PUB
PUB
actualité médicale

MEDIC’Assurance Maladie
Les médicaments remboursés par le régime général d’assurance maladie en 2001

Information presse - Cnamts,
12 juillet 2002

Au cours de l’année 2001, les régimes d’assurance maladie ont remboursé plus de 2,5 milliards de boîtes, flacons, ou autres présentations de médicaments pour un montant total de plus de 15 milliards d’euros (100 milliards de francs). Pour sa part le régime général a remboursé 13,4 milliards d’euros (88 milliards de francs).

Le champ étudié dans MEDIC’Assurance Maladie* correspond à environ 70% de ces dépenses, soit 10,8 millions d’euros (71 milliards de francs). Comme dans les précédentes parutions, les remboursements de médicaments y sont analysés sous plusieurs angles : en valeur - ou montant -, en quantité -, par classes pharmaco thérapeutiques et par types de prescripteurs, médecins généralistes ou spécialistes.

Cette quatrième publication** propose aussi de nouvelles approches. Elle évalue les impacts de chaque médicament dans la croissance des remboursements en fonction de l’augmentation des montants prescrits, de la modification des conditions de remboursement ou de la transformation de la consommation pharmaceutique au profit des produits les plus chers (effet structure).

Cette nouvelle livraison comporte également des informations inédites comme l’analyse des médicaments par molécule - en dénomination commune – et pour certains produits fait le lien avec l’évaluation du service médical rendu. Enfin, elle donne des éclairages particuliers sur certains sujets tels que les statines, les coxibs, ou bien l’influence de la substitution des médicaments génériques aux produits princeps.

* MEDIC’Assurance Maladie analyse les dépenses de remboursement du régime général en France Métropolitaine hors les sections mutualistes (mutuelles du type MGEN)
** Les premières publications datent de septembre 2000, janvier et avril 2001

1 - Le classement par montant des remboursements : anti-ulcéreux et statines toujours en tête, et arrivée des inhibiteurs de la cyclo-oxygenase2 (coxibs)

Les produits leaders en 2001 sont les mêmes qu’en 2000 : MOPRALl® (antiulcéreux) conforte sa position de premier avec un taux de croissance de 19%.
Les cinq premiers produit remboursés MOPRAL®, TAHOR®, PLAVIX®, CELEBREX® et ZOCOR® représentent 8% des montants remboursé soit 855 millions d’euros. PLAVIX® (antiagrégant plaquettaire) lancé en 1999 est devenu le 5 ème produit prescrit et le 3 ème en montant remboursés en 2001.
14 nouveaux sont entrés en 2001 dans la liste des 100 premiers produits.

A noter : l’analyse des 100 premiers produits présentés au remboursement par groupe de molécules, c’est à dire l’ensemble des spécialités, médicaments princeps ou génériques, qui comportent un principe actif identique, bouleverse le classement : si l’oméprazole (MOPRAL® et ZOLTUM®) reste en tête, c’est le paracétamol qui arrive en second (4 ème pour les montants) et la pravastatine (ELISOR®, VASTEN®) devient la première statine remboursée.

2 - Le classement en quantités prescrites

Les antalgiques en tête …
Les quatre premiers produits sont des antalgiques à base de paracétamol seul (DOLIPRANE®, EFFERALGAN®, DAFALGAN®) ou associé (DI-ANTALVIC®).
Avec environ 220 millions de boîtes en 2001 les régimes d’assurance maladie ont remboursé en moyenne 4 boîtes par personne dans l’année.
L’évolution des prescriptions de ces produits en 2001 est en forte hausse (plus de 10% en moyenne pour EFFERALGAN®, DOLIPRANE® et DAFALGAN®), ce qui témoigne d’une meilleure prise en charge de la douleur.

…et les psychotropes en deuxième position
6 produits psychotropes figurent dans les 25 médicaments les plus prescrits. Le premier et le quatrième sont des somnifères (hypnotiques) STILNOX® (6 ème ) et IMOVANE® (20 ème ), le deuxième et le troisième sont des antidépresseurs : DEROXAT® (16 ème ) et PROZAC® (19 ème ) et deux anxiolitiques LEXOMIL® et XANAX® sont respectivement en 24 et 25 ème position.
La consommation de ces 6 produits représente 80 millions de boîtes remboursées par an soit en moyenne plus d’une boîte par personne.


Un cas intéressant : le flunitrazépam (ROHYPNOL®)

Cette benzodiazépine fait l’objet depuis 1996 d’une surveillance accrue de l’AFSSAPS en raison des risques de dépendance liés à sa consommation. Une étude de l’Assurance Maladie (de juin 1999 au 31 janvier 2000) montrait que 36% des patients traités au ROHYPNOL® avait des posologies supérieures à 1mg par jour ce qui est la dose maximale recommandée.

Depuis février 2001, ce médicament est soumis aux règles de prescription et de délivrances des stupéfiants donc plus strictes : posologie et durée de traitement indiqués en toute lettres, durée maximale de 14 jours et une délivrance fractionnée par 7 jours.
Résultat, il n’apparaît plus dans les 100 premiers produits remboursés et figure dans le 30 produits remboursés dont la baisse (en montant) en 2001 est la plus forte.

A propos du service médical rendu : 23 - essentiellement des veinotoniques - des 100 premiers produits, ont vu leur service médical rendu jugé insuffisant par la Commission de Transparence.
Ces spécialités représentent 8,7% des unités prescrites, et 2,8% des remboursements.
Plus largement, rappelons que sur l’ensemble des spécialités remboursables - soit environ 7000 présentations - 1000 ont un service médical rendu insuffisant et représentent 7,3% des remboursements et 20,3% des unités prescrites.

3 - L’effet structure : facteur déterminant de l’évolution des dépenses de médicament

La progression des remboursements de médicaments en 2001 est de 8,6% et l’effet structure y contribue à hauteur de 4,8%.

L’effet structure reflète la modification structurelle des prescriptions d’une année sur l’autre. Il se décompose en deux : l’effet classe c’est à dire une modification de la prescription par classe pharmaco-thérapeutiques et l’effet produits chers qui est le transfert de la prescription vers les produits chers.

Ainsi en 2001, on observe que la part des médicaments du système nerveux central est passée de 24,7% en 2000 à 25,3% en 2001 alors que celle des médicaments cardiovasculaires a diminué (en quantité) de 18,1% à 17,7%. Or en moyenne le coût d’une unité remboursé de médicament cardiovasculaire est supérieur à celui d’une unité de médicament du système nerveux central, la résultante de ce type de modifications est ce que l’on appelle l’effet classe sur l’évolution des remboursements.
De leur côté, les produits chers progressent en 2001, les médicaments à plus de 15 euros représentent 45% des montants prescrits au lieu de 42% en 2000.

Parallèlement la quantité de médicaments remboursés augmente de 3,5% (4,3% en 2000).

Croissance des produits nouveaux …

MEDIC’Assurance Maladie montre que les produits commercialisés depuis moins d’un an (fin 2001) contribuent pour 12,5% à la croissance des remboursements. Considérant qu’un produit nouveau met environ 3 ans à atteindre sa vitesse de croisière, la contribution des produits de moins de 3 ans à la croissance des remboursements serait de 46,3%.

Le cas des coxibs : CELEBREX® et VIOXX®
Ces spécialités qui soulagent les symptômes dans le traitement de l’arthrose et de la polyarthrite rhumatoïde devaient entraîner une diminution de la prescription des protecteurs gastriques, notamment des inhibiteurs de la pompe à protons comme l’oméprazole (MOPRAL® et ZOLTUM® par exemple) et leurs prix avaient été fixés en conséquence.

Or les premiers résultats du suivi de ces produits montre à la fin 2001 que, comme les AINS (anti inflammatoire non stéroïdien) classiques, ces spécialités (inhibiteur de la cyclo oxigénase2) sont prescrites avec un protecteur gastrique.
Il y aurait même une augmentation globale de ces co-prescriptions. Ceci conduit l’Assurance Maladie à s’interroger sur les prix - et le coût résultant de la prise en charge - de ces produits.

… et fortes baisses des princeps génériqués.

Parmi les 14 sortants des 100 premiers produits en 2001, nombreux sont ceux qui sont génériqués (SERMION®, CLAMOXIL®, PRAXILENE®, FONZYLANE®, DIOVENOR®, DEBRIDAT®, ALFATIl®.

Et sur les 30 produits dont le montant remboursé est en baisse, 10 ont été génériqués en 2001. Ainsi DI-ANTALVIC® a connu une baisse de 16,5% en montant et 16,8% en quantité mais celle ci est totalement compensé par la forte progression des génériques (58,8% en valeur et 58,2% en unité).

4 – Les classes thérapeutiques

La première, le système cardiovasculaire représente plus de 25 % des montants remboursés en 2001 et enregistre une progression de 4,1%.
Le poids des médicaments anticholestérol et des traitements de l’hypertension artérielle représente plus de 45% des remboursements de médicaments cardiovasculaires. C’est dans cette classe que l’on retrouve les statines dont l’évolution est toutefois moins rapide que l’année précédente en raison de la baisse des prix intervenue au 4 ème trimestre 2001 et du retrait de la Cérivastatine.

En deuxième position on trouve le système nerveux central dont la croissance est proche de 10% et en 3 ème les voies digestives et le métabolisme.

Au quatrième rang figurent les anti-infectieux généraux systémiques dont la progression est de 12,5%. L’essentiel de cette classe est constitué par les antibiotiques (67%) et les antiviraux (17%). Concernant les antibiotiques, on note un fort accroissement des fluoriquinolones (12,5% en montant remboursé) qui font l’objet d’une surveillance attentive des autorités de santé en raison des phénomènes de résistance et de ses effets indésirables (tendinites par exemple).

L’analyse de la prescription médicamenteuse en 2001 confirme que les médecins généralistes sont les plus gros prescripteurs avec 84% du montant prescrit en ville. Et l’on note que 10% des prescripteurs prescrivent 40% des montants prescrits.

» Pour en savoir plus

Celecoxib (Celebrex®) : la polémique
Bulletin d'information du Département de Pharmacologie du CHU de Bordeaux, Numéro 45 - Juin 2002.
http://www.caducee.net/Medicaments/pharmacologie/juin-2002.asp

 
img
 
PUB