés aux malades, sont basés sur 3 éléments
:
- la kinésithérapie respiratoire, indispensable dès le plus
jeune âge. Elle permet d'éviter l'accumulation du mucus dans
les bronches et de prévenir les infections
- l'alimentation riche et variée. Elle devra représenter entre
120 et 150 % de la ration calorique habituelle d'un enfant
du même âge
- l'antibiothérapie, face à l'infection respiratoire qui reste
le risque majeur, sera un traitement par voie orale, intraveineuse,
voire par inhalation.
Le dépistage en pratique :
- c'est tout d'abord l'information claire et précise des parents
et l'obtention de leur consentement signé
- c'est ensuite le dosage de la trypsine avec recherche des
principales mutations du gêne CF
- et enfin la transmission des résultats aux parents. En effet,
quand le résultat du dosage de la trypsine est normal, le
résultat est donné aux parents.
Quand il est anormal, et si l'étude génétique révèle des mutations
pathologiques, l'enfant est vu en consultation dans un centre
de suivi et de prise en charge par un médecin qualifié, et
dans le cas où l'étude génétique ne relève pas de mutation,
il est recommandé aux patients de faire un deuxième dosage
de trypsine. Il faut dire que la mucoviscidose demeure une
maladie infantile grave, affectant aussi bien les filles que
les garçons, génétique transmise par les 2 parents, chronique
qui peut se manifester plus ou moins tardivement mais non
contagieuse.
Pour plus de renseignements :
www.cnamts.fr
rubrique"actualité". "Un dépistage systématique de la Mucoviscidose".
SIMPLIFICATION DE LA DEMANDE
DE REMBOURSEMENT
L'Assurance Maladie vient de développer un nouveau service
permettant aux assurés d'être remboursés simultanément par
la CPAM et par leur organisme complémentaire sans avoir à
envoyer leur relevé de remboursement pour ce dernier. Il suffit
simplement que la complémentaire ait signé un accord avec
la Caisse Primaire. C'est ainsi que grâce à cette facilité
que l'assuré est totalement remboursé des soins dans un délai
de 15 jours, si le professionnel accepte la carte Vitale,
soit deux semaines pendant lesquelles il n'a à s'occuper de
rien. C'est ainsi que 85 % des assurés de l'Assurance Maladie,
de la Mutuelle Sociale Agricole et de la Canam bénéficient
de la simplification de leurs demandes de remboursement.
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