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L'Insuffisance
Cardiaque au début du XXI ème siècle
Communication
de l' Académie Nationale de Médecine
Paris le 15 janvier 2002
Rédacteur : Dr Françoise
Girard
Près d' 1 % de la population
française souffre d'insuffisance cardiaque et ce chiffre
ne fera que croître compte tenu du vieillissement prévisible.
Ce poste représente 1% des dépenses de santé
dont 85% sont strictement hospitalières. Il convient
donc d'encourager le développement de nouvelles thérapeutiques,
de privilégier la prévention des maladies
cardiovasculaires et de développer des unités
spécifiques de soins et les réseaux ville-hopital
dans une perspective moderne de prise en charge ambulatoire.
Cette incidence croissante s'explique par le vieillissement
de la population et surtout majoritairement par l'augmentation
d'espérance de vie des sujets ayant présenté
un infarctus du myocarde, ou des hypertendus, dont les effets
secondaires délétères n'ont pas été
gommés.
Sur le plan thérapeutique, les IEC et les béta
blocants ont succédé aux digitalo-diurétiques,
mais sans pour autant régler tous les problèmes,
d'où la place laissée à la resynchronisation
biventriculaire, aux techniques d'assistance circulatoire,
en attendant la place à venir des transplantations
cellulaires, des autogreffes myoblastiques qui pourraient,
à terme, remplacer les transplantations.
L'insuffisance cardiaque est
un état physiopathologique où une anomalie de
la fonction cardiaque entraîne une défaillance
de la pompe qui devient incapable d'assurer un débit
sanguin compatible avec les nécessités métaboliques
de l'organisme. Jean Brieuc Bouhour (CHU Nantes, clinique
cardiologique) rappelle que c'est actuellement la seule maladie
cardiovasculaire en progression malgré les progrès
thérapeutiques, que son co ût reste important,
et qu'un diagnostic précoce est un objectif à
atteindre car il permettrait d'optimiser le traitement médical,
d'évaluer les nouvelles thérapeutiques et de
développer l'éducation du patient.
Le premier travail épidémiologique
documenté sur le sujet en France a été
réalisé en Lorraine, il s'agit de l'étude
EPICAL (Epidémiolgie de l'IC Avancée en Lorraine).
L'incidence de la pathologie est évaluée à
0,225 cas annuel pour 1000 ha, mais ne tient pas compte de
celles dues aux dysfonctions diastoliques, ni des dysfonctions
ventriculaires asymptomatiques. Cette incidence apparait plus
élevée chez l'homme, toutes tranches d'âge
confondues (alors que dans une étude anglaise l'incidence
était de 1,3 cas pour 1000 ha avec une croissance très
forte par tranches d'âge élevées).
Au travers d'une étude italienne portant sur plus de
86 000 patients, d'âge moyen 85 ans, il apparait que
27% d'entre eux ont 1 à 3 diagnostics associés,
41 %, 4 à 5 et 32% plus de 5, avec par ordre de fréquence
la démence, le diabète, l'anémie, la
BPCO.....
Au travers des enquêtes, deux causes prédominent,
la maladie coronaire (36 à 46 % des cas) et l'HTA (44%),
parfois intriquée avec la précédente.
C'est dire l'intérêt de la prévention
primaire (tabac, diabète, obésité, hyperlipidémies)
et de la prise en compte de facteurs aggravants.
Le pronostic de l' IC reste
grave car, à âge égal, il tue plus que
les cancers les plus graves que sont le cancer de l'intestin
chez l'homme et celui du sein chez la femme. La mort qu' elle
occasione peut être differenciée en mort subite
(32%), fréquente chez ceux dont le traitement médical
est équilibré, et mort progressive par défaillance
cardiaque réfractaire (42%).
On estime à 500 000 le nombre des insuffisants cardiaques
français. Ils sont responsables de 150 000 hospitalisations
et restent hospitalisés en moyenne 10,7 jours. Cela
représente 1% du budget santé, 15% dédiés
aux soins ambulatoires et 85 aux dépenses hospitalières...
Seul le traitement de l' IC
chronique par dysfonction systolique est codifié, il
repose sur les IEC, puis les diurétiques à la
plus faible dose possible puis les 3 béta bloquants
que sont le carvédilol, le bisoprolol et bientôt
le métoprolol. Ils ont apporté la preuve de
leur efficacité en terme de diminution de mortalité,
alors que leur prescription en médecin ambulatoire
n'est pas optimale.
Le diagnostic de l'IC doit être amélioré,
cliniquement difficile, on regrette le manque d'accessibilité
à l'échographie cardiaque et l'on espère
beaucoup du marqueur BNP (Brain Natiuretic Peptide) dont la
sensibilité de 93% et la spécificité
de 90% devraient permettre de poser rapidement un diagnostic
de certitude.
On remarque que les recommandations de bonnes pratiques de
la Société Européenne de Cardiologie
demeurent incomplètement suivies, mais devraient le
devenir au travers d'un dialogue ville-hopital.
Les nouvelles classes thérapeutiques en cours d'évaluation
suscitent des espoirs, tout comme les approches non médicamenteuses
que sont la resynchronisation ventriculaire, le défibrilateur
automatique implantable, la revascularisation myocardique,
la thérapie cellulaire intra myocardique, la thérapie
génique......
L'éducation thérapeutique demeure encore trop
absente, elle doit être adaptée à chaque
type de patient, elle devrait être un objectif, tout
comme la coordination de la prise en charge pluridisciplinaire
de cette pathologie à la fréquence croissante.
Michel Komajda (La Pitié
Salpétrière, Service de cardiologie) rappelle
que l'IC représente l'étape ultime de nombreuses
maladies cardiaques et que les travaux les plus récents
ont mis en évidence le rôle des facteur génétiques
dans les cardiomyopathies que l'on differencie en formes hypertrophiques
et formes dilatées...
La cardiomyopathie hypertrophique (CMH) correspond à
une hypertrophie ventriculaire gauche prédominante
sur le septum interventriculaire, survenant sans cause connue.
Sa prévalence est estimée à 0,2%, les
formes familiales représentent au moins 50% des cas
(la transmission se faisant selon le mode autosomique dominant).
Une dizaine de gènes ont été identifiés
comme intervenant dans la génèse de la CMH,
et, de plus, les mutations sont fréquement des mutations
faux-sens. Les gènes concernés codent pour les
protéines du sarcomère et leurs altérations
sont à l'origine d'une altération pimitive de
fonction, avec défaut de production d'énergie
et hypertrophie compensatrice. On a également pu mettre
en évidence l'importance des porteurs sains (30% des
adultes). Il a été tenté d'établir
une relation entre l'hétérogéneicité
génétique et l'hétérogéneicité
clinique au travres d'une étude portant sur les trois
gènes les plus fréquement concernés (myosine,
protéine C, troponine T), mais les résultats
ne sont pas encore très parlants. Il est possible qu'au
principe de base se surajoute l'influence de facteurs génétiques
additionnels et de facteurs environnementaux.
En terme de diagnostic, la spécificité de l'échographie
et de l'ECG est aujourd'hui considérée comme
très bonne (95%), mais leur sensibilité est
particulièrement faible compte tenu des 30% de porteurs
sains. L'analyse des critères additionnels en a sélectionné
4, qui associés aux conventionnels, permettent l' identification
de près de 90% des porteurs de mutation avec 95% de
spécificité. C'est dire l'intérêt
du développement des consultations multidisciplinaires
de conseil génétique spécifiques aux
CMH, et les potentielles voies thérapeutiques à
venir.
La cardiomyopathie dilatée (CMD) se caractérise
par une dilatation du VG associée à une altération
de la fonction contractile , c' est là une des premières
causes d' IC et première indication de transplantation.
Son incidence est de 6 pour 100 000 ha et sa prévalence
de 36 pour 100 000. C'est une maladie trois fois plus fréquente
chez l'homme noir que chez la femme blanche... Le nombre de
formes familiales n'est pas négligeable, selon des
modes de transmission variables (autosomique dominant+, mais
aussi liées à l' X ou mitochondriale). Il s'agit
d'une maladie génétiquement hétérogène
avec un grand nombre de gènes ou de locus identifiés
comme responsables de la maladie.
Le premier gène identifié code pour l'actine
cardiaque sur le 15, le second est le gène de la desmine
qui code une protéine des filaments intermédiaires,
mais aussi, des mutations du gène codant la chaine
lourde de la myosine cardiaque ont pu être mises en
évidence. Des gènes de susceptibilité
mais également des gènes modificateurs ont pu
être mis en évidence, mais seules des hypothèses
physiopathologiques sont aujourd'hui émises au sujet
des gènes impliqués : s'agit-il d'une anomalie
de transmission de la force de contraction générée
par le sarcomère, d'une anomalie des protéines
contractiles ou d'une perte de stabilité du noyau ?
En fait, les formes non familiales de CMD représentent
la grande majorité et la recherche des facteurs génétiques
impliqués ne fait que commencer. Il est à en
attendre une meilleure identification de sujets à risques
de développer la maladie ou à haut risque d'aggravation.
Mais aussi les perspectives d'une prise en charge plus précoce
et plus adaptée, tout comme l'identification des sous
groupes de patients répondeurs à diverses classes
thérapeutiques, sont autant d'espoirs qui devraient
se voir récompenser dans les 10 ans à venir.
La resynchronisation cardiaque
par stimulation biventriculaire est un nouveau traitement
de l' IC réfractaire. Jean Claude Daubert (Département
de Cardiologie et Maladies Vasculaires, Hopital Pontchaillou,
Rennes) qualifie de réfractaires les IC ne répondant
plus au traitement médical, entraînant une altération
de la qualité de vie des patients et obligeant à
de fréquents séjours hospitaliers. Pour beaucoup
d'entre eux, la transplantation cardiaque est la seule solution,
cependant les coeurs disponibles restent rares, aussi d'autres
alternatives non pharmacologiques sont-elles en cours d'évaluation.
De nombreuses études hémodynamiques aiguës
ont permis de montrer les effets positifs de la stimulation
atrio-ventriculaire gauche et de la stimulation atrio-biventriculaire
: augmentation significative du débit cardiaque, de
la part systolique et différentielle, de la dP/dT VG,
diminution des pressions de remplisssage du coeur. L'absence
de différence significative entre les deux modes de
stimulation a conduit les chercheurs à évaluer
la véritable utilité d'une stimulation ventriculaire
droite.
Plusieurs études, notament des études contrôlées,
ont évalué l'efficacité de la stimulation
biventriculaire permanente et il apparaît que cette
technique améliore significativement et durablement
les symptômes (classe NYHA), la tolérance à
l'effort et la qualité de vie des patients en classe
III ou IV, mais leur mortalité demeure élevée
(étude InSync).
L'étude MUSTIC a apporté la preuve (131 patients
en 1 an) de l'intérêt thérapeutique de
la stimulation atrio-biventriculaire chez les patients en
IC sévère ne relevant pas de l'indication de
pose d'un pace-maker. MIRACLE a mis en évidence l'amélioration
de la toléance fonctionnelle (classe NYHA), du test
de marche de 6 minutes t du score de qualité de vie.
En critère secondaire, une évaluation composite
a montré 66% d'amélioration dans le groupe "actif"
par rapport à "l'inactif", avec notament
une diminution très sensible du nombre de journées
d'hospitalisation. Il apparait donc que la resynchronisation
améliore très significativement les symptômes,
la tolérance à l'effort et la qualité
de vie des patients en IC sévère (NYHA III ou
IV) porteurs d'une désynchronisation ventriculaire
sur l'ECG, cependant les effets sur la mortalité demeurent
encore inconnus.
Les études complémentaires des années
à venir permettront une approche quantitative sur l'impact
global, son influence sur la mortalité totale et sur
la mort subite, la morbidité, les côuts de prise
en charge, ainsi que le ratio côut / efficacité.
Daniel Loisance (Service de
Chirurgie Thoracique et cardiovasculaire) fait le point sur
les différents systèmes d'assistance circulatoire
disponibles sur le marché, para corporels ou implantables,
ils permettent le traitement efficace des IC échappant
aux traitements médicamenteux ou au choc cardiogénique.
A ce jour, l'assistance mécanique et le coeur artificiel
représentent une alternative crédible à
la transplantation cardiaque...
Les systèmes d'assistance simples sont la contre pulsion
diastolique par ballonet intra aortique et la dérivation
veino-artérielle, sorte de circulation extra corporelle
périphérique très facilement disponible,
mais dont l'utilisation ne peut dépasser quelques jours...
Les systèmes extra corporels sont simples, mais leur
usage est également limité dans le temps compte
tenu des traumatismes sanguins, alors même que les systèmes
sont particulièrement adaptables et efficaces... Ils
permettent l'obtention d'une bonne récupération
de la fonction native, mais également la récupération
de diverses fonctions d'organes et organisent ainsi des conditions
physiologiques plus favorables à la greffe cardiaque
avec des chances de succès de 80% à un an. L'indication
des greffes de sauvetage est donc devenue exceptionnelle.
Les systèmes intracorporels sont de deux types, les
dérivations ventriculaires implantées et les
ventricules orthoptiques, plus complexes, mais dont le fonctionnement
est indépendant de l'activité cardiaque et dont
le risque thromboembolique est moindre.
En attente de greffe, l'assistance
circulatoire est indiquée en cas de défaillance
circulatoire incontrôlable, avant l'apparition d'une
détérioration des grandes fonctions. Quelque
soit le type de système, le taux de décès
pendant la période d'attente est de 25% et de réussite
de greffe de 80%, mais peut descendre à 50% si l'état
initial est sévère.
L'attente de récupération myocardique liée
au post infarcus, des myocardites ou des cardiomyopathies
dilatées bénéficie largement des techniques
d'assistance qui autorisent la récupération
de la fonction ventriculaire native.
L'implantation définitive se conçoit de deux
manières, soit par l'implantation d'une dérivation
ventriculaire gauche (mais les risques infectieux sont patents
à long terme), soit par l'implantation de deux ventricules
orthoptiques (risques thromboemboliques, inflammatoires et
immunitaires).
Les problèmes actuels
sont d'ordre technologique : la technologie des pompes volumétriques
est à ce jour validée, la fiabilité des
pompes axiales reste à démontrer. Par ailleurs,
la durée de charge des batteries implantées
reste très variable et les biomatériaux continuent
de poser des problèmes inflammatoires et thromboemboliques.
Sur le plan clinique, l'état du patient au moment de
l'implantation est un élément fondamental et
de lui dépend la simplicité ou la complexité
des suites opératoires. Le choix du moment optimal
de la greffe est fondamental quant à ses chances de
réussite. On remarque une très nette amélioration
des résultats chez les patients ayant bénéficié
d'une assistance.
Enfin, l'aspect financier doit
être évalué car quelles que soient les
modalités, c'est une prise en charge onéreuse
dans laquelle il faut intégrer le co ût des prothèses,
mais aussi celui des soins médicaux.
Compte tenu de l'incidence
financière de ces techniques et de la fréquence
de cette pathologie, la recherche de nouvelles pistes en matière
de thérapie cellulaire s'est annoncée rapidement
comme inévitable. Le principe de base
(Philippe Menasché, Chirurgie cardiovasculaire B, Bichat)
repose sur la recolonisation des cicatrices fibreuses akinétiques
post infarctus par des cellules contractiles en souhaitant
qu'elles puissent restaurer une certaine fonctionalité
chez l'hôte. Trois biais sont acuellement possibles
: la multiplication des cardiomyocytes, la transformation
des fibroblastes en cellules contractiles, et, la transplantation
de cellules contractiles dans la cicatrice fibreuse, qui parait
la plus réaliste. La preuve de prise de greffe a pu
être apportée par différentes techniques
de marquage, et on peut penser que l'étirement et/ou
la stimulation électromécanique répétée
permettent une reprogrammation des myoblastes vers un phénotype
mieux adapté, sans influence possible de l'environnement.
La preuve des bénéfices a été
apportée par des techniques ex vivo et in vivo, avec
amélioration de la fonction ventriculaire globale et
régionale et régression de la fibrose au profit
des myotubules et ces améliorations sont à la
fois additives de celle induite par les IEC et dépendantes
du nombre de cellules injectées. On peut également
annoncer que les bénéfices persistent à
un an et que le bénéfice fonctionnel peut se
retrouver également dans les cardiopathies globalement
dilatées.
Deux types de cellules contractiles
peuvent être utilisées, les myoblastes squelettiques
et les cellules souches de la moelle. Les myoblastes ont l'avantage
d'avoir une origine autologue, d'être facilement obtenus
en grand nombre, d'avoir une programmation exclusivement myogénique,
de présenter une forte résistance à l'ischémie
et donc de permettre une amélioration fonctionnelle
identique à celle des cellules cardiaques foetales.
Les cellules souches sont attractives car elles peuvent également
être utilisées comme autogreffes et leur plasticité
leur autorise une différenciation cardiomyogénique
et/ou endothéliale. Mais, en fait, il est loin d' être
certain qu'elles possèdent le pouvoir de se transformer
en véritables cardiomyocytes, ou si c'était
le cas, cela ne concernerait qu'une faible sous population
et par ailleurs le moment opportun pour leur implantion aurait
un rôle fondamental.
Sur le plan technique, le choix des cellules, leurs modifications
pré implantatoires et le choix des sites de prélèvement
et de réinjection jouent des rôles clé,
c'est donc la raison pour laquelle il est licite de tempérer
l'enthousiasme généré par les cellules
souches et de prendre conscience des problèmes qui
sont liés à leur utilisation.
Les voies d'administration des cellules de remplacement font
actuellement l'objet de discussions, tout comme le mécanisme
d'action (rôle de contention du tissu greffé,
propagation synchrone d'influx électriques entre les
cardiomyocytes de receveur et les cellules greffées,
contraction de voisinage...).
Un essai de phase I est en
cours depuis le 15 juin 2000 avec pour critère d'inclusion
l'altération de la fonction ventriculaire avec baisse
de la FEV à moins de 35%, cicatrice définie
d'infarctus et indication de pontage coronaire dans des territoires
autres que celui de l'infarctus. La faisabilité a été
acquise et la tolérance a été bonne,
seuls 4 cas de tachycardie ventriculaire ont été
retrouvés.
Sur la base de ces résultats préliminaires,
l'autogreffe de myoblastes apparait comme une technique intéressante
dont les effets sur le VG doivent être précisés
lors de la phase II et d'autres objectifs d'étude seront
prochainement définis (comparaison myoblastes - autres
types cellulaires, optimisation des techniques d'injection,modes
de communication entre les actuels greffés et les cellules
hôtes, extension de la technique aux cardiopathies non
ischémiques....).
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