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Le
Baromètre santé : pour mieux comprendre la santé
des français
Février
2002
Rédaction : Dr Françoise Girard
Les résultats de l'année
Depuis une dizaine d'années,
le Baromètre santé a pour objectif de connaître
l'état des connaissances, opinions, attitudes et comportements
des français en matière de santé et de
suivre leur évolution. Il s'agit d'une enquête
aléatoire réalisée par téléphone
sur un échantillon de 13 685 personnes agées
de 12 à 75 ans sur divers thèmes (consommation
de soins, dépistage des cancers, vaccination, consommation
de substances psychoactives, pensées suicidaires, actes
de violences, pratique sportive, inégalités
de santé...).
L'analyse des inégalités de santé
des 18-75 ans fait apparaître un accroissement de
l'écart entre les deux extrêmes de la population,
alors que la situation sanitaire et l'espérance de
vie s'améliorent régulièrement.
- On remarque que les craintes prioritaires des français
sont liées à l'environement, que celles liées
à la polution de l'air sont plus fréquentes
dans la tranche des 35-44 ans que dans celle des 18-19 ans,
qu'elles sont plus élevées chez les professions
intermédiaires, employés, ouvriers, chomeurs.
Les craintes relatives à la polution de l'eau sont
présentes chez les 18-65 ans, dans les mêmes
catégories socio-profesionnelles, mais les conditions
de vie ne suffisent pas à expliquer la différences
de perception des risques. On remarque que la crainte des
risques liés à la consommation alimentaire et
celle des accidents sont spécifiquement féminines,
et d'autant plus volontiers que ces personnes ont connu des
ruptures affectives. Les hommes sont plus inquiets des pathologies
alcoolodépendantes.
- l'analyse des scores fait apparaître des qualités
de vie globalement meilleures chez les hommes que chez les
femmes, mais aussi que les facteurs socio-économiques
jouent de manière discriminante sur les scores de santé
(la penibilité mentale et psychique sont également
plus fréquement ressenties).
- les femmes consultent plus souvent que les hommes et la
fréquentation de certains professionnels est dépendante
du niveau de revenus (dentiste, gynécologue, psychologue).
- les personnes en rupture affective ont une consommation
plus importante de somnifères et de tranquilisants
au cours des 12 derniers mois, tout comme les personnes isolées
ou les personnes au chômage, et ce au long cours.
- en terme de vaccination, on remarque que les sujets les
plus défavorables au ROR appartiennent aux couches
socialement favorisées.
- le cumul des précarités est un élément
à prendre en compte et l'on remarque que quelle que
soit la dimension de la qualité de vie considérée,
celle-ci diminue avec l'augmentation du nombre de précarités.
Les sujets au chômage présentent des scores inférieurs
à ceux des personnes au travail, une moins bonne adhésion
à la prévention, à la demande de soins
et une compliance moindre aux traitements prescrits.
L'analyse de la consommation
de substances psychoactives met en évidence une
consommation régulière de tabac dans la tranche
des 12-25 ans qui consomment en moyenne 10,2 cigarettes par
jour, avec une hausse significative chez les filles. Dans
la tranche des 26-75 ans, on retrouve 27,7% de fumeurs réguliers
dont 33,4% ont des signes de dépendance moyenne et
16,4% de dépendance forte. La consommation des hommes
diminue significativement au profit de celle des femmes. En
terme d'arrêt, les fumeurs réguliers déclarent
avoir fait 8,6 arrêts d'au moins une semaine et ce,
indépendament de l'âge. Les motivations de ces
arrêts sont la prise de conscience des conséquences
du tabagisme, la peur de la maladie et la naissance d'un enfant.
Quoiqu'il en soit le tabagisme est associé à
de moins bons scores de santé, les zones non fumeurs
sont perçues comme de mieux en mieux respectées,
alors que l'on se déclare de plus en plus souvent géné
par la fumée des autres.
La consommation d'alcool
demeure un problème d'actualité concernant plus
volontiers les hommes : entre 65 et 75 ans, 65% des hommes
et 33% des femmes déclarent boire de l'alcool quotidiennement,
alors que la consommation hebdomadaire est un mode de consommation
propre aux 20-44 ans (60% d'hommes et 40% de femmes).
Le nombre moyen de verres consommés la veille de l'interrogatoire
est de 2,9 en moyenne pour les hommes et 1,7 pour les femmes
; 15,8% de ceux ayant bu de l'alcool au cours de l'année
déclarent au moins un épisode d'ivresse (3 fois
plus fréquent chez les hommes que chez les femmes)
et 8,6% des 12-75 ans seraient potentiellement dépendant
à l'alcool (soit 4 millions de sujets !).
Cependant, on remarque une baisse générale des
indicateurs de consommation d'alcool chez les hommes, mais
une relative stagnation, voire augmentation chez les femmes
; mais la consomation d'alcool demeure globalement une habitude
très masculine.
En matière de drogues
illicites, le cannabis arrive en tête de peloton,
1 français sur 5 en ayant fait l'expérience
entre 15 et 75 ans, avec une tranche maxi d'expérimentateurs
entre 20 et 25 ans (58,9% des garçons et 30,2% des
filles). Entre 15 et 25 ans, les expérimentateurs sont
essentiellement des garçons, entre 26 et 44 ans, ce
sont toujours des hommes et on remarque qu'ils habitent dans
de grandes unités urbaines et présentent de
moins bons scores de santé. La fréquence de
la consommation est ainsi répartie : 66% d'abstinents
chez les 15-44, 21% d'anciens consommateurs, 6% d'usagers
exceptionnels, 4% d'usagers répétés et
3% de réguliers, avec une initiation postérieure
à celle du tabac.
Le tabac, l'alcool et la cannabis ont leurs particularités
en terme de représentations sociales, d'approvisionnement,
d'effets et de dangers, mais on note un rôle prédominant
des parents pour déterminer l'entrée précoce
dans le tabagisme et la rapide et forte dépendance
psychique et physique.
Les pensées suicidaires
concernent 7,3% des femmes et 4,4% des hommes et l'on retrouve
des scores d'anxiété et de dépression
plus élevés chez ceux (et plus volontiers celles)
ayant pensé au suicide au cours de l'année,
qui sont par ailleurs, le plus souvent, des personnes vivant
seules, consommant des somnifères ou des tranquilisants,
en situation de rupture et très volontiers au chômage.
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