|
Les méningites
bactériennes
Journées d'amphi en bactériologie
Medec - jeudi 14 mars 2002
Intervenants : Pr Philippe Evrard - Dr I Desguerre - Pr
J Gaudelus
Rédaction : Elisabeth
Faure
L' analyse des complications
neurologiques précoces des méningites permet d'individualiser
les vascularites responsables de thromboses ou de spasmes
artériels, avec pour conséquence, un ramolissement unique
ou des lésions multiples responsables d'un tableau d'encéphalomalacie
multikystique.
Les vasculites thrombosantes sont les responsables des séquelles
neurologiques et psychiques des méningites bactériennes ,
alors que les lésions inflammatoires de la paroi artérielle
sont à l'origine d'abcès cérébraux, mais également participent
à la formation de ventriculites, emphysèmes sous duraux, de
collections péricérébrales aseptiques et d' atteintes cochléaires.
L'oedème cérébral demeure
une complication redoutable, possiblement mortelle, de pathogénie
complexe, ( cytotoxique, vasogénique, interstitielle). Il
peut être favorisé par une perfusion de liquide hypotonique.Sa
complication la plus grave est représentée par la compression
d u tronc cérébral par engagement.
On peut également voir des
hydrocéphalies précoces, des paralysies des nerfs
craniens et des crises convulsives.
La surdité neurosensorielle
représente la complication à long terme la plus fréquente
( dans 30% des méningites à pneumocoque), par atteinte directe
du nerf auditif et de l'oreille interne.
Au rang de ces complications
tardives, on retrouve également des déficits visuels par névrite
optique, des ataxies transitoires, des hydrocéphalies chroniques
et des déficits intéllectuels.
La survenue d'une méningite
bactérienne chez un enfant de plus d'un mois est un événement
redoutable tant à la phase aigue que tardive, avec des séquelles
neurologiques redoutables dont la fréquence demeure stable
autour de 15%.
Les complications neurologiques aigues sont variées : coma
par HIC, mal convulsif, thrombose veineuse du sinus, vascularites,
ventriculites, collections sous durales, et les séquelles
neurologiques sont directement corrélées au jeune âge de l'
enfant, bien que diversement appréciées selon les études.La
nature du germe participe ( pneumocoque 15,5%, méningocoque
7,5%, hémophilus 3,8_%). L'épilepsie, le déficit moteur,le
retard mental, la surdité sont des séquelles lourdes bien
identifiées ,dont le dépistage est bien codifié et dont la
prise en charge relève de centres spécialisés.
Compte tenu de la gravité potentielle des séquelles des méningites,
il est clair qu'une politique vaccinal d erpévention est tout
à fait indiquée car seul moyen efficace d'éviter les handicaps
futurs.
Les nouveaux vaccins,
dans la prévention des méningites bactériennes, ont apporté
une contribution significative. Le vaccin conjugué anti-Haemophilus
b est d'une telle efficacité que de nombreux pays européens
l'ont introduit dans leur calendrier vaccinal et qu'il devrait
pouvoir être proposé aux enfants du monde entier..Il est recommandé
pour tous les enfants en 3 injections à 2,3 et 4 mois avec
un rappel un an plus tard.
Sa généralisation a laissé l'avant scène au pneumocoque et
au méningocoque pour la responsabilité des méningites purulentes
de l'enfant de plus de 2 mois.
Les méningites à pneumocoque
de l'enfant sont estimées entre 150 et 200 par an, maladie
plus fréquemment retrouvée avant 2 ans. Sa mortalité demeure
de 10 % avec des séquelles dans 30 % des cas.
Le vaccin conjugué (Prevenar)
avec 7 sérotypes a reçu une AMM limitée aux nourrissons et
aux jeunes enfants. Son efficacité est liée aux sérotypes
vaccinaux et elle est de 97 % chez les enfants complètement
vaccinés.
On peut espérer, qu'en vaccinant
tous les enfants de moins de 2 ans, obtenir une diminution
importante des méningites à pneumocoque de l'enfant.
En ce qui concerne les infections
à méningocoque, leur incidence était de 1,16 pour 100 000
en 2000. Elles concernent les enfants et les adolescents avec
des sérotypes essentiellement du groupe B dans 67 % des cas
et du groupe C dans 28.
Le vaccin composé de polysaccharides
purifiés est obligatoire pour les militaires.
Le vaccin polysaccharidique
tétravalent A, C, Y, W135 est également disponible dans le
cadre d'une ATU de cohorte. Ces vaccins sont malheureusement
peu immunogènes chez les nourrissons et ne sont pas efficaces
sur le portage pharyngé.
Plus récemment, le vaccin anti-méningocoque
C conjugué (Meningitec) a reçu un AMM en France. Son indication
débute à l'âge de 2 mois et son efficacité a été demontrée.
|