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actualité médicale

Lancement de la campagne d'information et de dépistage de la syphilis

Ministère de la Santé,
Paris le 15 mai 2002

Rédaction : Dr Françoise Girard

La recrudescence des cas de syphilis en France et plus particulièrement à Paris depuis deux ans temoigne d'une réduction de la prévention en faveur des MST et du risque bien réel d'une nouvelle flambée du nombre des infections à VIH.
Le dispositif d'urgence mis en place se décline selon trois axes, la mobilisation des professionnels de santé, qui pour nombre d'entre eux ne connaissent pas cette maladie, l'information et l'incitation au dépistage auprès du public homosexuel majoritairement touché par cette épidémie et enfin, l'accès au dépistage anonyme et gratuit dans les CDAG parisiens du 15 mai au 30 septembre.
L'état des lieux fait apparaître une recrudescence majeure des cas de syphilis précoces en France depuis 2 ans, préférentiellement localisée à la région parisienne où elle atteindrait plusieurs centaines de cas, touchant quasi exclusivement des sujets de sexe masculin, homo/bisexuels dont plus de la moitié sont déjà infectés pa le VIH. Cette recrudescence est particulièrement inquiétante car traduisant un manifeste relachement en matière de prévention et une reprise des conduites sexuelles à risque et pour très probable conséquence unea ugmentation à venir des contaminations par le VIH, ceci correspondant avec une recrudescence générale des maladies sexuellement transmissibles dont les gonococcies.

Tous les types de rapports sexuels peuvent transmettre la syphilis y compris la fellation et la quasi disparition de cette maladie dans les années 90 fait que la plupart des jeunes médecins n'ont jamais vu durant leur formation de cas de syphilis et que donc le diagnostic n'est que très rarement porté.
Elle passe souvent inapercue, mais augmente considérablement le risque de transmission du VIH/sida, rend plus graves les complications en cas de co-infections, ne guérit jamais seule, mais..... se dépiste sur une simple prise de sang. En effet, les tests TPHA et VDRL sont simples et faciles à réaliser en laboratoire de ville ou dans les CDAG/DAV, accompagnés ou non d'un examen médical.
De plus, le traitement est simple et efficace par un antibiotique en une seule injection qui cependant ne protège pas d'une nouvelle contamination en cas de nouveaux rapports avec une personne infectée.
Le dépistage est donc important à titre individuel et collectif !

Le dispositif d'alerte et d'incitation au dépistage de la syphilis à Paris a intégré les trois institutions que sont la Direction des Affaires Sanitaires et Socials de Paris, la Mairie de Paris et la Direction Générale de la Santé qui ont réunis des professionnels de santé spécialisés dans les infections sexuellement transmissibles (Pr Coulaud, Pr Dupin, Dr Janier, Dr Crémieux, Dr Derouinau, Dr Assous), mais aussi de représentants des associations Sida Info service, Aides Ile de France et du syndicat national des établissements gays. Le dispositif se décline sur plusieurs axes, la mobilisation des professionnels de santé et des associations à travers la formation et l' information, une action d'information et d'incitation au dépistage auprès des homosexuels à partir du 15 mai grâce à la participation des patrons d'établissements gays et la mobilisation eds associations, t, un accès facilité au dépistage par un dispositif original anonyme et gratuit dans les 11 CDAG parisiens. Cette opération coup de poing est menée sur 4 mois et s'intègre dans le cadre de l'action de lutte plus large contre le VIH du plan triennal 2002-2004.


La mobilisation des différents intervenants a concerné l'ensemble des biologistes et médecins parisiens ainsi que la proposition d'une formation spécifique aux médecins des 11 CDAG, aux médecins des réseaux gays et des CISIH.

L'action d'information du public homosexuel repose sur l'utilisation de trois supports, une carte type carte de visite, distribuée dans les lieux gays, décrivant les signes cliniques de la maladie, ses risques et incitant au dépistage, un dépliant reprennant les informations de la carte et donnant la liste des CDAG et également une affiche reprennant le même visuel et incitant au dépistage. Les établissements gays se sont engagés à se faire l'écho de cette campagne et les associations interviendront directement.

Les 11 CDAG parisiens ont mis en place un accès facilité selon une procédure exceptionnelle, alors qu'habituellement seuls 9 DAV réalisent ces tests de manière anonyme et gratuite.
Le test TPHA/VDRL sera donc proposé systématiquement à tous les séro+ VIH, ceux ayant eu un rapport homosexuel, aux hétérosexuels ayant eu 3 partenaires occasionnels dans l'année, aux prostituées, à ceux ayant des signes cliniques évocateurs, des antécédants des syphilis ou des rapports avec une personne ayant la maladie.

Le dispositif sera évalué fin septembre 2002 par l'InVS et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé afin de juger de la pérennité et de son éventuelle reconduction ou extension. Il faut néanmoins bien rattacher cette démarche à l'ensemble des actions contre le VIH et s'intégrant dans le cadre du plan triennal de Bernard Kouchner.

» Pour en savoir plus

Voir le communiqué de presse correspondant "Lancement de la campagne d'information et de dépistage de la syphilis" - Direction Générale de la Santé, Mairie de Paris, Direction des Affaires Sanitaires et Sociales de Paris - 15 mai 2002.
Voir le document

Augmentation des cas de syphilis en France
Dépêche de caducee.net du 30/08/01
Les données de l'Institut de veille sanitaire (Invs) indiquent une recrudescence de la syphilis en France. Selon les chiffres publiés dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, ces cas concernent surtout les homosexuels résidant en Ile de France et région parisienne, dont la moitié seraient porteurs du VIH. En raison d'un retour des comportements sexuels à risque, un nouveau plan national d'information a été mis en place par le Ministère.
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