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Campagne
de prévention du tabagisme Rédaction : Dr Françoise Girard Le problème fondamental
de cette campagne est de faire le point apparent sur les dangers
liés à la cigarette. Il convient que l'on mette
bien en évidence la dangerosité des différents
composants, tels que la nicotine, les goudrons, et sa
combustion entraîne la formation de nombreuses substances
chimiques. La nicotine entraîne une dépendance à la cigarette, et ce dès les premières semaines d'exposition, même à une faible quantité de tabac absorbée. La dépendance est à la fois physique, avec une sensation de manque, et psychique, avec la sensation de bien-être et de plaisir ressentis. De plus, la nicotine intervient dans la dégradation des systèmes respiratoire et cardio-vasculaire. Certains cigarettiers ont eux institué une dépendance plus forte en ajoutant de la nicotine, pour des raisons prétend ûment gustatives. De nos jours, une grande partie de l'industrie du tabac utilise des cultures génétiquement modifiées, et développe les plants à fort taux de nicotine. Les goudrons sont des mélanges formés lors de la combustion du tabac, et ils sont les principaux responsables des cancers liés au tabagisme. Ils ont aussi un effet néfaste sur les tissus ainsi que sur les muqueuses. Les irritants que sont l'acétone et l'acide cianhydrique sont des mélanges d'éléments très divers, révélés lors de la combustion. Ces substances attaquent les muqueuses respiratoires et altèrent la protection des parois alvéolaires. En association avec les goudrons, ils provoquent l'inflammation des bronches ainsi que des toux chroniques. Le monoxyde de carbonne est un gaz toxique formé par la combustion incomplète du charbon dans les cigarettes. Il se fixe sur l'hémoglobine du globule rouge à la place de l'oxygène. Les organes sont donc moins bien irrigués au niveau gazeux : c'est l'hypoxie. En réaction à cet effet, la fréquence cardiaque et la pression artérielle augmentent, ce qui diminue sensiblement la capacité à l'effort. Les additifs sont des substances rajoutées au tabac par les industriels à différentes fins. Ils dégagent lors de la combustion de nouveaux composants potentiellement dangereux. Dans certaines cigarettes, l'amoniac est utilisé afin que l'inhalation soit facilitée tout en supprimant les toux. Ce même amoniac favorise également l'absorption de nicotine et entraîne une dépendance plus forte. Différents arômes comme la vanille sont utilisés afin d'adapter le go ût aux plus jeunes. Le cacao sert lui à dilater les voies respiratoires et à faciliter l'accès de la fumée aux poumons. Le génol et le menthol masquent les effets irritants de la cigarette, du fait des vertus adoucissantes qu'elles possèdent Par ailleurs, la fumée de cigarette contient également des métaux lourds tels que le mercure, le plomb ou le chrome. Les cigarettes dites "light" contiennent elles des micropores qui permettent à l'air ambiant de diluer la fumée et donc de limiter l'apport de goudrons et de nicotine. Ce n'est toutefois qu'un mythe, car un fumeur désirant prendre une certaine dose de nicotine tirera des bouffées plus grandes et transformera ainsi la cigarette "light" en cigarette classique. L'analyse de la consommation
de tabac en France fait apparaître chez les jeunes
: 36,7% des 12-25 ans déclarent fumer occasionnellement,
chiffre très supérieur à celui des 26-75
ans. Mais il faut diviser en trois parties cette tranche d'âge
afin d'obtenir des résultats plus significatifs. En
effet, la prévalence tabagique passe de 8,5% pour les
12-14 ans à 40,9% pour les 15-19 puis à 47,6%
pour les 20-25 ans. Les adolescentes de 12 à 14 ans
disent fumer plus que les garçons (11,6% contre 5,3%),
mais cela s'inverse chez les 20-25 avec 43Þ fumeuses et
51,6% de fumeurs. On remarque de même que le tabagisme
chez les jeunes filles de 15 à 19 ans a augmenté,
passant de 29,8% en 1997 à 32,9% à 1999. Les principales données épidémiologiques montrent qu'en France, la cigarette est la première cause de mortalité évitable, provoquant 60000 décès par an. Les complications surviennent souvent entre 20 et 30 ans après le début du tabagisme. C'est pourquoi les femmes sont à l'heure actuelle moins touchées que les hommes: 3000 décès féminins contre 57 000 décès masculins, mais on observe chez les femmes une prédominance de décès d ûs à un cancer du poumon par rapport aux décès d ûs à un cancer du col de l'uterus. On remarque que parmi ces 60 000 décès, 2500 sont liés au tabagisme passif. Les principaux risques liés
au tabagisme concernent le tabagisme actif avec des risques
à court terme tels que l'altération du go ût
et de l'odorat, une mauvaise haleine, l'augmentation de la
pression artérielle, l'altération de la peau,
des cheveux et une mauvaise distribution gazeuse aux organes. - le multiplication des risques de cancers : il est responsable de 85% des cancers du poumon chez l'homme, l'intensité du risque dépendant du nombre de cigarettes fumées et du nombre d'années d'exposition. Les fumeurs présentent un risque plus grand de développer un cancer au niveau de la bouche, du larynx, du pharynx, des reins et de la vessie. - des maladies respiratoires : le tabagisme actif est responsable de 80% des décès par bronchites chroniques et emphysèmes. Il est donc la première cause des atteintes de l'appareil respiratoire. La fumée de cigarette altère directement et constamment la structure et les fonctions des voies respiratoires. - une hausse du risque de maladies cardio-vasculaires : le tabagisme durcit les artères, augmente la pression artérielle et le travail cardiaque, notamment celui du myocarde. Cela favorise donc les accidents cardiaques et vasculaires cérébraux ainsi que les affections artérielles (phlébite, thrombose). - et surtout un risque spécifique pour les femmes : l'association tabac-pilule augmente le risque cardiovasculaire car elle favorise l'apparition de caillots et abime la paroi des vaisseaux sanguins. Les cycles hormonaux de la femme sont parfois perturbés par la cigarette : cycles irréguliers et règles douloureuses. Le tabac entraîne aussi une baisse de la fertilité et un délai de fécondation plus long. On constate aussi que la ménopause survient plus tôt chez les fumeuses que chez les non-fumeuses. En terme de tabagisme passif, c'est le fait d'inhaler la fumée produite par des fumeurs alentours. Cette sorte de tabagisme augmente le risque de cancer et provoque une détérioration de la fonction respiratoire. Il met en danger la grossesse, avec un risque supérieur de grossesse extra-utérine, de fausse couche, d'accouchement prématuré et de retard de croissance intra-utérine. De plus, le risque de mort subite du nourisson est multiplié par deux si la mère fume. Chez l'enfant exposé au tabac, les risques de bronchite et d'otite sont sensiblement supérieurs aux mêmes risques chez un enfant de non-fumeurs. Le programme de prévention repose sur l'action de l'assurance Maladie et l'INPES qui ont mis en place des initiatives tant sur le plan communication qu'action de terrain. En effet, un dispositif destiné à mobilisé l'opinion publique a été mis en place et a été lancée en juin. Il a deux buts : informer le grand public des dangers du tabac et accompagner ceux qui désirent arrêter de fumer. Il consiste en une phase d'interpellation, avec des spots télé "choc" donnant la véritable composition de la cigarette ainsi qu'un numéro de téléphone pour en savoir plus, qui renvoie en fait aux lignes "tabac info service" et "drogues, alcool, tabac info service". Il conseille également de se connecter au site internet www.jeveuxlaverite.com, qui complète la phase d'information au grand public. Il y a ensuite une phase de révélation qui consiste en des spots télé montrant des fumeurs apprenant la composition de leurs cigarettes, à chaud, afin de montrer l'impact quauront eu ces révélations. Une autre campagne télé sera diffusée fin aout ou début septembre. Il existe aussi pour les fumeurs désirant s'arrêter, différents services qui ont pour but de les aider dans leur démarche : la ligne téléphonique "tabac info sevice", qui a été mise en place avec l'Office Francais de Prévention du Tabagisme, met à la disposition des fumeurs, des spécialistes du tabac qui peuvent éventuellement leur envoyer de la documentation. Une campagne radio a été réalisée à partir d'une interview du Docteur AUBIN, tabacologue, qui donne des conseils pratiques pour arrêter de fumer. L'INPES diffusera aussi un livret d'information et d'aide à l'arrêt, disponible sur simple commande, et distribué chez les médecins, dans les pharmacies, et cet été plus précisement dans les offices de tourisme et les résidences de vacances Maeva. Des actions spécifiques à destination des femmes et des jeunes filles ont été mises en place. Au niveau des femmes, l'objectif est toujours de mobiliser les magazines féminins autour d'une chartre stipulant de ne pas promouvoir une image positive du tabac. Chaque magazine devra aussi rédiger un article sur le thème du tabagisme féminin. Une compilation de tous ces articles sera publiée sous le nom de "Femmes Sans Fumées", et sera distribuée dans les salons de beauté ou de coiffure... Pour les jeunes filles, un partenariat avec M6 devrait permettre d'aborder des problèmes liés au tabagisme qui leur sont spécifiques. Sur le plan du tabagisme passif, une signalétique est distribuée par l'INPES, afin que la loi Evin soit mieux respectée. Elle est ensuite relayée par l'APHP, les compagnies de taxi... De plus, des brochures concernant le tabagisme passif seront éditées. Au niveau du travail de terrain, des actions menées sur une durée de cinq ans sont mises en place avec des partenaires variés tels que la DDASS, la CPAM, la ligue contre le cancer....Ces actions s'inscrivent bien s ûr dans les politiques régionales ou départementales des endroits concernés. Ces actions ont pour cible prioritaire les femmes, les jeunes filles, les salariés d'entreprises et les personnes en situation précaire. Pour les toucher et les mobiliser, différents moyens sont employés : documents, outils pédagogiques, formation initiale et continue d'agents de prévention, conseils méthodologiques aux porteurs de projets, et surtout animation auprès des publics. Un guide pédagogique est distribué aux professionels de santé ainsi qu'un dossier de consultation de tabacologie réalisé par des tabacologues, des représentants de l'INPES, et est utilisé par des centres de consultation de tabacologie. Il est disponible sur les sites internet du Ministère, de l'Assurance Maladie et de l'INPES.
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