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Drogues
illicites d'aujourd'hui et santé Communications scientifiques
présentée le 19 février 2002 à
l'Académie
Nationale de Médecine Sommaire des communications
scientifiques :
Par Roger NORDMANN et Pierre JUILLET Les inquiétudes liées aux modalités actuelles de consommation de drogues illicites, et notamment de cannabis, ne font que croître. Cette constatation justifie que le Conseil d'administration de l'Académie nationale de médecine ait mis ce thème à l'ordre du jour de la séance d'aujourd'hui bien que notre compagnie se soit déjà prononcée à diverses reprises sur ce sujet. Il convient de rappeler, en effet, les voeux ou communiqués présentés ici même par Paul Lechat et Pierre Juillet le 27 juin 1995, par Paul Lechat le 23 juin 1998, enfin par Pierre Juillet et moi-même le 19 juin 2001. J'ai de plus eu l'honneur de présenter à cette tribune un remarquable ouvrage de 526 pages publié en 1999 par Harold Kalant, directeur du Centre de recherches sur les addictions de Toronto et consacré aux conséquences de la consommation de cannabis sur la santé. Malgré ces mises en gardes et les efforts des organismes chargés de la prévention, auxquels Roger Henrion a largement contribué, la situation ne cesse de s'aggraver. Cette aggravation est vraisemblablement liée pour partie au "mal-être des adolescents" qui a fait l'objet d'un ouvrage publié par Didier-Jacques Duché en 1993, mal-être qui va, semble-t-il, en augmentant en raison de la perte des repères traditionnels. Notre président, Maurice Tubiana, a exprimé lors de la séance du 22 janvier dernier sa conviction que la crise de la jeunesse et le vieillissement de la population représenteront pour la France deux défis majeurs au cours du XXIème siècle. Une autre cause favorisant la consommation de cannabis est la tendance à la banalisation de cette consommation. Celle-ci est-elle justifiée ? Le cannabis dans ses modalités actuelles d'usage, qui diffèrent considérablement de celles d'autrefois, n'a-t-il que des conséquences négligeables sur la santé ? à côté du cannabis, d'autres drogues " présentes depuis plusieurs années " voient leur consommation croître, tandis qu'apparaissent de nouvelles drogues de synthèse et que se développe l'utilisation simultanée de plusieurs drogues notamment au cours des réunions festives auxquelles participent les jeunes en grand nombre. Quelles sont les conséquences sanitaires de ces tendances actuelles ? La séance de ce jour sera centrée sur la prévention les aspects épidémiologiques, neurobiologiques, pharmacologiques et cliniques de la consommation de drogues illicites seront développés, en excluant, faute de temps, la prise en charge des toxicomanes avérés. Pierre Juillet et moi-même, exprimons notre gratitude à tous les membres de la Commission V (Troubles mentaux - Toxicomanies) pour leur présence assidue aux 8 réunions destinées à mettre au point les recommandations qui seront soumises à votre approbation à la fin de la séance. Nous remercions aussi les spécialistes qui ont bien voulu exposer les données les plus récentes devant la Commission V puis, cet après-midi, en séance plénière. Avant de leur donner la parole, je me permet de leur rappeler que l'abondance des sujets traités nous oblige au strict respect du temps imparti à chacune des présentations. (Mots-clés : santé publique, produits illicites, cannabis, accident circulation, comportement adolescent, dépendance, ecstasy, marijuana)
(Mots-clés) : troubles liés substance toxique, accident circulation) Texte
téléchargeable (après
authentification sur le site de l'Académie nationale
de médecine) * La place
de la dopamine dans les processus de dépendance aux drogues
Par Jean-Pol TASSIN RéSUMé Des données récentes neurobiologiques ont permis de montrer que tous les produits qui déclenchent une dépendance chez l'homme (amphétamine, cocaïne, morphine, héroïne, cannabis…) augmentent la libération de dopamine dans une structure sous-corticale, le noyau accumbens. Ce noyau fait partie d'un ensemble de structures cérébrales, dénommé " circuit de la récompense " qui définit à chaque instant l'état physique et psychique dans lequel se trouve l'individu. Les drogues, en modifiant la cinétique et l'amplitude de la production de dopamine, induisent une sensation de satisfaction. Cette dérégulation conduit le toxicomane à mémoriser artificiellement les événements associés à la prise de produit et à en devenir dépendant. (Mots-clés : dopamine,
troubles liés substance toxique, noyau accumbens) * Le cannabis
a-t-il un intérêt thérapeutique ? Par Paul LECHAT RéSUMé Parmi les nombreuses indications thérapeutiques alléguées pour le cannabis, beaucoup sont anecdotiques et peu ont fait l'objet d'essais cliniques en double-aveugle, comparativement à un traitement de référence. Leurs résultats sont peu probants et des essais plus larges sont nécessaires pour acquérir une certitude. Des recherches sur les cannabinoïdes endogènes ainsi que sur les agonistes et antagonistes des récepteurs des cannabinoïdes aboutiront peut-être à des médicaments intéressants, dépourvus des effets indésirables du cannabis sur le système nerveux central. (Mots-clés : cannabis,
usage thérapeutique, cannabinoïdes) * Mécanismes
neurobiologiques de la dépendance : implication de la sérotonine
Par Michel HAMON RéSUMé Aussi bien chez l'animal que chez l'homme, de nombreuses données convergentes montrent que le système sérotoninergique central est impliqué dans le comportement de self-contrôle, un tonus sérotoninergique anormalement bas étant souvent associé à l'impulsivité, voire l'auto et l'hétéro-agressivité. Or l'administration répétée de drogues addictogènes comme la cocaïne conduit à une diminution de ce tonus, contribuant par conséquent à la perte de contrôle qui caractérise la recherche irrépressible de drogue chez le toxicomane. En fait, l'étude approfondie des modifications de la neurotransmission sérotoninergique centrale induites par la prise répétée de cocaïne et d'autres substances addictogènes montre une formule opposée à celle des psychotropes qui, au contraire, élèvent le tonus sérotoninergique, comme par exemple les antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de la " recapture " de la sérotonine. C'est d'ailleurs très probablement en stimulant la neurotransmission sérotoninergique cérébrale que ces composés renforcent la capacité du sujet à refréner ses pulsions, et donc à diminuer son désir et sa consommation de drogue. Comme l'attestent plusieurs études convergentes, des ligands de certains récepteurs de la sérotonine, en association avec des produits diminuant le caractère appétitif renforçant des drogues (comme par exemple des antagonistes des récepteurs des cannabinoïdes), pourraient présenter un intérêt pour la mise au point d'une nouvelle stratégie d'aide thérapeutique au sevrage chez les toxicomanes. (Mots-clés : troubles
liés substance toxique, auto-administration, antidépresseurs,
sérotonine, comportement impulsif ) * Données
épidémiologiques récentes sur les drogues illicites en France
: prévalence et conséquences sanitaires des consommations,
disponibilité et qualité des produits
Par Jean-Michel COSTES RESUME Les principales données permettant de dresser un inventaire sur le phénomène des drogues illicites proviennent de trois sources : les enquêtes en population générale, les statistiques administratives et les dispositifs de surveillance ad hoc. Cette communication décrit brièvement celles ci et dégage les principales tendances qui peuvent ressortir de ces données en matière de consommation de drogues illicites, de conséquences sanitaires de ces consommations, de disponibilité et de qualité des produits consommés. (Mots-clés : cannabis,
héroïne, ecstasy - voir N-méthyl 3,4-méthyledioxyamphétamine)
* Données
neurobiologiques récentes sur le cannabis
RéSUMé L'inquiétante croissance de l'usage du cannabis suscite un regain d'intérêt pour les mécanismes neurobiologiques qui sous-tendent ses activités diverses et en particulier toxicomaniaques, intrinsèques ou croisées avec d'autres drogues, ainsi que sur les méfaits qui en découlent. On décrit ici les éléments qui authentifient chez l'animal une dépendance psychique commune à toutes les drogues, une dépendance physique, laquelle servait jusqu'à maintenant à qualifier les "drogues dures", effet incitatif que paraît exercer le cannabis vis-à-vis de l'usage d'autres drogues, en particulier de l'héroïne. Enfin seront envisagées les relations étroites qu'entretient le cannabis avec la schizophrénie. Nombre de ces données récentes, loin de relativiser la toxicité psychique du cannabis, soulignent au contraire sa dangerosité potentielle. (Mots-clé : cannabis, héroïnodépendance, troubles liés substance toxique, schizophrénie) Texte téléchargeable (après authentification sur le site de l'Académie nationale de médecine)
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