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Expertise
collective Inserm : Cannabis, quels effets sur le comportement
et la santé ?
Paris, le 22 novembre 2001
Rédacteur : Dr Françoise Girard
L'expérimentation de cannabis
est en constante augmentation chez les jeunes occidentaux
depuis une dizaine d'années, mais les études épidémiologiques
apparaissent mal documentées et contradictoires.
La proportion de garçons consommateurs
réguliers est supérieure à celle des filles, mais les consommateurs
occasionnels se répartissent également entre les deux sexes,
c'est la raison pour laquelle il est important de bien cibler
les messages de prévention, de bien prendre en compte l'importance
de facteurs génétiques, sociaux ou familiaux, mais aussi de
cas particuliers comme la grossesse, la conduite de véhicules
ou la souffrance associée de troubles mentaux.
Il apparaît aujourd'hui que
60% des garçons de 19 ans ont consommé du cannabis au moins
une fois dans leur vie, mais que ce pourcentage diminue significativement
au delà de 25 ans. La consommation est le plus souvent associée
à celle de tabac et les présentations les plus fréquement
retrouvées sont sous forme de feuilles ou de résine, avec
des concentrations en delta 9 THC de moins de 10% dans la
plupart des cas (jusqu'à présent). L'effet psychoactif (ou
ivresse cannabique) dure de 2 à 10 heures, associant somnolence,
euphorie, et bien-être, mais aussi diminution (certes réversible)
des performances psychomotrices et cognitives. Dans un premier
temps, ce sont des troubles de mémoire, auxquels succèdent
des troubles du language et de la coordination motrice, lorsque
l'intoxication augmente. Des cas de psychose cannabique ont
été décrits, ils régressent bien sous neuroleptiques. D'autres
signes associés comme une augmentation de la fréquence ou
du débit cardiaque, une vasodilatation ou une irritation occulaire
sont retrouvées dans des fréquences variables et dans certains
cas, les goudrons génèrent une toux.
Les consommations régulières
et répétées sont à l'origine d'un phénomène de tolérance (absence
de dépendance psychique), voire d'un syndrome de sevrage.
Les lésions cérébrales concernent la mémoire à court terme
et la réduction des taux circulants de testostérone et d'hormones
hypophysaires semble diminuer la production de spermatozoïdes
et augmenter la fréquence de cylces sans ovulation.
La fréquence de certains cancers bronchiques ou des voies
aérodigestives supérieures semble augmentée et liée
à la présence de goudrons.
Néanmoins la susceptibilité
au cannabis semble variable d'un individu à l'autre en fonction
de facteurs individuels, génétiques, sociaux ou familiaux.
Il faut bien prendre en compte
certaines situations particulières que sont la conduite automobile
(temps de réaction allongé, capacité amoindrie de contrôle
de trajectoire, mauvaise appréciation du temps et de l'espace,
réponses perturbées en situation d'urgence), les troubles
mentaux révélés ou aggravés (schizophrénie et passage à l'acte)
ou encore les femmes enceintes chez lesquelles on retrouve
des hypotrophies foetales et des modifications comportementales
de leurs nouveaux-nés (diminution de puissance des peurs,
altération du sommeil et augmentation de l'impulsivité).
Il convient d'envisager des
études épidémiologiques sur les fréquences élevées de consommation,
les conséquences de l'usage répété du cannabis sur la mémoire,
l'apprentissage des connaissances et les performances scolaires.
Des travaux seront poursuivis sur l'étude génétiq
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