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Campagne
Nationale de Promotion de la consommation des fruits et légumes
Ministère de la Santé,
30 octobre 2001.
Rédacteur : Dr F. Girard
| Lors du lancement
de la campagne de promotion fruits et légumes, le 29 octobre
dernier, Bernard Kouchner a rappelé que la nutrition s'intégrait
dans le Programme National Nutrition Santé présenté en
janvier dernier par Dominique Gillot et dont il représentait
un des déterminant majeurs. |
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En effet, la nutrition s'intègre
dans la prévention globale de la maladie puisque c'est aux
erreurs nutritionnelles que l'on reproche la survenue de maladies
cardio vasculaires, de divers cancers, d'obésité, de diabète,
d'ostéoporose ou encore les déficiences en fer ou folates.
Il s'agit donc d'une prévention de longue haleine que de mettre
en place un biais d'amélioration de la nutrition d'une population.
C'est donc un programme de santé publique, avec des objectifs
issus de différentes études qui va permettre aux consommateurs
de retrouver une cohérence entre les différentes actions à
venir, issues de sept ministères différents (agriculture,
consommation, éducation nationale, jeunesse et sports, recherche,
intérieur, santé), de l'InVS et de l'Afssa, du Conseil National
de l' Alimentation, de l'INRA et de l'INSERM, de l'ANIA (
association nationale des industries alimentaires), de la
Fédération Nationale de la Mutualité Française, mais aussi
de la CNAM et du CFES. Un groupe de travail issu des professionnels
de l'alimentation a également été mis en place et ses conclusions
seront rendues en fin d'année.
Il apparaît que la consommation de l'aliment entier, quelle
que soit sa présentation (frais, congelé, en conserve, cuit
ou cru) qui lui confère son rôle protecteur, et ce à la condition
d'une consommation régulière de 400 grammes par jour, soit
5 fruits ou légumes.
Les différentes actions en cours depuis 9 mois vont se compléter
dans les semaines à venir, notamment par le biais des médias.
Une circulaire relative à la restauration scolaire est parue
en juin 2001, un dossier nutrition est en ligne sur le site
gouvernemental http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/nutrition/index.htm,
des guides alimentaires professionnels et grand public sont
en cours d'élaboration, des publications soutenant l'allaitement
maternel sont disponibles, un outil d'évaluation de la masse
corporelle ( adulte-enfant) à l'usage des professionnel est
en préparation, l'unité de surveillance et d'épidémiologie
nutritionnelle est opérationnelle depuis mai 2001, l'appel
à projet Nutrialis 2002 est lancé et un comité d'orientation
mis en place en mars dernier au sein des établissements de
soins vise d'ores et déjà à améliorer la restauration hospitalière,
y dépister et prendre en charge la dénutrition , mais aussi
tester des modalités de prise en charge de l'obésité de l'enfant.
L'objectif de cette première campagne d'éducation vise donc
à promouvoir la consommation de fruits et légumes, plus particulièrement
chez ceux qui sont de petits consommateurs, alors qu'il est
déjà parfaitement établi que l'alimentation et l'état nutritionnel
font partie des facteurs de risque environnementaux modifiables
.
Les maladies cardiovasculaires apparaissent largement
induites par l'excès énergétique, la consommation d'acides
gras saturés, de sel, la sédentarité , alors que sont reconnus
comme protecteurs les acides gras mono et polyinsaturés, les
fibres, les antioxydants et les vitamines B9, B6 et B12.
Il est également reconnu qu'une consommation variée de fruits
et légumes diminuait significativement la fréquence des cancers,
tout comme l'activité physique ou l'absence de surcharge pondérale,
qui par ailleurs augmente le morbimortalité par le biais d'une
HTA, d'un diabète ou d'autres pathologies induites.
D'autre part, le calcium et la vitamine D apparaissent comme
deux nutriments intervenants dans la génèse ostéoporotique,
tout comme de nombreux autres facteurs alimentaires peuvent
être mis en cause dans celle du diabète II..
Mais les risques nutritionnels font partie des préoccupations
des français, que ce soit en terme de surpoids, d'obésité
ou de maladies cardiovasculaires, alors que les risques négatifs
( excès de graisses ou carences) leur sont relativement étrangers,
et c'est sur ces bases que 88% d'entre eux estiment qu'avoir
une bonne alimentation est le principal déterminant d'une
bonne santé (Enquête L.Harris, nov 2000).
Cependant, le fait de connaître les risques surnutritionnels
ou carentiels n'induit pas obligatoirement un changement radical
des habitudes. Certes les produits gras sont en disgrâce,
mais le plaisir ( goût et fraîcheur) demeure l'élément premier
en matière de conduite alimentaire, suivi de l'équilibre et
de la rapidité de préparation des plats, et ce, le plus souvent,
en fonction de traditions culinaires familiales.
On remarque ainsi que les habitudes alimentaires françaises
ne sont pas toujours favorables à la santé : seuls 10% des
français prennent un petit déjeuner complet, la majorité prennent
un plat chaud à midi avec un fruit et gardent pour le soir,
les soupes, pizzas, quiches, fromages, charcuteries et desserts
lactés, tout en conservant une place de choix au goûter à
base de viennoiseries le plus souvent. Ceux qui mangent à
l'extérieur du domicile sont tentés par les sandwichs, glaces
et pâtisseries, délaissent volontiers aliments et horaires
traditionnels ,et, sont plus volontiers attirés par des nourritures
exotiques et variées. On remarque également que l'alimentation
des hommes et des femmes est différente quantitativement (
+13%) et qualitativement ( + pizzas, quiches, charcuterie,
pain, fromage, viande et - de laitages ou fruits), mais varie
également en fonction de l'âge considéré, avec, comme constante,
l'attirance pour les aliments plus typés sur le plan gustatif
pour les plus âgés.
L'évolution de l'alimentation depuis plusieurs années
est caractérisée par une réduction globale de l'apport énergétique,
une diversification plus importante de l'alimentation, une
diminution de la part glucidique et une augmentation de la
part protéinée animale et lipidique, une réduction des apports
en micronutriments et en fibres alimentaires. C'est ainsi
que les carences graves ont disparues et se sont insidieusement
installés les facteurs de risques que sont la suralimentation,
l' hyperconsommation lipidique ou alcoolique, un manque de
fibres et de glucides complexes, de vitamines ou de minéraux.
Le mécanisme de protection induit par les légumes et les fruits
n'est pas clairement identifié mais on sait que des taux sériques
élevés de bêta carotène, sélénium ou alpha-tocophérol influent
sur la genèse tumorale. Quantitativement, on estime à 400
grammes par jour la quantité nécessaire, mais aucun élément
ne permet d'affirmer l'intérêt d'une auto supplémentation
"médicamenteuse".
Mais, si les français sont globalement conscients des bienfaits
de ce type d'alimentation, on remarque que 60% d'entre eux
ne sont pas de "bons" consommateurs, malgré une grande variété
de produits à disposition, de multiples utilisations possibles
et ce tout au long de l'année dans de bonnes, voire très bonnes
conditions de conservation.
Les objectifs de cette campagne sont donc de mettre
en valeur les bénéfices à long terme d'une bonne alimentation,
de fournir des repères précis de consommation et d'installer
les codes, le territoire de communication et la signature
générique de la campagne.
Une campagne de presse et d'affichage est mise en place au
travers de cinq visuels de fruits et légumes, elle est accompagnée
d'un dépliant grand public sur le rôle protecteur des fruits
et des légumes, d'une Lettre Prévention Education Santé Actualité
destinée aux professionnels de santé et de différents partenariats.
Le programme 2002 prévoit, à destination du grand public,
un guide alimentaire, et à destination des professionnels
de santé un disque de mesure de l'IMC, accompagné d'un guide
alimentaire plus scientifique. Des actions spécifiques sont
prévues en direction des sous groupes que sont les adolescents,
les enfants, ou, les personnes en situation de précarité.
Le suivi de la campagne se fera par le Baromètre Santé Nutrition
2002 et une étude qualitative menée avec le Crédoc.
Voir également
le communiqué de presse sur le même sujet
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