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Les infections
virales aiguës hautement contagieuses et leur prise en
charge
Rapport du HCSP
Paris le 12 décembre 2001
Rédacteur : Dr Françoise Girard
Le rapport que viennent de
rendre les Professeurs Sambuc et Roué a été
rédigé à la demande des Ministres Kouchner
et Aubry afin d'évaluer les capacités du système
français de veille sanitaire. Il met en avant l'importance
des maladies infectieuses émergentes, des fièvres
hémorragiques virales et de la dimension planétaire
des phénomènes épidémiques.
Les recommandations du rapport font apparaître l'intérêt
d'un système d'alerte continu international, d'un échelon
inter-régional intégrant DRASS et CHRU, d'une
définition précise des situations d'alerte prioritaire,
de la prise en charge des patients dès le stade de
suspicion, de la création de sites pilotes, d'une sécurisation
des modes de transport des malades, mais aussi des prélèvements
sanguins vers des laboratoires de référence,
de la formation de professionnels, d'une information correcte
de la population, mais aussi d'une formation adaptée
des cliniciens.
L'analyse du contexte
fait du 20 ème siècle celui du déclin
des maladies infectieuses avec la disparition quasi complète
de la poliomyélite, du RAA, de la typhoïde, de
la scarlatine, de la rougeole, de la rubéole, des oreillons
et de la diphtérie. Mais c'est aussi à partir
des années 76 qu'apparaissent des épidémies
de nouveaux types comme la légionellose, le sida, la
maladie de Lyme, le syndrome hémolytique H7, un sérotype
cholérique 0139.
La fin de ce siècle voit aussi l'apparition des résistances
acquises à la tuberculose, aux pneumocoques, aux staphylocoques,
aux gonocoques ou rickettsies. Les bacilles de Koch résistent
entre 4 et 14% des cas, avec des taux de mortalité
pouvant atteindre, selon les pays, jusqu'à 46%...L'OMS
considère comme un problème de santé
publique la résistance des antibiotiques majeurs aux
pneunocoques, particulièrement dans les âges
extrêmes et les staphylocoques résistants à
la méticilline inquiétent le secteur hospitalier.
On note également des réémergences parasitaires,
notament le paludisme qui échappe aux traitements.
Des émergences simples comme pour le monkeypox, la
fièvre jaune, l'hépatite C, voire E peuvent
également s'avérer des sujets d'inquiétude.
Cependant une place tout à fait à part doit
être faite aux fièvres hémorragiques (FHV).
On les nomme fièvre de la vallée du Rift, dengue,
fièvre hémorragique de Crimée-Congo,
fièvre de Lassa, fièvre de Marburg et leurs
noms exotiques ne les dispensent pas de dangerosité.
La grippe, de part sa diffusion, sa contagiosité et
son aptitude à muter constitue également un
crainte légitime.
On peut retenir qu'une maladie
émergente est une maladie qui sort du lot, mais il
faut aussi intégrer les variations infectieuses en
terme de sensibilité aux agents anti-infectieux, de
modifications antigéniques ou encore de détectabilité
aux tests de dépistage sérologiques, que ce
soit le fait de modifications antigéniques ou d'acquisition
de nouveaux mécanismes pathogéniques. La dynamique
des infections intégre les modifications propres à
l'agent infectieux, mais aussi des causes environnementales
et des modifications de l'hôte.
Dans le chapitre des maladies
infectieuses émergentes (ou reémergentes), on
peut trouver des points communs aux fièvres
hémorragiques virales et à la pandémie
grippale. Ce sont des infections virales aiguës,
de cliniques initiales possiblement identiques, hautement
létales, de prévention vaccinale limitée,
hautement contagieuses, à transmission interhumaine,
à risque nosocomial et pour lesquelles les traitements
curatifs sont quasi inexistants. Leurs délais de diagnostic
de certitude imposent des mesures de sécurité,
un isolement technique et géographique, des procédures
de transport spécifiques des sujets suspects, mais
aussi de leurs prélèvements biologiques, et
donc des équipes médicales entrainées.
Ces infections sont des maladies initialement importées,
très médiatisées et générant,
de ce fait, des situations aiguës, parfois difficiles
à gérer pour les pouvoirs publics.
Cependant, le nombre de sujets susceptibles d'être contaminés
varie, en France métropolitaine, entre les FHV et la
grippe, mais intégre, dans le cas des FHV des critères
éthiques, que ce soit en direction des malades, des
personnes en contact avec des animaux de compagnie importés,
d'expérimentation ou encore des personnels de laboratoire...
On assimile aujourd'hui les termes de maladie contagieuse
et de maladie transmissible, bien que la notion de contagieux
renvoie plus à une transmission par contact direct
et intégre donc une notion plus restrictive (la grippe,
la rougeole ou la varicelle restent considérées
comme des maladies contagieuses).
Sous le terme de fièvres
hémorragiques virales sont regroupées des
infections virales à ARN au cours desquelles sont retrouvés
des syndromes hémorragiques : ce sont les fièvres
à arena virus de l'ancien et du nouveau monde et les
hantaviroses que l'on classe selon les familles de virus,
les aires de distribution géographique ou encore leur
mode de transmission. Les plus répandues et les plus
graves (sauf la dengue) sont cantonées sur le continent
africain où elles sévissent sous forme épidémique,
voire endémique, selon des aires géographiques
connues mais possiblement évolutives.
Sur le plan clinique, la durée moyenne d'incubation
est d'environ une semaine, les signes de début son
ceux d'un syndrome grippal et les manifestations hémorragiques
sont inconstantes et souvent tardives. Le convalescent peut
demeurer porteur pendant plusieurs semaines après sa
guérison, celle-ci étant particulièrement
rare dans la fièvre à virus Ebola (20%) et plus
commune (80%) dans la fièvre de Lassa. L'administration
précoce (6 premiers jours) et à doses efficaces
de ribavirine est le seul traitement reconnu aujourd'hui.
Par ailleurs, on ne dispose pas aujourd'hui de technique fiable,
simple, précoce et rapide, applicable sur le terrain
autorisant un diagnostic biologique de certitude. L'apparition
des IgM spécifiques se fait 5 à 6 jours après
le début des signes cliniques et en phase de virémie,
la détection du virus se fait par amplification génique
et /ou culture...
La transmission des fièvres hémorragiques arboviralesse
se fait classiquement par des arthropodes vecteurs, mais aussi
par des aérosols en laboratoire ou des animaux infectés.
La transmission des non-arbovirus se fait à partir
du réservoir voire exceptionnellement par contamination
interhumaine. Les facteurs de risque sont la réutilisation
d'aiguilles ou seringues non stériles, l'absence de
protection lors d'exposition au sang et autres liquides organiques
contaminés et la toilette funéraire, tout en
sachant que le risque de contamination augmente avec les stades
ultimes de la maladie. Par ailleurs, plusieurs cas rapportés
font prendre en compte la possibilité de transmission
interhumaine à partir de cas importés d'un pays
à l'autre.
Les sujets susceptibles d'avoir
été contaminés sont ceux ayant séjourné
dans des zones rurales troublées par des conflits et
ayant été en contact avec des malades et très
rarement les touristes ou les professionnels se rendant dans
les grandes agglomérations. Le dispositif d'alerte
internationale est basé sur le recueil et la vérification
de rumeurs, mais le délai est toujours trop long entre
l'apparition des premiers signes et la reconnaissance par
les autorités sanitaires. L'information donnée
par l'OMS passe de la DGS vers les préfets (DDRASS)
et les directeurs d'hôpitaux. La gestion peut être
envisagée selon deux scénarios : soit le diagnostic
de suspicion est porté dans le pays d'émergence
et la prise en charge du patient s'intégre dans un
protocole, soit le diagnostic est porté a posteriori
et le risque nosocomial est potentiellement conséquent...Quoiqu'il
en soit, l'alerte doit être rapide et précoce.
Elles s'intégrent dans la liste des maladies graves
présentant un risque pour autrui et doivent donc être
déclarées selon le protocole en vigueur. Le
cas d'une contamination accidentelle en laboratoire est un
troisième cas de figure protocolisé autorisant
une prise en charge du sujet dès la phase d'incubation.
En cas de patient suspect, le diagnostic est un diagnostic
de présomption, il justifie l'avis d'un praticien compétent
apte à juger des examens complémentaires véritablement
indispensables, de la prescription de ribavirine et de la
mise en place des mesures d'hygiène les plus adaptées,
en accord avec les recommandations des experts de l'OMS, mai
saussi du CDC, en sachant que l'isolement en chambre à
pression négative demeure une recommandation première.
Les Français se rapportent à la mise à
jour du BEH "conduite à tenir devant un malade
suspect de fièvre hémorragique virale".
Quelques cas suspects ont été reçus à
la Salpétrière et à Bégin, mais
aucun cas confirmé n'a jamais été hospitalisé
en France à ce jour. Le seul traitement curatif à
ce jour est la ribavirine à condition d'être
prescrite dans les 6 premiers jours après le début
de la fièvre et parfois en préventif dans la
fièvre de Lassa et celle de Crimée-Congo. La
forme IV, le Virazole est disponible en ATU nominative.
Le diagnostic de certitude est biologique, il repose sur l'isolement
du virus sur sang total ou sérum, voire biopsies, après
2 à 4 jours de mise en culture et réactivation
d'antigènes en IF. L'amplification génique par
RT-PCR caractérise le virus et détermine sa
phylogénie. La détection d'antigènes
spécifiques, la recherche de génome ou encore
l'immuno-histochimie sont d'autres méthodes diagnostiques
utilisées, tout comme le diagnostic sérologique
indirect, mais il n'y a aucun kit commercial distribué,
chaque laboratoire travaillant selon ses propres tests. Il
faut cependant bien garder en mémoire que le risque
n'est pas lié, pour le biologiste à l'examen
prescrit pour un prélèvement, mais au prélèvement
proprement dit et que les conditions de transports de prélèvements
suspects doivent répondre aux normes ONU 2814 classe
6.2, avec utilisation d'un triple emballage, décalation
obligatoire par l'expéditeur selon le réglement
IATA , le prélèvement étant adressé
à un laboratoire disposant d'un niveau de confinement
L3 et L4 (Biosafety Laboratory : BSL-3;BSL-4 ). Les microorganismes
détectés seront classés en classes 1,2,3,4
et E. Il faut néanmoins savoir que les virus des FHV
sont toujours inactivés par les procédés
clasiques tels que l'hypochlorite de sodium et l'autoclavage
à 60° pendant une heure.
En cas de décès, les prélèvements
post mortem de "curiosité" sont fortement
déconseillés et s'ils doivent être faits
à visée diagnostique, sont préconisées
les biopsies transcutanées par trocard à biopsie
approprié, et la mise en bière doit se faire
selon les précautions particulières de l'arrété
du 17 novembre 1986.
La grippe fait partie
des grandes pandémies régulières décrites
depuis près de 5 siècles. Les plus sévères
ont laissé des traces en 1781-1782 (Rome, Angleterre,
Amérique du Nord et du Sud, Antilles), en 1829-1833
(Asie, Russie, Etats Unis), en 1889-1890 (Asie centrale, Russie,
Chine), mais la plus meurtrière de tous les temps a
bien été la grippe espagnole entre 1918 et 1919
en touchant près de la moitié de la population
mondiale et en décimant près de 40 milions de
sujets.
En 1957, un nouveau type de virus de type A (H2N2) a été
à l'origine de la pandémie de grippe asiatique
et en 1968, un virus A de troisième type (H3N2) fit
encore des ravages sous le nom de grippe de Hong Kong.
Par contre, en 1977, les virus H1N1, supplantés en
1957, ressurgirent dans l'épidémie de la grippe
russe.
On peut ainsi remarquer que le début de l'épidémie
se situe le plus souvent à l'Est, que son arrivée
en Europe laisse plusieurs mois, que deux vagues se succèdent
(la première étant moins grave que la seconde),
que le taux de mortalité par pandémie est élevé
et que chaque pandémie est associée à
l'émergence d'un nouveau sous type viral.
La surveillance épidémiologique
de la grippe montre qu'en tant que virus à ARN, le
virus de la grippe est variable du fait de sa structure propre
mais aussi de son ARN Polymérase, et selon deux mécanismes,
soit un glissement antigénique, soit une cassure antigénique.
C'est la raison pour laquelle l'évènement annonciateur
d'une nouvelle pandémie est avant tout viral. On sait
que différents mammifères peuvent être
infestés par le virus de la grippe, mais que ce sont
les oiseaux sauvages qui représentent le plus grand
réservoir, ils ne peuvent pas transmettre leurs virus
directement à l'homme car il faudrait à ces
virus des antigènes inconnus de l'homme et une bonne
capacité de réplication chez celui-ci. Par contre,
une co-infection est possible chez un hôte intermédiaire,
le porc, chez qui peut se former un virus hybride ou réassortant,
humain dedans et oiseau dehors, apte à créer
une nouvelle pandémie humaine.
La surveillance de ces modifications virales aux conséquences
directes est l'affaire de réseaux nationaux spécifiquement
dédiés, les GROG, dans lesquels les généralistes
jouent un rôle clé par le biais du recueil de
données cliniques, épidémiologiques,
mais aussi de prélèvements pharryngés.
Ces prélèvements sont adressés aux CNR,
par le biais des laboratoires hospitaliers et les résultats
sérologiques (séroconversions et titres élevés)
son transmis pour synthèse en commun avec les données
des GROG. C'est ainsi qu'est vérifiée l'adéquation
du vaccin grippal aux souches circulantes, que sont élaborées
des synthèses hebdomadaires et que le réseau
de l'OMS ets informé des caractéristiques des
virus en circulation et qu'un collectif mondial peut alors
identifier précisément les souches circulant
dans le monde et élaborer des recommandations en matière
de composition vaccinale pour l'année à venir
lors des réunions annuelles. En Europe, ces dispositifs
sont complétés par EuroGROG (www.grog.org/EuroGROG1.htm)
et par le système EISS (www.eiss.org).
L'émergence d'une nouvelle situation pandémique
identifie cinq facteurs : des facteurs écologiques
(migrations variables d'oiseaux sauvages porteurs de 15 types
d'hémagglutinine identifiés, contagieux par
promiscuité, mais aussi par le biais de points d'eau
douce contaminés), des facteurs agro-pastoraux (rôle
très probable de "creuset" du porc, mais
aussi peut-être du cheval ou du poulet), de facteurs
démographiques (contacts élevés entre
individus sensibles et individus infectés), d'impasses
(tarrissement quasi spontané de la grippe du poulet
à Hong Kong), des résurgences de types anciens
(avec possibilité d'une transmission verticale chez
le porc capable de maintenir un réservoir humain),
mais aussi de délais parfois longs de détection
de nouveaux sous types liés à des diagnostics
tardifs et parfois à de mauvaises transmissions.
La prévention repose sur un vaccin à virus inactactivé,
l'amantadine, et des recherches sont en cours sur des vaccins
vivants atténués. Les modalités de vaccination
en urgence reposent sur une stratégie globale, déterminant
avec précision les groupes à vacciner et les
procédures à appliquer.
Le groupe de travail sur les antiviraux a rappelé que
la rimantadine et l'amantadine avaient reçu l'AMM mais
que seule l'amantadine est disponible en France, ses effets
secondaires sont nombreux, les résistances fréquentes
et son efficacité discutée. Le zanamivir et
l'oseltamivir auraient une bonne efficacité à
titre prophylactique.
L'organisation de la prise
en charge fait intervenir :
- l'OMS qui coordonne la réponse internationale à
une épidémie à la demande du pays concerné,
mais aussi diffuse les données sur les épidémies
en cours et émet des recommandations sur la conduite
à tenir pour la prise en charge d'une FHV et les mesures
à adopter dans ce cas. Pour la grippe, l'OMS décide
chaque année de la nature du vaccin qui doit être
fabriqué et diffuse un guide pour la conduite à
tenir en cas de pandémie de grippe.
- L'Europe a instauré un réseau de surveillance
épidémiologique et un système d'alerte
précoce, ainsi que plusieurs réseaux d'information.
- le Ministère de la Santé définit une
politique de santé publique et gère les procédures
d'alerte.
- l' InVS assure une veille sanitaire, alerte les autorités
sanitaires et élabore des recommandations à
l'attention des pouvoirs publics, ainsi que des stratégies
de prévention en cas de danger infectieux.
- les hôpitaux doivent être capables d'accueillir
les malades suspects de FHV en limitant les risques nosocomiaux.
- le P4 de Lyon dont les installations doivent permettre de
travailler sur les microorganismes concernés.
- les CLIN
- les aéroports avec leur mission de contrôle
sanitaire aux frontières.
- les Armées qui participent aux GROG et vaccinent
tous les trois ans leurs effectifs et qui contribuent aux
données épidémiologiques de terrain par
leurs médecins militaires en place pour les FVH, participent
à la recherche sur le diagnostic précoce et
mettent à disposition leurs moyens logistiques en cas
de besoin.
Les propositions et recommandations
sont les suivantes :
- un véritable système d'alerte épidémique
avec un dispositif d'alerte continue, une évaluation
régulière de la capacité de fonctionnement
d'un dispositif aujourd'hui peu réactif et mal articulé,
un organigramme du système d'alerte, la création
d'un échelon interrégional et une réelle
prise en compte des cas suspects et des rumeurs d'épidémie.
Il serait également souhaitable d'assurer une bonne
diffusion de l'information vers les professionnels de santé
dès que l'épidémie est connue des autorités
sanitaires et aussi de valoriser leur participation au dispositif
d'alerte.
- pour la prise en charge des patients, il conviendrait de
mettre à jour périodiquement les stratégies
de prévention et de contrôle et les recommandations
en cas de grippe.
- en cas de suspicion de FHV, il convient de définir
les cas suspects en fonction des critères déjà
reconnus dans le pratique clinique des infectiologues.
- classer les structures de prise en charge en deux niveaux
: le niveau 1 - mise en oeuvre de mesures de sécurité
dès que le patient répond aux critères
de cas suspect, par le biais de mesures simples de sang froid
et de bon sens, le niveau 2 - créer des sites pilotes
en maladies infectieuses et tropicales pour l'accueil de patients
fortement suspects et dont le diagnostic est confirmé,
avec des structures adaptées.
- transporter les patients dans les conditions optimales de
sécurité adaptées au risque de contagiosité.
- la prise en charge des prélèvements biologiques
impose la mise en oeuvre de procédures sécurisées
concernant les prélèvements biologiques, la
désignation d'un laboratoire national de référence
pour la première identification d'agents pathogènes
exceptionnels.
- la surveillance des sujets contacts doit répondre
à une surveillance très stricte de 3 semaines.
- des plans d'urgence doivent être mis en place, aussi
cela nécessite-t-il un groupe de travail pour rédiger
des procédures et des guides de bonne pratiques, avec
constitution possible de cellules de crises et évaluation
périodique du fonctionnement du dispositif global.
- les mesures générales de formation et d'information
imposent de former les professionnels de santé aux
maladies infectieuses, de les informer en cas d'alerte épidémique,
de former des spécialistes en maladies infectieuses
et tropicales et d'informer l'opinion publique par les professionnels
de santé de proximité et le CFES.
Au total, la mondialisation
est un facteur qu'il convient de prendre en compte dans la
gestion des maladies infectieuses et nous nous devons d'être
particulièrement vigilants en matière de pandémie
grippale et FHV compte tenu de l'émergence d'un nouveau
type grippal récent et la fréquence des épidémies
de fièvre à Ebola, Marburg et Lassa en Afrique
ces cinq dernières années.
La France a la chance de disposer de l'InVS et d'un laboratoire
P4 à Lyon, mais l'évolution de la situation
infectieuse pourrait amener à tester réellement
la réactivité et l'efficacité de ces
dispositifs. Aussi apparaît-il indispensable de développer
l'échelon européen et régional des systèmes
d'alerte, les réseaux de surveillance et les modalités
de prise en charge, de préparer les personnels de santé
à des situations exceptionnelles et d'anticiper l'information
de l'opinion sur ces infections dont la médiatisation
réveille des peurs ancestrales aptes à créer
des situations difficiles à gérer.
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